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Une visite pour lutter contre l’agribashing

Chose promise… Chose faite ! Lundi 17 juin 2019, comme ils s’y étaient engagés lors d’une rencontre avec la Fdsea et les JA le 24 mai, les parlementaires de la Mayenne sont allés visiter une exploitation porcine. Objectif : démontrer ce qu’est l’élevage en bâtiment et, ainsi, contrer les messages que des anti-élevages véhiculent.

© VG

Pour lutter contre l’abribashing, les parlementaires mayennais, ainsi que le président du Département, s’étaient engagés à visiter dans une exploitation agricole et y filmer leurs impressions afin de les diffuser sur les réseaux sociaux. Lundi, les sénateurs Élisabeth Doineau et
Guillaume Chevrollier, la députée Géraldine Bannier et le président du Conseil départemental, Olivier Richefou, sont donc arrivés, dès 8 h 30, dans l’exploitation des frères Pascal et Christophe Georget, éleveurs de porcs à Senonnes. Pour des questions d’emploi du temps, Yannick Favennec, Guillaume Garot et la nouvelle députée européenne Valérie Hayer n’avaient pu se joindre à cette
matinée organisée par la Fdsea de la Mayenne en présence de la presse locale.
À Senonnes, les deux frères sont à la tête d’un élevage de porcs, naisseurs engraisseurs avec 500 truies sur une Sau de 100 ha de cultures qui permettent une quasi-autonomie alimentaire de l’élevage. Ils embauchent un salarié, en recherche un deuxième et, « éventuellement un
troisième ». Côté débouchés, l’exploitation fonctionne avec un groupement « et une charte de qualité ». Enfin, « un plan d’épandage s’organise dans les 5 à 6 km autour du siège de l’exploitation », précise Christophe Georget.
Sur place, après les premières explications de Christophe Georget, ils ont scrupuleusement respecté les consignes d’hygiène indispensables au maintien de la qualité sanitaire de ce type d’élevage. À savoir : une combinaison jetable, une charlotte sur la tête et des surbottes aux pieds. De l’eau sur les surbottes avant d’entrer dans le premier bâtiment, puis un premier passage dans un bac de chaux. « Il faut que les surbottes soient mouillées pour que la chaux puisse faire son effet », indique au passage, Mickaël Guilloux, responsable de la section porcine de la Fdsea 53. Après le lavage des mains, première étape dans le local des porcelets. « Ils sont 17 par parc
et disposent de deux points d’eau. Ce sont les normes en vigueur que nous respectons », explique Christophe. Dans cet espace où la température oscille entre 27 et 28 °C, les porcelets, nourris trois fois par jour par une soupe faite « maison », resteront jusqu’à atteindre 25 kilos. Ensuite, ils sont emmenés dans un autre local afin de poursuivre leur croissance. À 120-125 kilos, ils partiront à l’abattoir, car, comme le souligne Christophe : « Nous aimons nos animaux. Nous sommes soucieux de leur bien-être, mais cela reste de l’élevage. Nous savons que nos animaux sont élevés pour faire du jambon, de la charcuterie… » Et de distiller aussi des aspects sanitaires de l’élevage. Ainsi, si les porcelets sont traités contre les vers et sont vaccinés, « les antibiotiques
ne sont pas automatiques chez nous », indique Christophe. « Seulement s’ils sont malades. Dans les faits, entre 95 et 98 % de nos cochons ne reçoivent aucun antibio. C’est comme cela ici, mais aussi dans la plupart des élevages des autres groupements », ajoute-t-il.
La visite s’est achevée par le local de fabrication des aliments. Ici, deux unités sont en fonctionnement. Une fabrique des mélanges secs, l’autre, pour les porcelets, de la soupe. « Les
deux unités fonctionnent de nuit, pendant les heures creuses, afin de réduire les coûts énergétiques. » Et la base des aliments se compose « à 85 % de nos céréales : blé,
orge, triticale et, pour les porcs charcutiers en engraissement, du maïs grain humide ». Les éleveurs achètent du colza, du tournesol, des pois… « pour apporter des protéines ». « À chaque âge, sa nourriture », conclut Christophe.
La visite s’est achevée sur une proposition : celle des élus nationaux mayennais prêts à inviter leurs confrères plus urbains afin qu’ils prennent conscience de ce qu’est l’élevage et puissent répondre positivement à l’agribashing ambiant et pesant pour les éleveurs.

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