Faune sauvage
Piégeage des corvidés : Château-Gontier détrône Loiron
Entre le 15 mars et le 15 juin, des bénévoles du canton de Château-Gontier ont mené une campagne collective de régulation des corneilles noires et corbeaux freux. Au final, près de 800 oiseaux ont été prélevés, battant ainsi le record du canton de Loiron.
Entre le 15 mars et le 15 juin, des bénévoles du canton de Château-Gontier ont mené une campagne collective de régulation des corneilles noires et corbeaux freux. Au final, près de 800 oiseaux ont été prélevés, battant ainsi le record du canton de Loiron.
Semaine passée, les bénévoles d'Argentré et de Montsûrs se réunissaient pour clore leur opération collective de piégeage des corvidés. Mercredi 1er juillet, ce fut le tour du canton de Château-Gontier. Réunis pour la troisième fois dans la salle des sports de Chemazé, une vingtaine d'agriculteurs et piégeurs étaient présents pour tirer le bilan de cette campagne de 3 mois menée sur 13 communes. Au terme de celle-ci, près de 800 volatiles ont été prélevés. Château-Gontier détrône ainsi le score de l'opération collective du canton de Loiron qui, au printemps 2022, avait permis la régulation de 750 oiseaux. Bon joueur, le Loironnais Claude Charon, présent au titre de la FDSEA et de Polleniz, a reconnu " la très belle dynamique du canton de Château-Gontier. Sans votre investissement et celui de l'ensemble des bénévoles, une telle campagne n'aurait pu exister. Votre présence sur le terrain est indispensable pour protéger les cultures et limiter ainsi la casse. " Et le responsable syndical de marteler auprès de qui veut l'entendre : " Le bénévolat, cela vaut de l'or. Aujourd'hui, un bénévole coûte encore 8 fois moins cher à la Société qu'un technicien ! ".
Quand le collectif paye
Sur Château-Gontier, la régulation des Esod (espèces susceptibles d'occasionner des dégâts) ne date pas d'hier. Des cages étaient déjà en place les années passées, les piégeurs agréés sévissaient déjà auparavant. Mais les résultats enregistrés cette année confirment l'intérêt d'une action coordonnée à l'échelle d'un canton. La mutualisation du matériel, les échanges d'expérience entre piégeurs et l'organisation collective ont permis d'intervenir sur un secteur plus vaste et d'améliorer l'efficacité des prélèvements. C'est ce qui fait que beaucoup d'entre eux ont d'ailleurs pu se procurer des appelants très tôt et démarrer dès le 15 mars. Comme sur Azé où avec 8 cages, 105 corneilles ont pu être capturées. Le tir de 280 corbeaux freux est venu compléter le tableau. Quant aux autres communes investies : 120 corneilles sur Fromentières, 50 sur Ampoigné, 40 sur Chemazé, 35 sur Château-Gontier, 25 sur Marigné-Peuton, 25 sur Loigné, 20 sur Saint-Sulpice, 15 sur Saint-Fort, 10 sur Houssay et quelques dizaines sur les communes de Laigné, Origné et Ménil.
Des dégâts encore présents
Malgré ces résultats encourageants, les participants rappellent que la pression des corvidés reste importante sur certains secteurs. " Les prélèvements permettent de réduire la pression au moment des semis, mais ils ne suffisent pas à faire disparaître totalement les dégâts. Il faut maintenir cette mobilisation chaque année", explique Claude Charon devant une assemblée acquise, mais peu sereine. La pression sur les nuisibles demeure en effet fragile, faute du renouvellement des bénévoles et de moyens suffisants pour indemniser ces derniers.
"À quoi joue le Gouvernement ?!"
Malgré l'avis favorable du CNCFS (Conseil national de la chasse et de la faune sauvage) le 12 mai dernier, l'arrêté relatif au classement des Esod n'est toujours pas publié. Pourtant, la publication devait intervenir mercredi dernier pour éviter tout vide juridique, le classement précédent prenant fin au 30 juin. " C'est d'autant plus inadmissible que la liste des espèces risque d'être réduite par le Ministère par rapport au projet soumis au CNCFS…, alerte Claude Charon, responsable FDSEA. La FNSEA a écrit au Premier ministre pour sommer la ministre de l'Ecologie d'arrêter de tourner autour du pot ". Aussi, à défaut de nouvel arrêté, aucune opération de destruction des Esod du groupe 2 ne peut être menée depuis le 1er juillet, et ce jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau texte.