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Installation, transmission, emploi : des enjeux primordiaux pour l’agriculture

Le premier forum « L'Instant Jeunes Agris » s’est déroulé à l’hippodrome de Laval, jeudi 15 octobre 2020. Cette journée a été organisée par les Jeunes Agriculteurs de la Mayenne. L’objectif : créé un lien entre les entreprises para-agricoles, les cédants, les candidats à l’installation, les étudiants et les personnes à la recherche d’un emploi.

Mickaël Maugan, coprésident des JA de la Mayenne en charge du forum.
Mickaël Maugan, coprésident des JA de la Mayenne en charge du forum.
© LG-Agri53

• Mickaël Maugan, coprésident des JA 53, en charge du forum : « Pendant plus d’un an, le comité de pilotage a travaillé sur ce projet. Il s’agit d’un événement unique en France. L’idée était de réunir un maximum d’entreprises para-agricoles qui interviennent lors d’une installation et d’une transmission sur un même lieu, un même événement. Nous souhaitions également aborder le thème de l’emploi, enjeu très important pour l’ensemble du monde agricole. Nous espérons que ce forum deviendra le nouveau rendez-vous des étudiants, des futurs cédants, des candidats à la recherche d’un emploi ou d’une exploitation. »

• Loïc Quellec, vice-président JA national : « Aujourd’hui un des gros enjeux de l’agriculture vient du fait que la moitié de la population agricole a plus de 50 ans. Dans les 10 ans qui arrivent, nous allons donc voir la moitié des agriculteurs partir à la retraite. Aujourd’hui, un tiers des exploitations ne sont pas reprises. Nous perdons non seulement des agriculteurs, mais aussi notre tissu économique et rural. On met dans les mains d’autres personnes notre alimentation. Si demain nous n’avons plus d’agriculteurs, nos assiettes ne seront pas vides, mais elles ne seront pas remplies avec l’alimentation que l’on est capable d’avoir en France en termes de qualité, de quantité et de normes de production. Pour éviter cela, nous avons besoin d’attirer du monde dans l’agriculture. Les fils et filles d’exploitants ne suffiront pas. C’est justement des journées comme celle-ci qui permettent de montrer ce qu’est notre métier et d’attirer de nouvelles personnes. »

• Stéphane Guioullier, président de la Chambre d’agriculture de la Mayenne : « La Chambre d’agriculture intervient dans toutes les étapes de l’installation et, à ce titre, elle soutient toutes les initiatives des porteurs de projets pour assurer le renouvellement des générations. Avec l’ensemble des organisations professionnelles agricoles, elle en fait un enjeu majeur. La Mayenne, terre d’élevage, d’agriculture, de projets... Cela résonne et doit résonner encore de nombreuses années. Mais pour cela, il faut se retrousser les manches. La jeunesse est capable de relever les défis actuels. Elle peut compter sur le soutien des plus âgés, et des organisations professionnelles agricoles pour l’accompagner dans ses projets. Il faut aussi chouchouter les cédants qui ont, aujourd’hui, les moyens de production. L’avenir de l’agriculture est aussi entre leurs mains et dans les choix qu’ils feront. Aujourd’hui, ils ont compris les enjeux de la transmission et l’anticipent davantage. Enfin, on le voit, les dimensions des exploitations ne sont plus celles d’avant. Pour les faire tourner, les jeunes sauront trouver des solutions en ayant par exemple recours au salariat. Le management, le pilotage d’exploitation, l’embauche et la gestion de la main-d’œuvre font partie des nouvelles compétences à acquérir. »

• Florent Renaudier, président de la Fdsea 53 : « Le renouvellement des générations est un thème cher à la Fdsea. Il permet de maintenir notre département rural orienté vers l’élevage et il favorise la dynamique de nos territoires. Une nouvelle installation participe à la continuité d’un petit commerce ou d’une école dans un village. Le renouvellement des générations correspond aussi au renouvellement des filières qu’elles soient animales ou végétales. Pour cela, il y a aussi des outils qui peuvent être mis en place. Notamment des outils politiques qui aident à dégager des prix ou de la valeur rémunératrice pour les filières. Aujourd’hui, nous avons trois défis à relever : redonner un sens à notre métier, une vision et un projet. »

• Louis Michel, vice-président de Laval Agglomération, chargé de la transition écologique et de l’agriculture : « Il faut une certaine maturité pour céder et trouver le jeune qui va nous succéder. Il faut bien quatre ou cinq ans de réflexion pour y arriver. Ce n’est pas qu’un bien que l’on transmet. Souvent, c’est aussi un lieu familial, un lieu d’histoire... Heureusement, grâce au travail de suivi, à l’accompagnement des installations, il y a très peu d’échecs les cinq premières années. »

• Richard Mir, secrétaire général de la préfecture : « Ces trois points : emploi, transmission, installation, sont des batailles qu’il nous faut mener. Je citerai Julien Denormandie : « Alors que la moitié des chefs d’exploitation partira à la retraite dans les 10 ans à venir, le renouvellement des générations est un défi dans lequel nous nous engageons. Notre jeunesse est une chance. Les jeunes que nous formons seront les ambassadeurs de demain pour réussir la transition écologique et assurer notre souveraineté alimentaire ». Cette affirmation cadre parfaitement cet événement. Elle va aussi se traduire par l’attribution de 10 millions d’euros du plan de relance à l’organisation d’une campagne sur les métiers et les formations de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Cela ne représente pas moins de 200 métiers. En Mayenne, il y a une centaine d’installations aidées par an. Nous sommes dans un département dynamique et cela est le résultat du travail mené par la Chambre, par la profession agricole et ses représentants, par la Fdsea et les JA. »

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