Aller au contenu principal

Une année difficile pour les moissons

Les moissons ont débuté en Mayenne, et ce principalement dans le sud du département. Contrairement à l’année dernière, les agriculteurs ne s’attendent pas à avoir des rendements exceptionnels, loin de là. Laurent Houdayer, éleveur laitier à Coudray en témoigne.

© AF

« On a vraiment des rendements très moyens cette année... » Éleveur laitier à Coudray, Laurent Houdayer a commencé ses premières moissons il y a environ deux semaines. « J’ai d’abord fait les orges et colzas et là je démarre les blés. » C’est sous un soleil radieux que l’agriculteur a pu récolter ses cultures. Cependant, si la météo était excellente, les résultats des moissons sont loin de l’être.


Des rendements très moyens en orge
Si l’année dernière était une an-née particulièrement bonne pour l’orge, cette année les rendements connaissent une baisse significative. « On a fait 62 quintaux de moyenne. En 2019, on était à 95 », affirme Laurent Houdayer. À cela s’ajoute un poids spécifique (PS) « pas bon du tout. » L’agriculteur estime que  celui-ci se situe autour de 58 à 64 kg/hl. « Il manque du poids.  Normalement, on est plutôt à 64 ou 70 kg/hl. C’est partout pareil de toute façon. Ce n’est pas une bonne année. » 
Si l’éleveur est déçu de ces résultats, il n’est cependant pas surpris. « On s’en doutait. On ne pensait pas que ce serait à ce point, mais on savait que ça n’allait pas être terrible cette année. » Les semis d’orge avaient déjà mal commencé. « On a dû le faire en deux fois, car il y avait beaucoup d’eau. » La pluviométrie importante de l’automne et de l’hiver a été particulièrement néfaste. « On n’a même pas pu traiter contre les pucerons d’automne et donc ensuite on a eu de la jaunisse nanisante. » Le printemps n’a pas été plus clément pour les agriculteurs. « Le temps sec des mois de mars et avril est venu en rajouter une couche. On a eu de l’échaudage en plus. »

Colza : pas catastrophique
Après l’orge, Laurent Houdayer s’est occupé de son colza. L’éleveur se juge plutôt chanceux : « J’ai récolté 36 quintaux de moyenne cette an-née, contre 40 en 2019. C’est moins que l’année dernière, mais ce n’est pas non plus catastrophique. Cer-tains sont tombés à 20 ou même 15 quintaux... Il y a de grosses dif-férences car les parcelles sont très hétérogènes. » Le PS du colza se si-tue autour de 68 kg/hl. « C’est à peu près égal à 2019. Maintenant, il faut espérer qu’il se vende bien. C’est le prix qui fera vraiment la différence. »


Blé : « On va avoir du mal à faire 60 quintaux »
Au moment où nous l’avons ren-contré, Laurent Houdayer commen-çait tout juste la récolte de son blé. Cependant, il savait déjà que les rendements seraient particulière-ment bas. « On va avoir du mal à faire 60 quintaux... Quand on pense que l’année dernière on était à 90 de moyenne... », souffle-t-il. Le PS est d’environ 74/76 kg/hl. 
Les semis s’étaient pourtant bien passés. « Mais il a commencé à avoir de grosses averses. Nous avons semé sur d’anciennes parcelles de colza donc on a eu beaucoup d’attaques de limaces. » Là encore, l’excès d’eau a joué en défaveur des cultures. « On a aussi eu des problèmes de pucerons, de  piétin échaudage... On voit bien qu’il manque des épis au mètre  carré. » Seul point positif cette  année : le taux de protéines est  correct. « On est entre 12 et 12,5. »

« Cette baisse, très significative, est plus importante que nous l’imaginions »
Du côté des organismes de stockage, les rendements des moissons ne sont pas meilleurs. S’ils sont très variables d’une parcelle à une autre, les entreprises s’accordent à dire que : « les récoltes ne sont pas bonnes. » « C’est encore plus flagrant si l’on compare à l’année dernière qui était particulièrement exceptionnelle », affirme Jean-Louis Frappin de Hautbois. Certes, les agriculteurs se doutaient que 2020 serait une année difficile. Cependant, « cette baisse, très significative, est plus importante que nous l’imaginions », indique Agrial. 
La météo a eu un fort impact sur la récolte : « C’est une année très aty-pique avec de très forts écarts de rendements. Les premiers rendements confirment que les aléas climatiques, excès d’eau puis stress hydriques, ont fortement pénalisé le cycle de nos cultures. C’est réellement le type de terre qui font les résultats », précise Terrena. Par ailleurs, plusieurs in-sectes tels que les pucerons d’automne porteurs de jaunisse n’ont pas pu être traités en raison de la pluviométrie automnale.

Premiers résultats de récolte
Les organismes de stockage ont commencé à réunir les premiers résul-tats des moissons en Mayenne. Ceux-ci concernent principalement le sud du département.

•      Colza : selon les entreprises, les rendements de colza se situent entre 15 et 30 quintaux en moyenne.
•      Orge : pour l’orge, les récoltes sont très variables : entre 40 et 70 quin-taux.
•      Blé : pour ce qui est du blé, la récolte venant tout juste de commencer, les entreprises n’ont pas encore de chiffre précis à transmettre. Cependant, selon les premières estimations de Hautbois et de Terrena, si les rendements risquent d’être peu élevés, la qualité semble plutôt correcte : « Nous avons un taux de protéines supérieur à 11, un PS autour de 77 kg/hl et un temps de chute de Hagberg de 250 sec. Cependant, nous n’avons fait que 10 à 15 % de la récolte. Il faut donc encore attendre pour avoir des chiffres plus précis », indique Jean-Louis Frappin.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

De l’eau en quantité et de qualité
À 32 ans, Damien Bellanger vient de s’installer en Eurl à Saint-Charles-la-Forêt. Il intervient dans les domaines du pompage, du…
Limiter la pénibilité du travail par la robotisation
Au Gaec des Baronnières à Nuillé-sur-Vicoin, les exploitants ont fait le choix d’investir dans la robotisation pour l’atelier…
Chiffres records pour Bel, mais prix à la baisse pour les éleveurs
L’assemblée générale de l’organisation de producteurs APBO, livrant chez Bel, s’est tenue la semaine dernière. La baisse du prix…
De l’importance du suivi de chantier
Fabien Jegu s’est installé en Gaec, à Cuillé, en mars 2015. Avec son associé, Marcel Pannetier, ils ont dû adapter leur nouveau…
La filière allaitante inquiète pour son avenir
Alors que le ministère de l’Agriculture a dévoilé de premières réflexions sur l’architecture de la future réforme de la Pac, qui…
Une première démonstration de force
Jeudi 25 mars, devant la préfecture de la Mayenne, à Laval, près de 200 agriculteurs sont venus montrer leur détermination…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 89€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53