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Le préfet à l’écoute des questions agricoles

Suite à la manifestation du mercredi 3 juillet, le préfet était invité, par la Fdsea 53, mercredi 10 juillet à visiter l’exploitation porcine de Mickaël Guilloux, à Astillé. Une visite sur fond de crise de la viande, crise accentuée de l’inquiétude des éleveurs avec les accords Mercosur et Ceta.

La délégation a longuement écouté les explications de Mickaël Guilloux. Il s’est d’abord installé en 2004 avec sa mère. Puis a repris seul l’exploitation. Il élève 235 truies comme naisseur engraisseur dans des bâtiments neufs où biosécurité et sanitaire ont été, et sont toujours, ses maîtres-mots.
La délégation a longuement écouté les explications de Mickaël Guilloux. Il s’est d’abord installé en 2004 avec sa mère. Puis a repris seul l’exploitation. Il élève 235 truies comme naisseur engraisseur dans des bâtiments neufs où biosécurité et sanitaire ont été, et sont toujours, ses maîtres-mots.
© VG

« On assiste à une érosion des productions animales en Mayenne depuis 10 ans, avec une baisse plus marquée sur le porc et le bovin viande », explique Mickaël Guilloux, responsable de la section « Porcs » pour la Fdsea 53, au préfet Jean-Francis Treffel, lors de sa visite, mercredi matin, à Astillé, accompagné de responsables des services de l’État en Mayenne. Et d’ajouter : « on est en train de se faire rattraper par les autres pays en compétitivité. Il y a un grand besoin de remettre de la compétitivité dans l’agriculture française.

Pour Yannick Vallée, responsable de la section « Viande bovine Fdsea 53 », « en 10 ans, le cheptel bovin a diminué de 7 %, soit -17 000 têtes de JB et -10 000 en vaches nourrices ». Pour autant, analyse-t-il, « moins il y a de bovins viande et plus cela va mal ! ». Yannick Vallée estime que l’accord Mercosur est « un coup de poignard dans le dos ». « Avec l’accord UE — Mercosur, le monde agricole est en plein doute. Il ne sait plus ce que l’on attend de lui », remarque Stéphane Guioullier. « À part nous, qui cela inquiète-t-il ? », interroge le président de la Chambre d’agriculture de la Mayenne qui ajoute : « A chaque fois que l’on s’adapte que l’on remet un pansement, on nous en remet une couche comme le Mercosur ou le Ceta ! ». Alain Priol, directeur de la Ddt, temporisera en proposant d’attendre « les modalités d’application » de ces traités. Il glissera également ses observations quant aux comportements des consommateurs : « la demande a changé. On voit beaucoup moins de caissettes de viande dans les supermarchés ».

Emploi et apprentissage

Deuxième sujet évoqué, celui, double, de l’emploi et de l’apprentissage. Sandra Racine, secrétaire générale de l’Anefa 53, a accentué son propos sur la difficulté de recruter en agriculture, dans un département de quasi-plein emploi comme la Mayenne. « Notre secteur voit les 2/3 des élèves des établissements agricoles partir vers l’industrie ou les services. » Et la réforme de l’apprentissage, en place depuis le 1er janvier dernier, ne va pas dans le bon sens puisque les aides à l’embauche d’apprentis ne concernent plus les niveaux supérieurs au Bac. « J’ai un apprenti en Bts. Si je veux renouveler l’expérience, il m’en coûtera 4 000 euros de plus, maintenant », renchérit Mickaël Guilloux. « Avec cette réduction de quatre aides à une seule, nous avons des post-Bac qui, au lendemain des résultats du bac, ne savent pas ce qu’ils vont devenir, s’ils vont pouvoir faire leur formation en apprentissage », reprend Sandra Racine. Une situation qui inquiète les éleveurs et tous les acteurs de la formation. Elle pose également le devenir du CS lait, créé il y 2 ans en Mayenne par les acteurs de la filière laitière.

Protéger le foncier agricole

Avant d’entamer la visite des bâtiments d’élevage, le président Stéphane Guioullier a tenu a rappelé la position de la Chambre d’agriculture face aux projets de photovoltaïque au préfet Jean-Francis Treffel, indiquant, avec tact, que son prédécesseur avait bien pris la mesure des requêtes des agriculteurs mayennais. « Nous avons des surfaces disponibles : ce sont nos toits. C’est l’alternative au photovoltaïque au sol que clairement nous ne voulons pas. Nous devons protéger le foncier agricole. » Stéphane Guioullier en a profité pour annoncer la poursuite, à l’automne, de rencontres autour de l’énergie renouvelable. Rappelons que les quatre soirées d’octobre et de novembre 2018 avaient accueilli plus de 400 agriculteurs.

En tant que représentant de l’État en Mayenne, le préfet a écouté l’ensemble des doléances exprimées ce mercredi 10 juillet, prenant aussi la mesure de la qualité technique de l’élevage porcin qu’il a longuement visité avant de repartir peu avant midi.

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