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Plus d'autonomie avec l'ensilage d'herbe et de maïs épi

De plus en plus recherché dans les élevages de bovins laitiers, un niveau élevé d'autonomie alimentaire est compliqué à atteindre pour les troupeaux à haut niveau de production. Des apports élevés en énergie et en protéines autoproduites sont possibles avec des fourrages d'excellente qualité, tels que l'ensilage d'herbe précoce et l'ensilage de maïs épi.

© D. réservées

En agriculture conventionnelle, l'incorporation de 15 à 20 % en MS) d'herbe de qualité dans les rations à base de maïs fourrage réduit généralement de façon significative la complémentation azotée tout en maintenant l'équilibre économique de l'atelier.

Une des clés pour augmenter la part d'herbe dans les rations hivernales des vaches laitières sans diminuer les performances technico-économiques réside dans le maintien de la densité énergétique de la ration - notamment, en substituant tout ou partie du maïs fourrage plante entière par des aliments plus riches en énergie. L'ensilage de maïs épi est un compromis intéressant tant au niveau de la valeur alimentaire que de la logistique (récolte, conservation, reprise et distribution).

o Deux rations combinant herbe préfanée et maïs épi à l'essai. Un essai visant à tester l'association de maïs épi et d'herbe préfanée de qualité (voir encadré) a été réalisé sur la station expérimentale de la Jaillière au cours de l'hiver 2020. Durant 8 semaines, 51 vaches laitières de race Prim'Holstein en milieu de lactation (41 % de primipares) ont reçu des régimes à base d'ensilage de maïs épi et d'herbe préfanée (figure 1). Les rations ont été calées de façon à être comparables sur des critères de valeur alimentaire (0,95 UFL/kg MS et 100 g PDI/UFL) et de composition chimique.

o Autant de lait, mais moins de taux avec les régimes expérimentaux. Les niveaux d'ingestion et de production laitière ont été proches entre les régimes avec, en moyenne, 22,0 kg de matière sèche ingérée pour 31,2 kg de lait produit quotidiennement à 155 jours de lactation.

Le taux protéique du lait a significativement diminué de 1,6 g/kg pour le régime « maïs épi+50 % d'herbe » par rapport au régime témoin, entraînant une baisse de production de matières protéiques de 52 g/jour. Le taux butyreux a aussi eu tendance à diminuer avec les régimes expérimentaux par rapport au régime témoin : de -1,7 à -2,0 g/kg, sans effet significatif sur la production de matières grasses. Malgré l'apport conséquent d'azote soluble par l'ensilage d'herbe (66 % de l'azote total), ces résultats semblent indiquer la bonne valorisation de celui-ci, ce qui s'explique en partie par l'apport élevé de glucides rapidement fermentescibles dans ces régimes.

Le taux protéique plus faible du lait et la moindre reprise d'état du lot « 50 % herbe » par rapport au témoin pourraient s'expliquer par une moindre valorisation énergétique de la ration : les dosages d'amidon dans les bouses ont révélé un gaspillage de l'ordre de 266 g par jour d'amidon pour ce lot contre 51 g/j pour le témoin, peut-être en raison d'un niveau d'éclatement insuffisant des grains du maïs épi à la récolte et/ou d'un transit digestif plus rapide limitant la dégradation ruminale de l'amidon. De plus, la valeur énergétique de l'ensilage d'herbe a pu être surestimée (cru atypique).

o Un profil des matières grasses modifié. La composition fine de la matière grasse du lait produite avec les régimes expérimentaux à base d'herbe a été significativement améliorée, avec un lait plus riche en acides gras réputés pour leurs effets bénéfiques pour la santé humaine. Par exemple, le taux d'oméga 3 a été multiplié respectivement par 1,2 et 1,5 pour les régimes à 30 et 50 % d'herbe par rapport au témoin (tableau 1). L'autonomie massique, énergétique et protéique a été améliorée avec les régimes expérimentaux. La quantité de correcteurs azotés distribuée a ainsi été réduite respectivement de 25 et 47 % avec les régimes à 30 % et à 50 % d'herbe par rapport au régime témoin, soit une baisse de 37 et 69 kg de concentrés azotés par tonne de lait produite (corrigé à 4 % de MG).

o Quel impact sur l'exploitation ? Le coût des rations à base d'herbe a été inférieur de 8 EUR/1 000 l en moyenne par rapport au régime témoin. Cependant, les taux protéique et butyreux plus faibles du lait produit avec les régimes expérimentaux ont pénalisé son prix de vente de 10 à 15 EUR/1 000 l et, par suite, la marge sur coût alimentaire d'environ 5 EUR/1 000 l. L'intérêt économique de tel ou tel régime doit être calculé à l'échelle de chaque exploitation, selon les rendements du maïs, de l'herbe et du blé, les moyens humains et les matériels disponibles, ainsi que le contexte économique (prix de vente du blé et prix d'achat des correcteurs azotés). Bien que les régimes plus autonomes en protéines n'ont pas permis de dégager une marge économique supérieure dans cet essai, ils permettent en revanche de tamponner l'effet de la volatilité du prix des correcteurs azotés sur les coûts de production.

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