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Transport des animaux blessés : c’est désormais interdit

Mickaël Trichet, président de la section viande bovine de la Frsea s’exprime à propos du transport des animaux accidentés. Interview.

Photo d'illustration.
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© JCG - Réussir

>> Il semble que les règles sur le transport des animaux accidentés viennent de se durcir énormément. Que se passe-t-il ?
Mickaël Trichet : C’est une réalité et nous sommes très inquiets. La France aurait dû appliquer la réglementation européenne de 2005, mais ne le faisait pas. L’Union européenne vient de demander à la France d’appliquer l’ensemble du dispositif prévu. La France vient donc de décider, à compter du 1er octobre de cette année, d’interdire le transport des animaux blessés, au titre du bien-être animal.
>> Qu’entend-on par animal blessé ?
M. T. : Tous les animaux qui ne peuvent pas se mouvoir par euxmêmes sont concernés. Cela concerne donc aussi bien les vaches équasillées, que les animaux qui se sont cassés une patte, c’est dire si le nombre de cas est fréquent. En Pays de la Loire, on estime entre 8 000 et 10 000 le nombre d’animaux concernés ! Notre région d’engraissement est particulièrement impactée avec la finition des JB.
>> D’après le règlement européen, que se passe-t-il pour ces animaux ?
M. T. : Les animaux concernés doivent être abattus à la ferme ou euthanasiés. Inutile de dire que nous sommes opposés à cette disposition : les fermes ne sont pas un endroit où abattre des animaux dans des conditions correctes, d’une part. D’autre part, aucun abattoir n’acceptera les carcasses issues de ces abattages, ce qui signifie que c’est une perte nette pour les éleveurs. C’est inacceptable et incohérent. Compte tenu de la faiblesse des revenus des éleveurs, c’est une véritable provocation. Enfin, je suis choqué que l’on puisse envisager de jeter de la viande tout à fait propre à la consommation. Il s’agit d’un gaspillage scandaleux, payé qui plus est sur le revenu des éleveurs.
>> Les éleveurs ont-ils d’autres solutions que celle d’accepter d’appliquer la directive européenne ?
M. T. : Nous faisons pression sur le ministère de l’Agriculture pour trouver d’autres solutions. L’une d’entre elles serait d’avoir des camions dédiés permettant de transporter des animaux accidentés vers des abattoirs de proximité, avec un système de civière adaptée, par exemple. Les éleveurs des Frsea de France ont déjà abordé cette question avec le ministre au Sommet de l’Élevage et nous demandons à toutes les sections bovines de la Région de demander un rendez-vous avec leur préfet pour présenter ce dossier.

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