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« Le repas à 1 euro, c’est de la politique sociale... »

Jeudi 23 juillet, les représentants professionnels de la Fdsea se sont entretenus avec Guillaume Garot sur l’actualité agricole, mais aussi sur sa vision du coût alimentaire.

Mickaël Guilloux et Jean-Yves Guérot ont rencontré Guillaume Garot
Mickaël Guilloux et Jean-Yves Guérot ont rencontré Guillaume Garot
© RD

Seul absent (excusé) de la rencontre des parlementaires mayennais organisée par la Fdsea, le député PS de la 1re circonscription de Mayenne, Guillaume Garot, a répondu à l’appel de la Fdsea la semaine dernière en recevant à sa permanence de Laval le secré-taire général du syndicat, Mickaël Guilloux, et son secrétaire général adjoint, Jean-Yves Guérot. Depuis le point dressé auprès de ses homologues le 10 juillet dernier, la moisson des céréales a donné des résultats très décevants. Quant à la conjoncture des filières animales, elle n’affiche guère d’amélioration. Certes la situation des abattoirs, notamment en Mayenne, a retrouvé son cours normal avec une reprise des activités d’abattage. Pour au-tant, d’après Mickaël Guilloux, « la logistique a été clairement bouleversée. L’Etat a cherché à protéger le personnel, ce qui est évidemment prioritaire, mais n’a pas été plus loin pour mesurer les conséquences au sein des filières... ». Citant l’exemple du porc qui, depuis le début du confinement, a perdu  près de 30 centimes d’euro/kg  (1,55 euro/kg avant confinement contre 1,29 euro/kg aujourd’hui). Dépendante fortement de l’export, la viande bovine préoccupe éga-lement, avec des départs différés des jeunes bovins. « Après les avoir vendus, il faut compter environ 6 se-maines pour que les mâles partent de la ferme, quand en temps normal c’est dans la semaine, illustre Jean-Yves Guérot. Avec parfois même des déclassements parce que les mâles arrivent trop gros... ». Le député ré-pond être intervenu à l’Assemblée nationale à l’endroit de l’ancien ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, pour lui signaler que « tout en protégeant les salariés, le protocole sanitaire ne devait pas bloquer les activités ». Et d’ajouter qu’à l’instar des plans de relance actuellement octroyés à l’aéronautique ou encore à l’industrie automobile - pour laquelle il a été beaucoup question de baisses de chiffres d’affaires à la vente -, les maillons de l’amont doivent être aussi considérés par la relance.

Le vrai prix de l’alimentation
Si la vente directe et le drive fermier ont su tirer leur épingle du jeu durant le confinement (avec des records de ventes), nul doute que la crise sanitaire a une nouvelle fois profité aux grandes surfaces confortant ainsi leur position dominante dans les négociations commerciales. « Nous allons être très attentifs cet automne et cet hiver pour que les prix ne repartent plus à la baisse, prévient Mickaël Guilloux, qui appelle de ses vœux la pleine application de la loi Egalim.

On sait par ailleurs qu’un consom-mateur sur deux n’opère son choix d’achat qu’à travers le prix ». En parallèle, rappelons que la part de l’alimentaire dans le panier moyen des Français régresse chaque année pour atteindre environ 10% de leur budget... Alors quand Guillaume Garot, fils d’agriculteur, défenseur de l’anti-gaspillage alimentaire, fait du repas scolaire à 1 euro sa cause, cela prête nécessairement à explications auprès des représentants pro-fessionnels. « C’est de la politique sociale, de la politique de solidarité, se défend l’élu. Ce tarif n’est pas le vrai coût alimentaire, il permet de faire en sorte que les enfants aient au moins accès à un repas équilibré par jour. » « En attendant, il va faire référence dans la tête des parents, rétorque Jean-Yves Guérot. Quand leurs enfants ne finiront pas leur assiette, ces derniers se diront que ce n’est pas grave puisque cela n’a pas coûté cher... ». « Outre le bio et les produits Siqo, j’espère au moins que l’engagement du choix du lo-cal sera respecté », insiste Mickaël Guilloux, soulignant au passage l’intention de la FDSEA d’aller à la rencontre des élus municipaux dans les prochains mois « pour traduire le principe de souveraineté alimentaire ». Le choix de la qualité plutôt que celui de la malbouffe, un enjeu qui semble faire sens commun à l’issue de cet échange...

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