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Les agriculteurs entendus sur le projet de photovoltaïque au sol

Une quinzaine d’agriculteurs, ainsi que les présidents de la chambre d’Agriculture, de la Fdsea et des Jeunes Agriculteurs, sont venus, le 3 octobre 2018, déposer leurs observations et dossiers contre le projet de centrale photovoltaïque au sol à Villaines-la-Juhel.

Le groupe d’agriculteurs venu remettre ses observations et dossiers contre l’implantation d’un champ de panneaux photovoltaïques au sol.
Le groupe d’agriculteurs venu remettre ses observations et dossiers contre l’implantation d’un champ de panneaux photovoltaïques au sol.
© Roxane de Witte - Agri53

« Dans certains départements urbains, on nous parle de faire pousser les légumes sur les toits. Nous, nous remettons les choses dans le bon sens : les légumes, c’est dans les champs et les panneaux photovoltaïques, c’est sur les toits », déclare avec conviction Stéphane Guioullier, président de la Chambre d’agriculture. II était, mercredi 3 octobre, en compagnie de Philippe Jehan, président de la Fdsea, Jérémy Trémeau, président des Jeunes Agriculteurs de la Mayenne, et d’une quinzaine d’agriculteurs, venu à la mairie de Villaines-la-Juhel pour déposer dossier et observations contre le projet d’implantation d’une centrale photovoltaïque au sol sur le territoire de Villaines-la-Juhel. Ce projet, lancé en mars dernier, pourrait englober près de sept hectares de terre agricoles et impacter directement les agriculteurs locaux. Le commissaire enquêteur, chargé d’une enquête publique sur le projet, les a entendus, à tour de rôle, pendant un peu plus de deux heures.

« Ce projet est en contradiction avec la charte « Agriculture et paysage » signée en 2010 par le préfet de la Mayenne, le Conseil général, le président de l’association des maires, adjoints et présidents de communautés de la Mayenne », rappelle Philippe Jehan. Le président des JA, a exprimé son inquiétude sur l’impact d’un tel projet sur le foncier et donc sur l’implantation des jeunes agriculteurs en Mayenne. Le commissaire enquêteur, attentif, a questionné chacun des intervenants sur ce dossier.

Les 3 points à retenir

• Pression sur le foncier. L’argument principal des JA d’opposition au projet repose sur la pression qui serait exercée sur le foncier si les terres agricoles sont mises en concurrence avec des terres énergétiques. De plus, ce projet pose la question du renouvellement des terres agricoles et donc de l’installation des jeunes agriculteurs sur le territoire.

• Le photovoltaïque sur les toits. La chambre d’Agriculture, la Fdsea, les agriculteurs présents et les Jeunes Agriculteurs s’accordent tous pour dire qu’ils sont pour la pose de panneaux photovoltaïques dans le département. Tous, privilégient une pose de panneaux photovoltaïques sur les toits des exploitations agricoles et des bâtiments publics, plutôt que sur des terres agricoles.

• Un agriculteur impacté : « Notre but, c’est de faire comprendre au commissaire enquêteur qu’il s’agit bien de terres agricoles, sur lesquelles l’exploitant produit », explique Liliane Edon, agricultrice en élevage porcin. « C’est cinq ou six hectares aujourd’hui, mais peut-être que ça sera 100 ou 200 hectares de terres agricoles », s’inquiète Stéphane Guioullier devant le commissaire d’enquête, chargé du dossier.

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