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Les moiss’batt sont entrées en action

Cette semaine, les premières moissons d’orge et de colza ont commencé. Des récoltes précoces aux rendements incertains.

La moisson de l’orge a débuté mercredi à Montigné-le-Brillant.
La moisson de l’orge a débuté mercredi à Montigné-le-Brillant.
© VG

« La moisson donnera des résultats très hétérogènes dans le département cette année. On ne devrait pas atteindre les rendements exceptionnels de l’année dernière », nous confiait Sylvain Le Graët, responsable de l’équipe AgroPV à la Chambre d’agriculture de la Mayenne. Premier facteur de cette hétérogénéité : la météo, plutôt changeante, voire capricieuse depuis les semis d’automne jusqu’à la chaleur caniculaire de cette semaine. « Mes orges étaient bonnes à moissonner dès la fin de semaine dernière. Mais on a eu 80 mm de pluie, dont 25 en une demi-heure. Cela fait très mal », explique Olivier Besançon, éleveur de volailles à Montignéle-Brillant. En parcourant une de ses parcelles en orge, il récupère, régulièrement, au sol, des épis sectionnés par les dernières pluies. Ce mercredi 24 juin, il a moissonné 6 hectares d’orge, répartis en trois parcelles. Son premier test, deux jours avant, annonçait un taux d’humidité de 13,8. Certes en dessous du seuil des 15 %, mais « les moissonneuses de la Cuma n’étaient pas disponibles. On a donc repoussé à aujourd’hui ». Bien lui en a pris puisque les orges ont séché davantage. Tout juste revenu avec un échantillon, il brandit le résultat du dernier test : 11,9 de taux d’humidité et un PS de 65,9. Dans la parcelle de 1,80 ha, une des deux nouvelles acquisitions de la Cuma Beausoleil d’Entrammes est entrée en action. C’est une Claas Lexion 650. Au volant, Antoine, jeune chauffeur de la Cuma. Il fait les premiers rangs avec Gilbert à ses côtés. Le tour extérieur n’est pas aisé, la parcelle est bordée d’arbres de haut jet. La moissonneuse passe tout juste sous les branches… Gilbert connaît bien les lieux. Jeune retraité de la Cuma, il est venu donner quelques conseils à la nouvelle recrue. Une fois les principaux obstacles évités, il laisse Antoine agir seul à bord. « Il va se faire la main. » Cette moissonneuse a été achetée d’occasion. C’est un modèle qui a déjà 5 ans, « mais qui est très fiable et fonctionne très bien », rassure Gilbert. Et d’ajouter : « la technologie de battage est plus ancienne. Elle doit avoir 25 ans. En fait, c’est un 440 avec le même diamètre de 60 pour les batteurs de 1,70 m et les mêmes secoueurs », détaille-t-il. Pas de surprise au volant, donc. «L’électronique à bord est plus performante et la maniabilité a gagné en souplesse », continue-t-il pendant que le gyrophare indique qu’il va bientôt falloir amener la remorque pour vider le grain. Pour l’après-midi, deux remorques sont prévues : celle de Olivier, et une deux essieux, de la Cuma, que Jean-Michel Jouan, en voisin, a stationnée sous les arbres. « On s’entraide à chaque moisson », souligne Olivier Besançon. « Il vient me donner un coup de main et moi, j’irai chez lui. » C’est cela aussi la saison des moissons : l’entraide !

Rendements à la baisse

Les orges, « des variétés classiques », Olivier Besançon les a semées à la fin octobre. « Cela n’a pas été facile. Il a fallu trouver la bonne fenêtre météo », se remémore-t-il. La croissance a été bonne, mais sur la fin, « les épis ont été touchés par les pluies ». Côté rendements, il ne s’attendait pas à des performances. « L’an dernier, j’avais fait 79 quintaux. » Cette année, il est à 51 quintaux. « C’est décevant, mais de m’y attendais ! » Une fois projetées dans la remorque par la goulotte de la moissonneuse-batteuse, les graines quittent la ferme. « Je les vends chez un négociant vendéen qui a installé une plateforme à Courbeveille, la société Hermonet. Je travaillais déjà avec eux pour les engrais. Cette année, je vais lui livrer l’orge et le colza. Jusqu’ici, les prix y sont plus intéressants que chez les grandes coopératives comme Agrial ou Terrena. Et puis, j’utilise l’application Perfarmer qui me permet de suivre l’évolution des cours. Je vois que je suis à 8 € au-dessus avec mon négociant. Ce n’est pas rien ! »

La paille pour les volailles

Les graines de colza sont parties aussi pour la même société. Jeudi, Olivier Besançon a attaqué ses 9 ha de colza. Dont une parcelle « envahie par les pucerons cendrés. Il n’y a quasiment plus de grains dans les siliques du haut. Et celles du bas sont mûres. » Là aussi, le haut rendement ne sera pas au rendez-vous, au moins pour cette parcelle. Quant à la paille de colza, en bon éleveur, Olivier Besançon l’utilise pour les litières des bâtiments volailles de l’exploitation. « Je la passe d’abord au big-broyeur, puis au broyeur. Après, cela ressemble à de vrais copeaux de bois. C’est une litière de très bonne qualité, notamment pour les dindes », souligne celui qui élève des volailles de chair en standard pour le groupement Sanders. Pour autant, ajoute l’éleveur, « la paille de colza participe à améliorer mes résultats techniques. Mais il faut pouvoir la réussir… J’essaie de la laisser sécher au maximum ». Dehors, la température à l’ombre oscille toujours entre 31 et 32 °C. La moissonneuse continue de battre l’orge. Et elle n’est pas la seule. Deux autres, dans le voisinage immédiat, attaquent orge et colza. La moisson 2020 : une saison débutée avec 10 à 15 jours d’avance, mais avec des rendements compliqués.

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