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Filière veaux : améliorer la structuration du marché

Depuis plusieurs semaines, la filière veaux connaît de nombreux remous. Au-delà de la crise liée à la Covid, il s’agit bien d’un problème multifactoriel.

Samuel Gouel élève des vaches laitières de la race montbéliarde. Une partie de ses veaux mâles part à l’export pour l’Espagne.
Samuel Gouel élève des vaches laitières de la race montbéliarde. Une partie de ses veaux mâles part à l’export pour l’Espagne.
© AF

Le marché aux veaux de ChâteauGontier voit se commercialiser moins d’animaux en ce moment, comme le souligne Jean-Jacques Gendry, responsable des marchés au parc Saint-Fiacre. « Depuis quelque temps, on a beaucoup moins de veaux sur le marché en raison des contingentements que les fournisseurs imposent à leurs acheteurs. Les intégrateurs de veaux de boucherie réduisent les mises en place, car ils sont inquiets de savoir s’ils vendront de la viande de veau au printemps prochain. Ils sont donc très prudents sur la mise en place. Mais il semblerait que l’étau commence à se desserrer, la situation devrait s’améliorer dans les semaines qui viennent. » Cette possible amélioration, Jean-Jacques Gendry l’explique aussi par « une pression un peu moins forte sur les vêlages dans les exploitations ». Mais cette situation compliquée de fin d’année n’est pas nouvelle, comme le rappelle Samuel Gouel, éleveur laitier à Saint-Germain-leGuillaume et responsable de la section laitière de la Fdsea de la Mayenne : « ce n’est pas un problème de 2020. C’est tous les ans pareil en fin d’année. 2020 est certes une année atypique, avec un commerce atypique lui aussi, mais il y a un réel problème structurel sur le veau de 14 jours. On sait déjà qu’il n’y aura aucun enlèvement de veaux entre Noël et le début du mois de janvier. Les animaux vont partir jusqu’au 23 décembre, ensuite il faudra patienter ».

Export et engraissement

Autres potentiels débouchés pour les veaux, l’exportation vers l’Espagne, ou l’engraissement de jeunes bovins. « On constate que dans certains ateliers d’engraissements, à cause de la sécheresse et du manque de fourrage, les exploitants décident de ne pas remplir les ateliers », explique Samuel Gouel. Vers l’Espagne, l’export n’est possible qu’après un test PCR négatif à la fièvre catarrhale ovine (FCO) et c’est actuellement ce qui pose problème aux négociants. « Le marché de l’export via l’Espagne marche plutôt bien, mais le test pour la FCO est à la charge du négociant et s’il s’avère positif, l’animal ne peut pas partir à l’export. Il n’est pas commercialisable, car il ne correspond pas au marché français. Donc, il reste sur les bras du négociant et il est euthanasié. Et comme les négociants n’ont pas l’habitude de perdre de l’argent, cela crée un malaise dans la filière. Le test négatif à la FCO, c’est une règle de l’Espagne et il faut savoir la respecter. On peut comprendre que perdre de l’argent n’est pas une fin en soi, mais évitons de prendre les éleveurs en otage. » Dans son exploitation, Samuel Gouel commercialise une partie de ses veaux à l’export. Pour lutter contre la FCO, il fait « de la désinsectisation » sur ses veaux, protocole qu’on leur impose. « Jusqu’à présent je n’ai pas eu de retour de positivité ».

Traiter un problème de fond

La Fnpl et le Cniel ont engagé des travaux, en lien avec Interbev, pour mener ensemble une réflexion pour améliorer la structuration de l’offre de veaux. « Le but, ce n’est pas de traiter 2020. On ne traite pas les urgences avec un sparadrap, explique Samuel Gouel. C’est un travail sur le long terme de mise en conformité avec les marchés et les demandes pour que chacun puisse gagner de l’argent sur un marché donné. Il faut travailler sur la segmentation du marché pour que les veaux correspondent au marché. Mais quand on veut segmenter, on s’aperçoit que les acteurs de la filière disparaissent. La segmentation doit permettre d’orienter les éleveurs demain pour savoir la valorisation des veaux d’élevage et leurs destinations, en s’adaptant aux exigences du commerce. »

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