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PAC 2021-2027 : "Plus simple, plus abordable"

Vendredi 14 septembre, à Azé, un débat sur la Pac post 2020 était proposé par le député européen Jean Arthuis. Trois spécialistes des questions européennes ont exposé leurs visions et leurs souhaits.

Jean Arthuis, au micro, avait invité Dacian Ciolos, Luc Vernet et Pierre Bascou (de gauche à droite) à débattre sur la future Pac.
Jean Arthuis, au micro, avait invité Dacian Ciolos, Luc Vernet et Pierre Bascou (de gauche à droite) à débattre sur la future Pac.
© VG

Que devrait ou devra être la prochaine Pac ? Alors que se prépare le cycle 2021-2027, le député européen Jean Arthuis avait convié trois spécialistes de la question. Premier intervenant, Dacian Ciolos, ancien Premier ministre roumain et ancien commissaire européen à l’Agriculture, a d’abord rappelé l’importance de la Pac comme « partie prenante de la construction européenne ». Cela dit, « il faut se poser la question du coût de la Pac, de son efficacité et de sa capacité à répondre aux défis d’aujourd’hui ». Pour lui, « on ne peut plus se permettre de continuer d’ajuster la Pac comme il y a 15 ou 20 ans ». Et de préciser : « les sources de revenus des agriculteurs doivent venir de réponses de l’agriculture aux demandes de la société ». Cela passe par un meilleur réglage « de la chaîne des prix » avec, pour les consommateurs, l’acceptation « des coûts de production des agriculteurs ». La segmentation est aussi une piste importante pour Dacian Ciolos. « Il faut convertir les demandes des consommateurs en segments de produits », estime le Roumain, ce qui, à son sens, « n’est pas assez mis en avant ».

Pierre Bascou, actuel directeur général de l’Agriculture communautaire, a résumé les 4 priorités qui préfigurent ce à quoi pourrait répondre le budget de la future Pac. Un budget qui sera « en baisse de 5 % pour la première fois depuis 50 ans ». La première priorité se veut une modernisation politique afin de rendre « la Pac plus simple, plus adaptable aux terrains des zones rurales, aux différents types d’agriculture ». L’Europe serait donc chargée de définir un cadre dans lequel chaque État « prendra ses responsabilités » en instaurant « ses modalités et ses choix budgétaires » de répartition. La deuxième priorité irait au soutien de l’innovation afin que « la Pac aide les agriculteurs à utiliser au mieux tout ce progrès scientifique » lié à la robotique et l’intelligence artificielle. Troisième axe : « renforcer la résilience du soutien agricole avec une répartition plus efficace du soutien public ». Et de rappeler « la volonté de l’UE de soutenir les exploitations familiales ». Il propose « un plafonnement et une dégressivité des aides selon la taille des exploitations ». Enfin, Pascal Bascou souhaite que la future Pac aide « les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques », via « les pratiques culturales » ou en se tournant « vers d’autres systèmes ».

Observateur de la politique européenne et fondateur du « think-thank » Farm Europe, Luc Vernet a été quelque peu critique sur l’idée de donner davantage de pouvoirs aux États membres pour appliquer la Pac. Pour lui, « il faut que le monde aille dans le même sens pour créer des standards et des normes. Et le standard doit être européen ». Par contre, il estime que « la puissance publique doit intervenir à l’échelon européen. On ne peut pas se passer de l’Europe pour la Pac ».

Place au débat

 

• Prix minimum. Passées les conceptions des trois intervenants, un débat s’est engagé dans la salle. La Confédération paysanne a questionné les conférenciers sur ce qu’ils pensent « d’un prix minimum d’échange à l’intérieur de l’UE » Jean Arthuis s’est dit « plutôt opposé » ; Luc Vernet estimant que « les prix minima impliquent des comportements qui tirent tous les prix vers le bas ». Pour lui, « il faut davantage prendre en compte la gestion des risques ».

• Fonds Leader. Le conseiller départemental Vincent Saulnier s’est inquiété de « l’avenir des fonds Leader, outils d’innovation dans les territoires ». Il a été d’emblée rassuré par Pierre Bascou qui a annoncé « le maintien des programmes Leader ».

• Protéines végétales. Autre question, celle de Pascal Aubry, de la Coordination rurale à propos des protéines végétales. Là encore, la réponse est venue de Pierre Bascou : « 70 % de la protéine végétale est importée. Nous avons un vrai déficit. Nous souhaitons soutenir les agriculteurs à modifier leurs systèmes de production et à introduire des protéagineux dans leurs rotations ». Et d’annoncer : « il y aura des aides couplées ou des aides sur des programmes spécifiques ».

 

• Accords bilatéraux. Éliane Moret, de la Chambre d’agriculture, est revenue sur la contradiction entre l’agriculture familiale prônée et les accords bilatéraux avec le Mercosur ou la Nouvelle-Zélande. Pour Jean Arthuis, « cela ne sert à rien de verser des subsides aux éleveurs de bovins si, par ailleurs, on importe des bovins à des niveaux de prix défiant toute concurrence ». « Concernant la filière viande bovine, les pouvoirs publics pourraient donner un petit coup de pouce pour la dynamiser », demande Luc Vernet. Une remarque captée par un éleveur de Rouge des Prés qui « serait très content de voir un magasin de producteurs locaux s’installer à Château-Gontier ». Vincent Saulnier, qui est aussi adjoint de la commune, a bien entendu…

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