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Une revalorisation pour une partie

Jeudi 18 juin, les députés ont voté la revalorisation des retraites agricoles à 85 % du Smic. Une réforme attendue depuis longtemps par la profession. Mais ce vote laisse les conjointes collaboratrices sur le carreau.

Madeleine Sohier est vice-présidente de la section des anciens exploitants de la Fdsea de la Mayenne. Retraitée depuis 2003, elle perçoit 561 € par mois de pension après avoir fait une carrière complète de conjointe collaboratrice.
Madeleine Sohier est vice-présidente de la section des anciens exploitants de la Fdsea de la Mayenne. Retraitée depuis 2003, elle perçoit 561 € par mois de pension après avoir fait une carrière complète de conjointe collaboratrice.
© VG

Le principe de la revalorisation des retraites agricoles à 85 % du Smic pour les chefs d’exploitation a donc été voté jeudi 18 juin, en 2e lecture par l’Assemblée nationale et à l’unanimité. Le minimum de pension d’un chef d’exploitation, pour une carrière complète, atteindra au moins 1 025 € par mois au plus tard le 1er janvier 2022, et non au 1er janvier 2021 comme la Fnsea et la Msa l’escomptaient. Sur ce décalage d’un an, le ministre a expliqué que c’était pour « assurer la faisabilité du dispositif dans le cadre législatif, mais que les choses seraient possiblement mises en place plus rapidement ». La députée mayennaise, Géraldine Bannier rejoint « ce vœu » pour que « ça puisse se concrétiser au plus vite ». Elle a d’ailleurs déposé un amendement en ce sens. Rappelons que la demande de revalorisation date de 2 003. « C’est un pas en avant, fruit d’un travail de longue haleine », indique dans un communiqué la Fnsea. « Mais ça n’est pas suffisant », poursuit le syndicat. Car le texte qui s’applique pour les retraités actuels et les futurs retraités « se limite aux carrières exclusivement agricoles. Sont ainsi mis de côté les polypensionnés qui ont cotisé dans plusieurs régimes », soit 100 000 agriculteurs retraités, a comptabilisé la Fnsea pour qui « cet oubli doit être réparé ».

« Nous sommes les oubliées »

Autre injustice relevée, celle « subie par les conjointes et les aides familiaux dont la pension minimum reste fixée à 555 € par mois », peste la Fnsea. « Je remarque, une fois de plus, que nous n’existons pas. Pourtant nous avons fait toute notre carrière avec nos maris. Nous sommes les oubliées ! » Madeleine Sohier, première vice-présidente du syndicat des anciens exploitants de la Fdsea de la Mayenne, ne décolère pas. Elle rappelle le travail agricole des conjointes collaboratrices dans les exploitations, sans oublier le rôle qu’elles ont eu dans l’amélioration du quotidien de toute la famille. « Maintenant, je ne sais vraiment plus ce que l’on peut faire pour se faire entendre. Nous n’allons tout de même pas descendre dans la rue… Peut-être faut-il que nous écrivions au président de la République ? », suggère Madeleine Sohier. « Nos organisations ne pourront se réjouir que lorsque ces injustices seront résolues », conclut la Fnsea.

Le Sénat a adopté le texte

La commission des affaires sociales du Sénat a adopté mercredi 24 juin, à l’unanimité et sans modification, la proposition de loi (PPL) de revalorisation des petites retraites agricoles à 85% du Smic. L’examen a été rapide car aucun amendement n’avait été déposé. Les rapporteurs regrettent néanmoins que le texte comporte « de sérieuses lacunes», à savoir le fait que les conjoints collaborateurs et aidants familiaux ne soient pas pris en compte, et le manque de précisions concernant le financement du dispositif.

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