Aller au contenu principal

Les brasseurs mayennais tentent de garder la chope haute

En France 10 millions de litres de bière ont été détruits en raison de la crise. Beaucoup de brasseurs redoutent l’avenir. Qu’en est-il de la situation en Mayenne ? Trois producteurs témoignent.

David Léveillé a ouvert sa brasserie il y a moins d’un an
David Léveillé a ouvert sa brasserie il y a moins d’un an
© David Léveillé

• Maxime Duroy : « Je m’en suis plutôt bien sorti »

Maxime Duroy a ouvert sa brasserie, Bierpoljak, en 2017 à Saint-Hilairedu-Maine. En trois ans, le Mayennais a réussi à se trouver des clients fidèles. Si bien qu’en début d’année, il a investi. Objectif : produire plus. Il est passé d’un brassin d’une capacité de 70 à 330 litres. Manque de chance, la crise sanitaire est venue mettre son grain de sel. Malgré tout, le jeune brasseur dit plutôt bien s’en sortir. Il vend davantage aux particuliers et continue un peu à travailler avec quelques grandes surfaces. « J’ai certes perdu quelques bars et restaurants, mais ils ne représentent pas la majorité de mes commandes. Je m’en suis plutôt bien sorti aussi, car je venais juste de m’inscrire à La Ruche qui dit Oui, à Louverné. En plus, la transformation du marché de Chailland en drive m’a permis de garder un certain niveau de ventes. Je vends moins que ce que je devrais, mais ce n’est quand même pas trop mal. » Pour lui, le fait que la population se soit tournée vers les circuits courts est une grande chance et il espère que cela continuera à l’avenir. « C’est important pour moi et pour les clients. Ça fait toujours plaisir de se rencontrer. » Maxime Duroy a tout de même dû diminuer sa production. « Normalement, je devrais faire un brassage toute la semaine. Là, je n’en fais qu’un toutes les deux semaines pour éviter d’avoir un surplus de stock. » Avec le déconfinement, il espère reprendre ses actions de démarchages pour trouver de nouveaux clients et développer son entreprise.

• Niels Foucher : « Se diversifier pour le redémarrage »

En 2017, Niels Foucher a créé sa brasserie biologique à Argentré : la Copo. Si jusque-là l’entreprise se portait bien, le coronavirus est venu tout perturber. « Là, on tourne à 25 % de notre chiffre d’affaires mensuel. On est très impacté, car on travaille avec les bars, les restaurants et le milieu associatif... Les fêtes familiales, qui ont été interdites, ont aussi eu des conséquences. Tous les week-ends normalement, j’ai des fûts qui partent pour des particuliers... » Heureusement, Niels Foucher a pu maintenir une distribution avec des partenaires locaux comme les grandes surfaces, les épiceries et le panier fermier d’Évron. Le brasseur a aussi eu la chance de pouvoir compter sur le soutien de sa banque qui a accepté de mettre en pause ses remboursements et de lui accorder un nouveau crédit pour compenser le manque de trésorerie. « Ça va me permettre de continuer à acheter des matières premières et des bouteilles pour poursuivre ma production. » Production qui a été fortement ralentie. « En temps normal, on brassait deux fois par semaine et là ça fait un mois et demi que je n’ai pas brassé. On a embouteillé. On a vidé les cuves et on va reprendre cette semaine. » Afin de retrouver un certain équilibre, Niels Foucher prévoit de se diversifier. « Avec mon père qui travaille à la brasserie, on s’est dit qu’il fallait élargir les canaux de distribution vers les épiceries et grandes surfaces pour pallier les annulations d’événements et écouler nos volumes. Nous allons aussi sortir de nouveaux produits autour de la bière et de nouvelles bières dans les mois à venir. »

• David Léveillé : « Rester positif »

David Léveillé a ouvert sa microbrasserie à Saint-Pierre-sur-Evre en juillet 2019. L’entreprise a connu un « très bon démarrage ». Avant l’arrivée du coronavirus, 1 600 litres de bière étaient brassés par mois. « C’est un rythme de première année très convenable. Les clients m’ont fait confiance, les produits plaisaient. » Seulement avec le virus, la situation s’est détériorée. « Le mois de mars a commencé à ralentir et celui d’avril a été très compliqué. J’ai perdu plus de 90 % du chiffre d’affaires. » Une situation due à la fermeture des bars et restaurants, mais aussi à l’annulation d’événements festifs. Dans les magasins, la situation n’est pas meilleure. « Il y a eu un effet boum jusqu’au 20 mars, puis un ralentissement fort. » Heureusement, le brasseur a pu compter sur les habitants de sa commune. « Ils ont joué le jeu, ont fait l’effort de consommer chez moi et je les en remercie. Mais sinon aucun secteur n’a réellement permis d’enrayer la baisse du chiffre d’affaires. » Pour autant, David Léveillé veut rester positif. « Je fais confiance aux clients et en l’avenir. Les beaux jours arrivent et on est sur un produit qui était sur une tendance de ventes assez forte. Il est vrai quand même qu’il va falloir rester prudent. » Pour lui, tout va dépendre du mois de juin et de l’été. « Si ça redémarre et qu’on fait un bel été, on se dira que c’était juste un mauvais passage. Après, selon l’évolution des choses, l’impact pourrait être encore plus fort si ça ne repart pas. Mais je préfère rester positif. C’est un arrêt pour mieux redémarrer. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

GNR : « Les citernes sont souvent à l'écart, avec peu ou pas de sécurité »

Découvrez ci-dessous l'interview de Franck Leriche, adjudant-chef et référent sûreté à la Gendarmerie de la Mayenne.

Une vingtaine d'éleveurs de Blonde d'Aquitaine se sont réunis jeudi 19 mars à la Maison des agriculteurs, à Changé, pour leur AG 2026.
Blonde d'Aquitaine : un retour du National attendu au Cima 2027
Réunis à la Maison des agriculteurs à Changé, une vingtaine d'adhérents de l'association des éleveurs de Blonde d'Aquitaine de la…
Le Lely Center d'Évron représente une surface de près de 3 000 m2, dont 1 400 m2 de bureaux.
À Évron, le meilleur Lely Center au monde

Fin mars, le Lely Center Évron a été récompensé du titre de meilleur Lely Center au monde parmi 200 distributeurs.

« Nous invitons les chasseurs à donner au moins un gibier dans l'année »

En septembre dernier, à l'occasion de l'ouverture de la chasse, la Fédération des chasseurs de la Mayenne adhérait à la…

Samuel Gaulay a donné une conférence sur l'intelligence artificielle (IA) lundi 16 mars à l'Espace Mayenne.
IA : « Les intelligences ne s'opposent pas »

Cerfrance Mayenne - Sarthe a invité le conférencier Samuel Gaulay, lundi 16 mars à l'Espace Mayenne. 1 000 personnes…

La machine Nestborn dépose délicatement 400 œufs d'un coup sur le nid de copeaux préparé par l'éleveur. 
Éclosion à la ferme en toute délicatesse pour 33 000 œufs

Jean-Yves Guérot, aviculteur à Changé, a réceptionné 33 000 œufs au sein de son bâtiment de volailles à J-3 avant…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 110 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53