07 février 2019 à 14h00 | Par Alexandra Foussard

Le gène « sans-corne »

En même temps que le Salon d’Agriculture, porte de Versailles, à Paris Nord Villepinte se déroulera le Salon international du machinisme agricole (Sima) et le salon de la génétique bovine européenne, le Simagena, du 24 au 28 février.

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Nageuse et Nougaro porteront au Simagena les couleurs de la Mayenne et de l’élevage de Mickaël Martineau.
Nageuse et Nougaro porteront au Simagena les couleurs de la Mayenne et de l’élevage de Mickaël Martineau. - © AF

Sur le ring de présentation du Simagena, organisé par KBS Génétic, qui fêtera d’ailleurs cette année ses 20 ans d’existence, on retrouvera deux bêtes de l’élevage de Mickaël Martineau à Torcé-Viviers-en-Charnie. Nougaro-PP pour le concours et la vente aux enchères, et Nageuse, sa sœur, en présentation.

Sans corne

Adepte des animaux sans corne depuis l’achat en 2009 d’un taureau, Mickaël Martineau devrait réussir à convertir 100 % de son troupeau en sans corne d’ici 2020.

« Quand on a un hétérozygote, il y a une bête sur deux qui n’a pas de cornes. Je m’en suis fait une priorité en vendant toutes mes femelles à corne », précise-t-il. Durant le Simagena, il proposera à la vente aux enchères son taureau de 16 mois, Nougaro-PP, homozygote, « avec une valeur commerciale supérieure, puisque 99 % de ses veaux seront sans cornes à la naissance ».

C’est le fils de son tout bon taureau Jellinz-PP. En tant que producteur en viande directe, il explique : « dans le commerce, il faut toujours s’adapter à son client. Le sans corne, c’est dans l’air du temps. On parle de plus en plus de bien-être animal et l’écornage n’a pas très bonne réputation, quand ils apprennent que c’est une brûlure, ça perturbe les relations. De l’autre côté, les exploitations grandissent et les éleveurs ont moins de temps à consacrer à l’écornage. A qualité égale, une bête sans corne aura une meilleure valeur marchande, notamment l’étranger ».

Identité génétique

« J’ai toujours sélectionné mes animaux en priorité au visuel, mon premier taureau sans corne, sa morphologie me convenait. J’ai regardé ses données pour assurer ses origines maternelles et ses pesées dans sa jeunesse. Car on peut dire ce qu’on veut, de zéro a 120 jours il n’y a que le lait de la mère qui s’exprime. La viande ce n’est qu’un phénotype. J’ai toujours sélectionné mes animaux comme ça, le sans corne j’ai fait pareil. Chaque élevage a une identité génétique, tout caractère génétique se marque, se transmet, c’est des rappels de gènes. Le sans corne c’est un gène qui se transmet, qui se marque. Pour moi, c’est un confort du travail et c’est important en termes d’image auprès du consommateur. Avec un taureau, en génétique il faut anticiper cinq ans avant. Le temps d’avoir ses produits, les faire produire et influer sur notre élevage. Ça va plus vite que ça les bruits de couloir, on n’attend pas cinq ans pour avoir des bruits de couloir. Le marché change vite d’orientation par de la communication aujourd’hui », explique Mickaël.

Plus de détails dans votre Agri 53 numéro 155.

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