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Les énergies renouvelables, des sujets porteurs

Le consortium EnRa 53 organisait vendredi 22 novembre 2019 une journée sur les énergies renouvelables avec pour thème : « capter la valeur des énergies renouvelables agricoles sur nos territoires ». Au programme, ateliers et conférences, avec la présence de seize exposants locaux, en lien avec les énergies renouvelables.

Les parties prenantes du consortium énergie en Mayenne.
Les parties prenantes du consortium énergie en Mayenne.
© AF

« Pour nous agriculteurs, les énergies renouvelables ce sont des sujets porteurs », introduisait Stéphane Guiouillier pour lancer les tables rondes de l’après-midi, ayant pour thème les stratégies de développement pour les projets d’énergies renouvelables sur le territoire. « Je tiens à relever le travail remarquable de la Fdsea et des Jeunes Agriculteurs qui ont été à l’initiative de ce
rassemblement. À un moment donné, ils ont mis les acteurs autour de la table pour faire en sorte d’aller plus vite, d’aller plus loin, travailler sur les synergies que l’on peut apporter les uns et les autres », ajoutait-il. Avec comme ambition de « faire de l’agriculture départementale
un acteur incontournable de la transition écologique et du développement durable, en encourageant toutes formes d’initiative et en veillant à ce que l’agriculteur soit positionné au coeur de chaque projet. Les faciliter, les accélérer et faire en sorte d’aller beaucoup plus loin
en encourageant les partenariats pour la mise en oeuvre de projets, des partenariats qui permettent d’ouvrir le champ des possibles ».

Agriculteur, producteur ancestral d’énergie

Lors de la table ronde, Yvon Le Caro, géographe ruraliste et professeur à l’université de Rennes a rappelé : « notre contrat est fragilisé avec notre planète, attaquée par l’urbanisation du monde. Dans ce contexte, on doit réfléchir à ce qu’est la légitimité des agriculteurs, c’est-à-dire nourrir les gens. Il y a également une notion d’entretien des paysages, une caractéristique appréciée par la population. La typicité et l’authenticité des paysages, on la doit aux agriculteurs ». Concernant la production d’énergies renouvelables par l’agriculture, il explique : « ce n’est pas
nouveau que l’agriculture produise de l’énergie. Auparavant à Paris, on se chauffait au bois et les chevaux qui tractaient les calèches étaient produits par des agriculteurs ».

La Mayenne, le Quatar des Pays de la Loire

Richard Chamaret, représentant de Territoire d’énergie 53, le syndicat départemental d’énergies de la Mayenne qui appartient à l’ensemble des communes du territoire a rappelé le potentiel méthanogène du département de la Mayenne, la directrice territoriale de GrDf, Magalie Seron, le qualifiant même de « Quatar des Pays de la Loire ». « Le secteur Ernée - Chailland dispose
du potentiel méthanogène le plus important, explique Richard Chamaret, mais, aucun réseau de distribution de gaz n’est mis en place dans cette zone .» Une trentaine de communes du département dispose actuellement de réseau de gaz. « Quand vous avez un réseau de gaz dans vos communes, il faut bien les remplir. En termes d’accès au gaz, dans les territoires ruraux pires que nous, ce dont les zones de montagne. Quand on voit ça on se dit qu’on ne peut faire que
mieux », ajoute Richard Chamaret. « Nous avons la volonté d’intégrer la production de biométhane venant des territoires dans la distribution de gaz et de gagner en autonomie avec des productions sur nos territoires. »

Le gaz doit être vert

« On a compris que le gaz devait être vert sinon il ne serait plus », expose Magalie Seron, directrice territoriale chez GrDf. « En Mayenne, il y a un potentiel méthanisable à l’horizon 2050. L’étude réalisée cible 150 unités de méthanisation, pour 750 millions d’euros d’investissements et 450 emplois créés », ajoute-t-elle. Ainsi, la méthanisation participera également à la pérennisation des exploitations agricoles. Les projections de production de « gaz vert »  permettraient ainsi « une économie de 420 T Eq. Co2. Il est urgent de décarbonner le gaz », rappelle-t-elle. « Il y a beaucoup de potentiel, mais encore trop peu d’infrastructures. L’agriculture n’est pas un problème, c’est une solution pour l’avenir. Vous avez un énorme gisement », conclut la directrice territoriale.

Le plan climat air-énergie territorial

« On doit réussir la mise en place de méthaniseur pour assurer la survie des exploitations » expliquait Louis Michel, conseiller départemental, élu au sein de Laval Agglo et ancien exploitant. Au travers du Pcaet, le plan climat air-énergie territorial, les collectivités territoriales peuvent accompagner les porteurs de projets en énergies renouvelables : « il faut prendre conscience de la nécessité des agriculteurs pour prendre notre part par rapport au climat. Devenir un territoire à énergie positive, c’est possible. Au sein de Laval Agglo, tous ces travaux-là débutent avec le ralliement au pays de Loiron depuis début 2019 ».

« Redonnez du sens »

En conclusion de la table ronde, Yvon le Caro a adressé un message aux agriculteurs et porteurs de projets en énergie renouvelable : « l’agriculture est majoritairement décriée par les urbains, mais l’urbain est un hors-sol. Les ultras urbains pensent qu’on ne devrait plus toucher à rien. Il faut expliquer aux gens comment l’énergie est produite et les agriculteurs sont très bien placés pour le faire. Les agriculteurs peuvent avoir un rôle très important sur ce qu’est l’énergie.  L’urbanisation du monde a eu des effets paradoxaux sur l’agriculture. La modernisation a créé une séparation entre le monde agricole et le monde urbain et c’est la modernisation agricole qui est aujourd’hui attaquée par les urbains. Pourtant, c’est l’urbanisation qui a obligé la modernisation des exploitations pour fournir toujours plus, à bas prix. Cette critique se base sur une méconnaissance. Vos meilleurs alliés ce sont les citoyens conscients, appuyez-vous sur eux et
redonnez du sens ».

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