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Le travail en élevage laitier : synthèse d’échanges avec 35 éleveurs

Au cours du premier trimestre 2018, 35 éleveurs laitiers ont été enquêtés en Mayenne. La répartition géographique des éleveurs enquêtés a été définie en fonction de la densité laitière par canton.

© Chambre d'agriculture 53

Les élevages enquêtés sont très différents de par les caractéristiques de leur troupeau (cf. Tableau 1) et leurs équipements (cf .Tableau 2). Deux élevages sont certifiés biologiques, 33 sont en système conventionnel.

Conditions de travail

Au niveau de la traite, le nombre de vaches par poste est très variable : de 3 à 11. Le port de bidons et la répétition des gestes sont les tâches pénibles les plus citées. Parmi les solutions mises en place dernièrement pour optimiser leurs conditions de travail sur ce poste, l’investissement dans un nouvel outil a été le plus évoqué (15/35). 11 éleveurs ont aussi optimisé leurs conditions de travail à la traite par des aménagements (plain-pied, décrochage automatique, griffes légères, double équipement, barrière, double ligne haute lactoduc, surpresseur, distributeur de mousse, trempage automatique, rideaux hors gel, propulseurs d’air chaud). L’astreinte permanente des alarmes d’un robot de traite est également pesante pour 3 éleveurs (sur les 7 éleveurs équipés d’un robot).

Pour le travail autour des veaux, le transport du lait est la tâche pénible la plus citée. Certains ont aménagé ce poste : aménagement du logement pour 12 éleveurs, dont 5 ont fait une nouvelle nurserie ; achat d’un Dal ou d’un taxi à lait, changement d’alimentation (poudre de lait, baisse du nombre de repas lacté, ration sèche des génisses).

Au niveau de l’alimentation, les tâches manuelles et physiques comme la manipulation des concentrés, l’aménagement des espaces de stockage et l’ouverture des silos sont les plus pénibles. Quelques-uns ont ainsi choisi de changer de matériel de distribution, de déléguer l’alimentation, d’investir dans des aménagements ou de simplifier quelques tâches.

La délégation d’une partie du suivi du troupeau leur permet de se libérer un peu de temps et d’être plus sereins (détecteur automatisé de chaleurs, de vêlages, caméra). Certains logiciels de suivi de troupeau (ex. : Pilot’Elevage, etc..)  ou des logiciels de robot de traite ont été évoqués comme un gain de temps, une facilitée d’enregistrement des données ou une optimisation du suivi.

Organisation du travail

Au niveau de la main d’œuvre, 10 éleveurs ont actuellement un salarié, parfois partagé entre plusieurs exploitations. Le nombre d’heures de travail par semaine varie selon les exploitations de 2 à 40 heures. Cette embauche a été réalisée pour améliorer leurs conditions de travail pour remplacer le départ d’une personne, pour s’assurer du bon fonctionnement de son exploitation en son absence ou pour réaliser la partie administrative.

Un éleveur raconte : « On l’avait 2 jours par semaine avec un autre exploitant. Les conditions de travail étaient plus sereines, on avait un avis extérieur. On était soulagé au niveau de la charge de travail. On avait moins la tête dans le guidon, on prenait plus de recul. L’autre atout, c’est la polyvalence… Si on compare ça à un robot de traite ou à un outil spécialisé. Avant de le prendre, on ne mesurait pas l’efficience technique qu’il a pu apporter ».

La délégation des tâches est très présente chez les enquêtés. La très grande majorité délègue tout ou partie des tâches administratives ou déclarations réglementaires. Une partie des éleveurs délègue aussi des travaux ponctuels comme les travaux des champs, tout particulièrement les récoltes et semis, et en moindre mesure l’épandage des effluents et le travail du sol. 5 éleveurs délèguent également la distribution de l’alimentation.

Pour le travail du week-end, 10 ont mis en place un tour de garde entre associés (8) ou salariés (2). Malgré les aides mises en place pour faciliter le remplacement il y a maintenant plus de 10 ans, 60 % des éleveurs enquêtés ne prennent pas ou peu de week-ends. Les différents freins évoqués sont : la main-d’œuvre, la réticence à déléguer et à faire confiance aux remplaçants, l’aspect économique ainsi que la quantité de travail et la gestion des imprévus. Pour diminuer le travail d’astreinte le week-end, 22 éleveurs anticipent certaines tâches : paillage, alimentation, soins autour des génisses, ouverture des silos.

Volonté des éleveurs en termes de travail

Le souhait des éleveurs est finalement de pouvoir améliorer la qualité de vie grâce à une réduction de la charge de travail et à une optimisation de l’organisation. L’objectif est de rompre régulièrement l’astreinte quotidienne de la traite en s’accordant davantage de temps libre. Malgré tout, au-delà de ces insatisfactions, la majorité des éleveurs parlent aussi du plaisir de travailler avec les animaux ou à l’extérieur, d’autonomie et d’indépendance, ainsi que de la diversité des tâches. Pour certains, c’est aussi la souplesse de vie ou le goût de la technique qui les motivent.

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