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Méthanisation : enquête publique en cours pour Methagri Sud Laval

Michael Marquet est agriculteur à Nuillé-sur-Vicoin (53). Pour lui : « La production de biomasse est un bon argument pour maintenir l'élevage ». Témoignage.

© Grdf

« La conjoncture agricole donne aujourd'hui beaucoup d'atouts pour abonder la transition énergétique. Il faut que l'agriculture prenne conscience de son potentiel pour la production d'énergie : le photovoltaïque, avec les surfaces de bâtiments qui peuvent être mise à disposition, mais aussi l'éolien et la production de biomasse en valorisation des effluents d'élevage. C'est un bon argument pour maintenir l'élevage, car pour fonctionner, les méthaniseurs ont besoin de fumiers et de lisiers si on ne veut pas utiliser uniquement des végétaux. Certains pays de l'Union européenne comme l'Allemagne, avec qui Nuillé-sur- Vicoin a une commune jumelée, sont déjà beaucoup plus avancés, mais ils fonctionnent majoritairement avec du végétal et du maïs. Le développement du photovoltaïque et de la production de biomasse en Allemagne a débuté dans les années 1950 suite à la Seconde Guerre mondiale, car il n'avait pas la possibilité de construire des centrales nucléaires.

Pour ma part, la réflexion a débuté en 2008 au sein du Gaec. Nous avons pris conscience qu'il faut avancer en termes de biomasse. Nous pratiquons déjà le photovoltaïque et ma chaudière fonctionne avec du bois déchiqueté, donc la méthanisation est venue assez simplement dans les discussions. Mais n'ayant pas d'atelier hors-sol sur l'exploitation on ne peut pas valoriser la biomasse au niveau production de chaleur. Avec la Chambre d'agriculture nous avons suivi des formations sur la méthanisation et conduit des réunions de sensibilisation sur le département pour créer une dynamique autour d'un projet. Dans le Sud-Mayenne nous étions un groupe de seize personnes. Après étude, le scénario le plus intéressant s'est avéré être l'injection de biométhane pour le chauffage d'habitation. Suite à l'étude réalisée par le bureau Astrad, certains ont arrêté et d'autres nous ont rejoints. On a tout remis à plat et on s'est formé sur différentes thématiques : le financier, la logistique, les questions agronomiques et le juridique. Ça a permis à tout le monde de se sentir concerné et investi. Aujourd'hui nous sommes 26 agriculteurs provenant de 12 exploitations agricoles, tous sociétaires de la Sas Msl. Le projet a vu le jour en 2013, on espère qu'en 2020 tout sera en route. »

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