Pierre Le Moing, directeur de la Fédération des chasseurs de la Mayenne
« Nous invitons les chasseurs à donner au moins un gibier dans l'année »
En septembre dernier, à l'occasion de l'ouverture de la chasse, la Fédération des chasseurs de la Mayenne adhérait à la plateforme Gibier pour tous. Le bilan quelques mois plus tard, alors que la demande est forte chez les consommateurs.
En septembre dernier, à l'occasion de l'ouverture de la chasse, la Fédération des chasseurs de la Mayenne adhérait à la plateforme Gibier pour tous. Le bilan quelques mois plus tard, alors que la demande est forte chez les consommateurs.
En quoi consiste le dispositif Gibier pour tous ?
Pierre Le Moing : C'est une plateforme d'échange de gibier ouverte au grand public. Elle permet de mettre en relation les chasseurs ayant des gibiers à donner et les consommateurs.
Pourquoi la Mayenne a-t-elle adhéré à celui-ci ?
PLM : La Fédération des chasseurs de la Mayenne a adhéré à cette plateforme pour deux raisons. La première, car la Fédération participe activement à la régulation du sanglier contrairement à ce qu'on a parfois pu entendre : non nous n'avons pas arrêté de tirer parce qu'on ne savait plus quoi faire de la viande.
Le second aspect est social : la politique de la plateforme est de céder le gibier gratuitement, ou à bas coût, soit 1 à 2 euros le kilo. De plus, c'est donner accès à de la viande saine et durable, puisque reconnue pour ses qualités nutritionnelles. La Fédération des chasseurs adhère et s'intègre parfaitement à cette politique.
Comment cela fonctionne-t-il d'un point de vue chasseur donateur, et d'un point de vue consommateur ?
PLM : La viande est cédée au consommateur final en peau, avec un animal simplement éviscéré. C'est un aspect réglementaire très important, sans lequel il ne pourrait y avoir de cession.
Le chasseur doit s'inscrire sur la plateforme et renseigner son numéro de territoire. Actuellement, la Mayenne compte 26 territoires inscrits. Le chasseur planifie ensuite sa chasse en indiquant une date et indique ce qu'il va chasser : sanglier, chevreuil ou cerf. Il précise la quantité éventuelle de gibiers qu'il va tuer et donc céder. Cela lui sort une liste de contacts, avec les coordonnées des personnes intéressées. La Mayenne compte plus de 200 demandeurs ! Le chasseur contacte lui-même le ou les demandeurs, qui viendront chercher la carcasse dès le lendemain.
Sur la plateforme, le chasseur doit renseigner une série de documents : une fiche test trichine, une fiche d'information trichine, et une attestation de cession de gibier avec une décharge, qui devra être signée par les deux parties. Le consommateur final reconnaît ainsi avoir été informé des risques que représente la trichine, et des modalités pratiques pour la recherche de la trichine sur le sanglier.
Quel est le bilan quelques mois après la mise en service du dispositif ?
PLM : La mise en œuvre a été lente et compliquée. Mais simplement, en début de saison les congélateurs ne sont pas pleins. Et puis il a fallu le temps de connaître l'outil. La communication autour du dispositif, notamment dans la presse, a été très réussie, et en fin de saison, les congélateurs se remplissaient et le bouche-à-oreille a fait son effet. Nous sommes heureux d'avoir mis cela en place et nous continuerons l'année prochaine.
Nous invitons les chasseurs à donner au moins un gibier dans l'année. Quoi de mieux qu'un chasseur comme ambassadeur de la plateforme ? C'est une manière de promouvoir la chasse, de faire adhérer des gens à la cause, et de donner accès à de la viande saine à un prix très faible. La demande existe.