Agri53 28 mars 2019 à 14h00 | Par Gérard Besnier

Assurer un fourrage de qualité : quelques règles à respecter

Conseils. Une partie de la réussite va être impactée par les réglages des différents outils intervenant dans une chaîne de récolte.

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- © Olivier Duhamel

Reprenons un par un les réglages d’une faucheuse.

• Le premier point est la hauteur de coupe.

Généralement une hauteur des bras de relevage est définie par le constructeur, ensuite il faut incliner le lamier. L’amplitude peut aller de 25 mm (Lamier incliné vers l’avant) à 90 mm (lamier parallèle au sol). L’astuce est de poser la faucheuse sur une aire bétonnée plane et de mesurer la distance des couteaux par rapport au sol. Attention, une hauteur faible de coupe favorisera la montée de terre et la prolifération des spores butyriques dans le cas des ensilages et enrubannage. Une fauche haute sera profitable à une repousse plus rapide. Pour la récolte d’une graminée : 6 cm est une bonne alternative et 8,5 cm pour une légumineuse. L’augmentation de 1 cm sera traduite par 170 à 230 kg de matière sèche par ha au moins et 60 kg pour les légumineuses. Les performances d’une faucheuse sont au lamier, les couteaux doivent être toujours très tranchants et les assiettes à l’origine. Attention aux rechargements anti-usure (création de vibration), il en est de même pour le rechargement des patins où il faut garder aussi les côtes d’origine, sans oublier la vitesse de rotation qui doit être stable (540 tours/minute ou 1000 tours/minute pdf).

• Le deuxième point est la pression au sol de la barre de coupe.

Ce réglage s’effectue par la tension de ressort ou la pression dans un circuit hydraulique équipé d’accumulateur. Il faut trouver la bonne adéquation de la partie qui sera supportée par le sol et l’autre par la machine. Toujours pour une même hauteur des bras de relevage définis par le constructeur, il faudrait fournir un effort vertical de 50 à 70 kgs pour soulever à gauche puis à droite la barre de coupe. Pour des vitesses d’avancement conseillées entre 10 et 12 km/heure le groupe de fauche doit être stable, si il « danse », la pression au sol est trop faible et la hauteur de coupe sera irrégulière au contraire si les patins marquent le terrain, la pression au sol est trop importante il y a des risques de montée de terre, bourrage et usure prématurée des articulations mécaniques (axes, bagues…).

• Le troisième point est le réglage du conditionneur.

Le fourrage va subir des blessures émises pour un rouleau muni de doigts contre une tôle réglable pour les graminées ou entre deux rouleaux crantés métalliques, ou recouvert d’un polymère pour les légumineuses. L’intensité du conditionnement sera contrôlée souvent par deux vitesses de rotor et le passage réglable sous une tôle réglable en hauteur.

Faut-il un conditionnement fort ou faible ?

Ce qu’il faut savoir : la 1re phase de séchage est rapide grâce aux stomates des feuilles (les feuilles dessèchent plus vite que les tiges). La 2e phase, l’eau est évacuée par la cuticule, c’est à ce stade que l’effet du conditionneur intervient (Blessures de cires sur les feuilles ou les tiges). Ainsi, si le fauchage se fait au stade feuillu (une semaine avant épiaison), le conditionnement peut être faible, cela concerne un ensilage à 30 % de matière sèche. Un enrubannage réalisé début épiaison (10 épis sortis/mètre linéaire) à 50 % de MS ou un foin réalisé début épiaison (50 épis/mètre linéaire jusqu’à floraison) à plus de 80 % de MS nécessitera un conditionnement plus intense. Un gain de séchage de 10 à 20 % peut être atteint le 1er jour par rapport à une faucheuse classique. Attention, l’utilisation d’une faucheuse conditionneuse à doigts occasionnera deux fois plus de perte (effeuillage) qu’une faucheuse à deux rouleaux par la coupe des légumineuses.

• Le quatrième point de réglage est la largeur de l’andain.

Un andain large valorisera l’effet du conditionneur. Un andain étroit et dense favorisera peu le séchage (durée de séchage identique à faucheuse classique). Conseil : même pour un foin, la réalisation d’andain large diminuera les pertes par roulage sur le fourrage. Pour un même temps de séchage, un fauchage éparpillé ne gagne que 10 % de matière sèche.

Ainsi, seule la partie fauchage a été abordée, pour une chaîne de récolte en vue d’un enrubannage ou d’un foin le fanage et l’andainage demanderont aussi des réglages fins. Il est recommandé de faner ou d’andainer le matin quand le fourrage a repris l’humidité de la nuit. Ceci pour éviter les pertes des feuilles riches en azote et très digestibles ou la casse des tiges surtout pour la récolte des légumineuses (pertes possibles de 500 kgs/1100 kgs de MS par ha).

En conclusion, de bons réglages et une maintenance réalisée du matériel permettent dans le temps de minimiser une partie des coûts.

Retrouvez notre dossier complet dans Agri53 du 29 mars 2019

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