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Julien Denormandie, un agronome à l'Agriculture

Le Premier ministre, Jean Castex, a dévoilé la liste de ses ministres lundi soir. Julien Denormandie, jusqu'ici ministre du Logement, arrive rue de Varennes. Haut fonctionnaire rattaché au corps des Eaux et forêts, cet ingénieur agronome de 40 ans, proche d'Emmanuel Macron, s'est affiché dans la continuité de son prédécesseur lors de la passation de pouvoirs.

La passation de pouvoir entre Didier Guillaume et Julien Denormandie a eu lieu mardi matin.
La passation de pouvoir entre Didier Guillaume et Julien Denormandie a eu lieu mardi matin.
© Capture Ministère de l'Agriculture

À quelques jours près, Didier Guillaume n'aura pas eu le temps de finaliser sa réforme de la gestion des risques agricoles. Alors qu'il devait s'exprimer mi-juillet sur ce dossier, le nouveau Premier ministre lui a trouvé un remplaçant. Julien Denormandie a été nommé au poste de ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, lundi 6 juillet. Né en 1980, cet ingénieur agronome est un haut fonctionnaire rattaché au corps des Eaux et forêts (Ipef), ce qui n'avait plus été le cas d'un ministre de l'Agriculture depuis le mandat de Pierre Méhaignerie (1977-1981). Il était jusqu'ici ministre en charge de la Ville et du Logement, et auparavant secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires. Il s'était notamment rendu à Laval en novembre 2017 pour signer la convention sur le 100 % numérique en Mayenne avec Orange, Free et le Conseil départemental. Auparavant, il a été directeur adjoint de cabinet d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie.

Pas de fusion ministérielle donc. La rue de Varenne n'a pas été rattachée à l'Écologie ou à l'Économie, comme le craignait la Fnsea. Mais à l'heure où nous écrivons ces lignes, le sort de la pêche maritime n'est pas encore scellé. La direction des pêches maritimes et de l'aquaculture pourrait très bien être rattachée au ministère de la Mer (un retour !), barré par Annick Girardin.

Surprise de Didier Guillaume

Du côté de Didier Guillaume et de son équipe, c'est la surprise et la déception. « Si l'on m'avait dit il y a 48 heures que je serais là, ce matin pour la passation de pouvoirs avec Julien (Denormandie, ndlr), je ne l'aurais sûrement pas cru ». C'est ainsi que l'élu de la Drôme a commencé son discours de passation, mardi 7 juillet, mettant en avant la dureté du jeu politique. Mais « les cimetières sont pleins de gens irremplaçables », a-t-il poursuivi. Et d'enchaîner par l'éloge de son successeur, de « ses qualités humaines, professionnelles, sa connaissance des dossiers agricoles et de la forêt ». Car, note-t-il, en désignant les fonctionnaires de l'Administation centrale présents lors de la cérémonie : « n'oubliez pas que le ministre est un Ipef. Et il y en a beaucoup ici... »

« Je serai le ministre des agriculteurs »

Pour son premier discours, Julien Denormandie n'a pas donné signe de redirection particulière. « Je serai le ministre des agriculteurs, à leurs côtés, fier de leur travail que je connais bien. Je serai le ministre également d'une alimentation française durable, accessible à tous », a conclu le nouveau ministre de l'Agriculture. Il s'est affiché dans la continuité de son prédécesseur et des États généraux de l'alimentation. Il n'a pas évoqué les dossiers d'actualité portés par Didier Guillaume, comme la gestion des risques climatiques, ou l'organisation d'une « grande conférence » à la rentrée sur la souveraineté alimentaire. Il a toutefois plaidé pour « renforcer, à l'échelle européenne, notre souveraineté », et affiché sa détermination pour que « l'agriculture et l'alimentation soient des éléments importants du plan de relance ». S'affichant enfin en homme de « dialogue », il a annoncé qu'il recevra « dans les prochains jours » syndicats et organisations professionnelles.

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