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Interview
GNR : « Les citernes sont souvent à l'écart, avec peu ou pas de sécurité »

Découvrez ci-dessous l'interview de Franck Leriche, adjudant-chef et référent sûreté à la Gendarmerie de la Mayenne.

Franck Leriche, adjudant-chef et référent sûreté à la Gendarmerie de la Mayenne.
© GM

Au vu de la hausse du prix, observe-t-on actuellement une hausse des vols de GNR en Mayenne ?

Franck Leriche : Aucune hausse n'a été constatée sur les vols de GNR dans le département. Néanmoins, que ce soient les entrepreneurs agricoles ou les agriculteurs, au sens large, il est impératif de rappeler que chaque constatation de vols de GNR, ou fluide en général doit faire l'objet a minima d'un appel auprès des services de la gendarmerie. En effet, il est assez rare que les gérants déposent plainte pour de tels faits. Généralement, c'est parce qu'ils sont dans l'incapacité de déterminer la date et l'horaire du vol. Les citernes sont généralement à l'écart dans l'exploitation, offrant peu ou pas de sécurité et permettant de se servir simplement.

Quels types d'exploitations pourraient être les plus ciblés ?

FL : Les exploitations qui pourraient être concernées par le vol de GNR sont celles où il y a aucun système qui permet de bloquer le débit du fluide (citerne en libre-service). Il n'y a pas de localisation précise, il s'agit souvent de vols qui ont fait l'objet de repérage auparavant. Le ou les délinquants profitent de l'organisation de l'agriculteur pour effectuer leurs vols.

Comment les vols de GNR sont-ils généralement commis ?

FL : Les voleurs vérifient l'absence totale du maître des lieux, ce qui sous-entend repérage et analyse du terrain. Il ne faut surtout pas oublier que le délinquant est un être rationnel qui a pour objectif d'obtenir un maximum de gain en prenant un minimum de risque (notamment celui de se faire interpeller). Le facteur temps est donc essentiel, et pour vider une citerne il faut plusieurs minutes où le délinquant sera vulnérable.

S'agit-il de réseaux organisés ou d'actes opportunistes ?

FL : Sur le territoire national, les vols dans les entreprises, agricoles ou non, sont généralement préparés par des équipes plus ou moins structurées (nous ne parlons pas de réseaux organisés) qui pour le moment ne viennent pas uniquement pour du vol de GNR mais aussi pour de l'outillage, des GPS, etc. Par opportunisme, ils profiteront si possible de voler du GNR. Cependant, il est assez fréquent de constater que les vols de GNR sont commis par des personnes de connaissance ou implantées localement.

Quelles actions spécifiques la gendarmerie met-elle en place pour lutter contre ces vols ?

FL : Le premier point, c'est de communiquer auprès des gendarmes locaux et de signaler ses absences par le dispositif OTE "Opération tranquillité entreprises". Pour ce dernier, il est nécessaire de se présenter dans la brigade locale afin de renseigner ses périodes d'absence afin que des passages soient effectués par les patrouilles à l'instar de l'opération OTV "Opération tranquillité vacances" pour les particuliers.

De plus, les référents sûreté procèdent régulièrement à des réunions de sensibilisation et d'informations. Les agriculteurs peuvent aussi demander qu'un gendarme aguerri aux notions de sûreté passe sur son exploitation afin de faire des préconisations utiles à la mise en sûreté de son exploitation. Nous prenons en compte l'environnement périphérique, ainsi que les bâtiments et la maison d'habitation. En Mayenne, nous sommes trois référents sûreté et un réseau de correspondants sûreté a été formé pour pouvoir répondre rapidement aux demandes des agriculteurs.

Comment sécuriser le GNR ?

FL : L'élément principal est de sécuriser son système de distribution, nous voyons énormément de cuves en libre-service et à la vue du public, il peut être intéressant d'installer un système électrique permettant ou non la distribution du fluide. Il est primordial de sécuriser l'entrée du réservoir de cette cuve. Certains systèmes permettent d'avertir l'exploitant d'une baisse du niveau de fioul par alerte SMS. Il faut absolument installer un éclairage à détection au-dessus de la citerne, la lumière aura pour effet de faire fuir le délinquant. Il peut être aussi intéressant de réfléchir à la pose d'un système de vidéo surveillance avec un renvoi par SMS ou plus simplement par la pose d'une caméra nomade type caméra de chasse. Si c'est le cas, il faut absolument dissimuler le dispositif et ne pas évoquer sa pose, même à ses connaissances. Les agriculteurs disposant d'un tel système sont très surpris des résultats.

 

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