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Bientôt du pain 100 % mayennais

À peine crée, déjà encouragée : la toute nouvelle filière blé meunier, créée par un collectif d’agriculteurs de la Mayenne, est lauréate du ministère de l’Agriculture de l’appel à projets national « Structuration des filières agricoles et agroalimentaires ».

Un collectif d'agriculteurs cultivant des céréales planche depuis plus 6 mois sur ce projet de filière "blé meunier" 100% mayennaise.
Un collectif d'agriculteurs cultivant des céréales planche depuis plus 6 mois sur ce projet de filière "blé meunier" 100% mayennaise.
© MT

« Nous travaillons sur ce dossier depuis plus de 6 mois », indique Olivier Duhamel. Avec une trentaine d’agriculteurs, il fait partie de ce groupe dont l’objectif est d’arriver à créer de la plus-value sur la production de céréales panifiables en mettant en avant la proximité. « Nous voulons que nos céréales semées, produites en Mayenne y soient également écrasées par des meuniers du département pour fabriquer une farine meunière mayennaise qui sera transformée en pain, de la baguette traditionnelle dans un premier temps, par les artisans boulangers de la Mayenne », poursuit-il avec Damien Pervis, autre agriculteur du groupe.

À l’instar du projet Ecla 53, ce groupe émane d’un collectif d’agriculteurs qui réfléchit à de nouvelles manières de retour de plus-value dans les exploitations. « Aujourd’hui, la filière blé mayennaise est principalement dédiée à l’alimentation animale, débouché qui n’est pas le plus valorisant à la fois économiquement et socialement », expliquent les porteurs du projet. La filière existante sur notre territoire ne permet pas d’avoir accès au marché domestique et local. Par notre démarche, nous souhaitons répondre à une demande croissante du marché domestique local avec un retour de valeur ajoutée dans nos exploitations et sur le territoire mayennais. » Ce projet de création d’une filière de proximité blé s’inscrit donc bien dans une dynamique économique et environnementale responsable tant en faveur des agriculteurs que des consommateurs. Au fur et à mesure de l’avancement des réflexions, le collectif s’est élargi, intégrant des représentants de l’ensemble de la filière. « Des meuniers, des stockeurs, mais aussi la fédération des artisans boulangers de la Mayenne. » Un vrai projet de filière porté par une structure : la fédération des initiatives de la Mayenne (Fil53). Cette association (lire l’encadré) a été sollicitée pour accompagner le collectif d’agriculteurs et fédérer des acteurs autour de leur projet « afin de nous accompagner dans la réalisation de l’étude de faisabilité économique, logistique, agronomique, juridique et fiscale de création de cette filière de proximité blé meunier ».

Défendu à Paris

Le 25 mars, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation annonçait, sur son site Internet, la liste des lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt (Ami) « Structuration des filières agricoles et agroalimentaires », du volet agricole du grand plan d’investissement. Cet Ami, lancé du 2 juillet au 31 octobre 2018, via FranceAgriMer, avait pour but d’identifier des projets collectifs pilotes, structurants, innovants. Avec une enveloppe à la clef : un maximum de 100 000 euros par projet retenu « prenant en charge une partie des coûts d’ingénierie ». 28 projets ont été retenus. Parmi ceux-ci, celui de Fil 53, intitulé « Étude de faisabilité de création d’une filière de proximité blé-meunier en Mayenne ». Une belle récompense pour ce collectif et un premier pas pour aider à la mise en place de cette filière blé meunier. « Nous ne savons pas encore ce qui a retenu l’attention du jury de FranceAgriMer sur notre projet », glisse Damien Pervis. Avec Olivier Duhamel, Jérémy Trémeau (président de JA 53), Cindy Tournat (directrice de la Fdsea 53) et Marie Tarlevé (conseillère à la Chambre d’agriculture de la Mayenne), il s’était rendu à Paris, le 15 janvier dernier pour expliquer tout le bien-fondé du projet. Une explication qui a convaincu. Et c’est le préfet de la Mayenne, par un tweet daté du 28 mars qui a diffusé la bonne nouvelle (relire Agri53 du 29 mars 2019).

« Actuellement, nous en sommes à la phase de tests, explique Damien Pervis. Des céréales ont été semées chez 6 agriculteurs du groupe, soit entre 6 et 8 ha de blé par exploitation. » Il s’agit de blés qui répondent à « un cahier des charges précis, mais qui permet à tout agriculteur de la Mayenne de pouvoir entrer dans cette démarche. Tout le monde est capable de produire ces céréales », souligne Olivier Duhamel, sans vouloir dévoiler les variétés choisies ni le système de culture en place pour ces tests. L’idée majeure reste « la proximité, le local ».

Après la récolte, les grains seront écrasés chez un meunier de la Mayenne, stocker dans le département et « le consommateur pourra acheter les premières baguettes mayennaises chez son artisan boulanger dès l’automne prochain ». C’est là que le vrai test aura lieu : celui du consommateur pour un pain 100 % mayenno-mayennais.

 

 

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