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La saison 2020 de pâturage : singulière, difficile, mais enrichissante

Au printemps, la gestion du pâturage et de la fauche sur le circuit de pâturage soulève toujours beaucoup de questions, qui se répètent plus ou moins d’année en année…

© CA53

En effet, lorsque la pousse de l’herbe accélère, on fauche et/ ou on réduit les apports à l’auge, et quand elle ralentit, pour faire simple, on réintègre des parcelles préalablement fauchées, ou on affourage davantage. Se u l e m e n t , l e s p r é c é d e n t s printemps en en particulier 2020 ne s’inscrivent pas dans la même logique, et ce sur plusieurs points. Petit tour d’horizon de situations vues en 2020, et d’adaptations réussies

En sortie d’hiver et au début du printemps, croissance et portance ne riment pas toujours. En effet, en automne et à l’hiver derniers, l’herbe a été au rendezvous en termes de croissance, mais les précipitations aussi. Du côté positif, il a été mesuré des gains de matière sèche de l’ordre de 1 tMS/ha supérieurs à la normale sur l’hiver. De l’autre, il a été complètement impossible de valoriser cette herbe avant la mi-mars à cause du manque de portance. Ainsi, les prairies ont été beaucoup plus avancées que d’habitude à la mise à l’herbe, tant au niveau du stade physiologique que de la biomasse disponible. Dans ce cas, mieux vaut ne pas sortir des parcelles aussi « ras » que d’habitude afin de ne pas pénaliser la repousse. Au contraire, dans ce cas de figure, il est possible, et nous l’avons vu, d’accélérer la transition vers le pâturage, afin de valoriser un maximum de prairies par cette voie-là. Il ne faut pas perdre de vue que le début de saison est essentiel pour créer un décalage de hauteurs entre les parcelles pâturées, ce qui est la clé de réussite d’un système de pâturage tournant.

• En pleine saison, un pic de pousse est plus ou moins marqué, et plus ou moins précoce. Cette année en effet, nous n’avons pas connu de pic de pousse, les conditions hydriques et les vents étant défavorables fin avril/début mai. Ainsi, peu d’exploitants ont ressenti de sensation de « dépassement » comme d’habitude. Cependant, du fait des réserves d’herbes accumulées depuis l’hiver, le pâturage a pu se dérouler à des niveaux normaux. La difficulté cette année a été de gérer le pâturage à des hauteurs anormalement élevées, ce qui a conduit presque systématiquement à faire des efforts dans la pose de clôtures mobiles afin de réduire les surfaces offertes. Cela s’est avéré très efficace pour gérer les montées d’épis, et a permis de mettre de côté plus tôt que d’habitude les surfaces dédiées à la fauche (foins).

En fin de saison, un épisode estival particulièrement précoce Le troisième fait marquant est que nous avons connu un premier épisode estival sur la deuxième quinzaine de mai. En fonction des réserves hydriques des sols sous prairies, cela s’est traduit par une forte diminution, voire un arrêt, et même des débuts de sénescence sur les prairies. Sur des parcelles ayant atteint un volume suffisant pour réaliser une fauche, les créneaux étaient idéaux pour les foins, et ils ont été bien réalisés dans l’ensemble. Quantité et qualité sont au rendez-vous a priori. Pour ce qui est resté « pâturable », les reliquats d’herbe des cycles précédents ont très vite été inconsommables par les ruminants, ce qui a engendré une multiplication de topping et des fauches de refus. Les tentatives de pâturage sur des prairies avancées (sans fauche au préalable) a systématiquement conduit à un gaspillage d’herbe (photo ci-dessus), et parfois à du surpâturage des parties jeunes de la prairie.

• C’est le moment de faire ses comptes pour voir où on en est. Au bout du compte, l’important en sortie de printemps, c’est de se positionner par rapport à ce qui a été valorisé, plutôt que de se fier uniquement aux conditions de pousses de la saison. En règle générale, la bonne gestion des prairies permet de valoriser au moins 80 % du cumul de pousse saisonnier, alors que ponctuellement, on peut parfois estimer à 50 % la quantité d’herbe non valorisée, et donc gâchée sur la période printanière. Cette année, bien que le pâturage ait été rendu compliqué par les conditions, il s’est fait énormément de fauches (récoltées ou dans la carde de topping), donc le bilan n’est peut-être pas si éloigné que ça d’une année « normale » quant à la quantité d’herbe valorisée, en tout cas, moins éloignée que si l’on comparait juste la productivité des prairies, ou le déficit est estimé en moyenne à environ 2 tMS/ha du 1er mars au 1er juin. Faites le tour de ce qui a été pâturé et de ce que vous avez rentré dans vos g

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