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Sécuriser la production des protéagineux grains grâce à l’association avec des céréales

Pois, lupin et féverole sont trois cultures d’avenir qui pourraient contribuer fortement à l’autonomie protéique des élevages de l’Ouest.

© CAPL

Elles doivent cependant faire face à de nombreux freins techniques, dont la maitrise des adventices et l’irrégularité des rendements. Pour lever ces freins, le projet PROGRAILIVE (plan SOS Protein) a testé, sur trois ans, l’association du protéagineux à une céréale, à la fois en agriculture biologique (57 essais) et conventionnelle (84 essais), en Bretagne et en Pays de la Loire. Les trois protéagineux sont testés en hiver et en printemps. Ils sont semés à des densités équivalentes à la culture pure et la céréale à environ 100gr/m² pour les cultures d’hiver et 75gr/m² pour les cultures de printemps. Le tout est semé en mélange au semoir à céréales. Les céréales associées testées sont le blé, le triticale, le seigle, l’avoine et l’orge.

Une association bénéfique pour la gestion du salissement

Les tendances vont en faveur de l’association sur cette question, même si elles sont bien sûr à nuancer en fonction du protéagineux, de la céréale associée, et du potentiel de salissement de la parcelle. Le pouvoir couvrant (% de sol couvert par les cultures) en sortie d’hiver, stade important dans la maitrise du salissement, est augmenté grâce à l’ajout d’une céréale. Ensuite, les modalités associées présentent un salissement plus faible à floraison dans au moins 55% des cas en protéagineux d’hiver et 65% des cas en protéagineux de printemps, par rapport au protéagineux pur. L’association a plus d’effet dans les cas de faible ou moyen salissement.

Quant au choix de la céréale, le blé est par exemple moins compétitif que l’avoine ou le triticale. Dans le cas du pois d’hiver conventionnel par exemple, la diminution de la biomasse adventices à floraison est en moyenne, sur nos essais, de -71% avec l’avoine, - 42% avec l’orge et - 35% avec le blé.

L’association est donc un levier intéressant pour la gestion des adventices, surtout en agriculture biologique mais aussi en agriculture conventionnelle. Avec un petit point de vigilance cependant : aucun herbicide n’est pour l’instant homologué sur les deux cultures en post-levée.

Un impact sur le rendement variable mais un rendement total supérieur

Les résultats diffèrent d’un protéagineux à l’autre : la féverole d’hiver est moins impactée par la présence de la céréale sur l’élaboration de son rendement que la féverole de printemps. Le lupin de printemps semble être le plus sensible à la concurrence et montre les baisses les plus importantes de rendement, lorsqu’il est associé. Le pois protéagineux bénéficie de l’effet tuteur de la céréale et l’association verse moins que le pois pur, facilitant ainsi la récolte et améliorant le rendement en situation de risque.

Malgré cette variabilité, le rendement total est supérieur en association par rapport au protéagineux pur dans la majorité des cas. L’ajout de la céréale permettra de sécuriser le rendement les années défavorables au protéagineux.

Toujours avec l’exemple du pois d’hiver en conventionnel, l’association permet, sur nos essais, un meilleur rendement sur 80% des parcelles, grâce à l’effet tuteur de la céréale. L’avoine, l’orge et le blé permettent un rendement complémentaire en céréale respectivement de 12,4 ; 18,7 et 8,9 q/ha.

En revanche, l’association ne permet pas d’élargir les zones de culture des protéagineux. Le pois d’hiver dans les zones humides et douces en Bretagne sont, par exemple, toujours à éviter, même en association.

Au niveau économique, l’association apporte certes des surcoûts (semences, tri) mais qui sont le plus souvent compensés par la production complémentaire de céréales, à condition de la diminution du rendement en protéagineux ne soit pas trop importante.

Des fiches techniques pour faire un choix en fonction de son contexte et de ses objectifs

L’association est un levier intéressant à mobiliser, suivant le contexte et surtout les objectifs fixés sur l’exploitation.

Une fiche a été produite par protéagineux avec les principaux résultats, une grille de décision quant à l’intérêt ou non d’associer suivant sa situation (comme présenté ici en exemple pour le pois d’hiver conventionnel) et l’intérêt de chaque plante compagne. Dans tous les cas, l’association devra se construire comme un compromis entre maitrise du salissement et impact sur le rendement.

Avant de se lancer, il est également important de prendre en compte les possibles débouchés (autoconsommation, vente ?) pour les deux cultures et la concordance des dates de semis et de récolte, et d’adapter son itinéraire technique. Le protéagineux étant dominant dans l’association, toutes les règles (choix de la parcelle, zone pédo-climatique) liés à ces cultures sont à respecter, même si la céréale apporte certains services.

Les livrables du projet sont disponibles sur le site de la Chambre des Pays de la Loire ou en tapant PROGRAILIVE dans votre barre de recherche.

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