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Tags sur bâtiments d’élevage : Frsea et JA appellent la presse à faire preuve de discernement

Plusieurs bâtiments d’élevage ont été tagués cette semaine en Mayenne et en Loire-Atlantique, quelques heures après la parution d’un article dans la presse régionale mettant en cause l’agriculture intensive dans la crise du coronavirus. Dans un communiqué commun du jeudi 6 août 2020, la Frsea et les JA des Pays de la Loire demande à la presse quotidienne « de faire preuve de responsabilité ». Extraits.

© MT AR

« Élevage : berceau des pandémies », « Sauvez des vies, abolissez l’élevage » : voici les inscriptions qu’ont découvert des agriculteurs de Loire-Atlantique sur leurs bâtiments ce matin. Par une drôle de coïncidence, Ouest France publiait le 5 août, un article intitulé « Coronavirus. L’agriculture intensive augmente les risques de pandémie selon une étude ».

La Frsea et Jeunes Agriculteurs Pays de la Loire dénoncent une nouvelle fois ces actes inacceptables et appellent les médias et les journalistes à faire preuve de responsabilité. En effet, l’article évoque une étude internationale et à aucun moment, Ouest France ne fait le lien avec la réalité de notre région. Pire, Ouest France déforme les conclusions de l’article original paru dans la revue Nature le 5 août.

Ainsi, Ouest France accuse l’agriculture intensive d’augmenter les risques de pandémie alors qu’à aucun moment, l’article original n’y fait référence.

Voici ce qu’écrit Nature : « La transformation des forêts, des prairies et des déserts en villes, banlieues et terres agricoles a entraîné le déclin ou la disparition de nombreuses espèces, tandis que d'autres se sont développées ». Et oui, l’artificialisation des terres pour la construction de logements, d’entreprises et de grands ouvrages par exemple, est aussi mise en cause par Nature !

S’agissant de l’utilisation des terres, la réalité en Pays de la Loire est tout à fait différente de ce qu’affirme Ouest France. Ce journal écrit « L’utilisation des terres pour l’agriculture s’étend chaque année, souvent au détriment d’écosystèmes comme les forêts, qui abritent des animaux sauvages eux-mêmes hôtes de nombreux pathogènes potentiellement transmissibles aux humains ». En Pays de la Loire, c’est faux. Entre 2006 et 2015, l’agriculture a perdu 51 170 ha au profit des sols boisés ou naturels (13 050 ha) et des sols artificialisés (38 120 ha). Sur la même période, les sols artificialisés ont augmenté de 51 680 ha. Et si la forêt a reculé de 510 ha, c’est à cause de l’artificialisation (13 560 ha de forêt ont été artificialisés).

« Cette triste affaire nous rappelle combien les journalistes portent une lourde responsabilité. La responsabilité de respecter les conclusions originales d’une étude, la responsabilité de vérifier leurs sources et la responsabilité d’apporter un éclairage régional lorsqu’une étude internationale est citée », alertent Mickaël Trichet, président de la Frsea Pays de la Loire, et Alexis Roptin, président de Jeunes Agriculteurs Pays de la Loire.

 

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