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Intrusion : une tentative échouée ?

Les intrusions dans des exploitations agricoles, avec des messages insultants tagués sur les bâtiments se sont multipliés ces dernières semaines en Pays de la Loire, dont un dans le Nord-Mayenne, il y a un peu plus de 15 jours. Le week-end du 15 août, une visite suspecte a eu lieu dans la cour d’un élevage de porcs.

Des panneaux pour rappeler l'interdiction d'entrée aux éventuels visiteurs.
Des panneaux pour rappeler l'interdiction d'entrée aux éventuels visiteurs.
© VG-Agri53

 

PAPIER 1

Il était entre 23 h 30 et minuit, samedi 15 août, dans une commune de l'Est de la Mayenne quand, profitant d’une fin de soirée agréable dans le jardin, autour de la table, un ami de la famille d'éleveurs aperçoit, dans l’impasse qui dessert leur exploitation et un chemin de randonnée, un couple avec un landau aux grandes roues, type « années 60-70 ». Tous sont surpris de voir des gens se promener ainsi, à cette heure tardive, mais ils n’en prêtent pas plus attention, pensant que ces promeneurs allaient poursuivre tout droit par le chemin. Jusqu’au moment où l’un d’entre eux remarque que le couple a tourné, entrant dans la cour de l’exploitation. Traversant la maison pour en être certain, le propriétaire des lieux aperçoit de la lumière près d’un bâtiment. Il décide aussitôt d’aller à la rencontre de ces visiteurs d’un soir. « Je leur ai demandé ce qu’ils faisaient là, nous raconte-t-il. Le gars m’a répondu : « On se promène ». Je leur ai rappelé que c’était un cul-de-sac et une propriété privée. Ils ont alors fait demi-tour et sont partis en courant, poussant toujours le landau. » La soirée amicale a repris, mais la discussion a tourné autour de cette visite. « Je me suis demandé si je devais appeler la gendarmerie tout de suite, se souvient sa compagne. Nous avons attendu le lendemain matin. Nous avons aussi appelé la Fdsea. Le syndicat nous a apporté tout son soutien. Depuis nous ne nous sentons pas seuls. »

S’il n’y a pas de certitude, le couple d’éleveurs suspecte fortement avoir été victime d’une tentative d’intrusion. « On ne sait pas ce qu’ils pouvaient avoir dans leur landau. En tous cas pas de bébé, vu la vitesse à laquelle ils sont repartis », poursuit l'éleveuse. Alors peut-être du matériel pour taguer les murs, pénétrer dans les bâtiments, filmer… L’enquête est en cours, menée par la brigade de gendarmerie. Toujours est-il que, depuis, le couple a quelques difficultés pour bien dormir. Même s’il n’y a pas eu de dégradations ni d’introduction dans la porcherie, ce que l’on soupçonne comme étant une tentative d’intrusion marque déjà bien les esprits.

« Ils ont eu les bons réflexes »

Les éleveurs ont eu « les bons réflexes » en éloignant leurs « visiteurs » et en alertant la gendarmerie. C’est ce que rappelle l’adjudant Jacky Le Croc, référent sûreté pour la gendarmerie en Mayenne : « prévenez votre brigade de gendarmerie en appelant le 17 le plus vite possible ! » Que ce soit « pour l’arrivée de visiteurs inconnus à proximité et dans les bâtiments d’élevages (mesures d’hygiène et sanitaire), ou pour tout fait constaté sur un bâtiment d’élevage ou à l’intérieur ». Et, au mieux, « ayez un chien de ferme. Il saura vous alerter ! » Ses aboiements dissuaderont toute approche.

La gendarmerie a aussi dressé une liste de mesures préventives de protection sur les bâtiments d’élevages agricoles « pour éviter toute intrusion et tout captage de vidéo ». Cela passe par le fait de limiter les accès aux bâtiments d’élevages (de préférence un seul accès), apposer un panonceau « propriété privée », bien fermer à clé toutes les portes et les issues des bâtiments d’élevages, installer en hauteur des systèmes d’éclairages à détection de présence, une alarme en mentionnant « bâtiments sous alarme », une caméra de chasse sur le passage obligatoire du ou des bâtiments avec renvoi sur le smartphone.

Condamnation unanime de la Fdsea et de JA

Face aux intrusions, vols et dégradations constatées dans les exploitations agricoles, et notamment en Mayenne, la Fdsea et les JA de la Mayenne montent au créneau.

C’est dans le contexte de recrudescence des intrusions et autres dégradations dans les exploitations agricoles que se tenait, mercredi en préfecture, une réunion sur l’agribashing. L’occasion pour les syndicats Fdsea et JA, avec la Chambre d’agriculture, de faire avancer le dossier de « mise en place d’un système d’information préventive pour les agriculteurs mayennais, moderne, téléchargeable par tous les agriculteurs, simple d’utilisation et de gestion », détaille ensemble Fdsea et JA dans un communiqué du 19 août. « L’agribashing dont est victime notre profession reste un sujet de premier plan, hautement sensible », poursuivent les syndicats, qui en appelant à « ne pas céder à la psychose tant recherchée par les détracteurs de l’élevage », rappellent « aux agriculteurs et agricultrices qu’il ne faut pas hésiter à signaler aux Forces de l’ordre (faire le 17) tout fait suspect (par exemple la présence de véhicules ou de personnes inconnues susceptibles de repérer les lieux). » La Fdsea et les JA se tiennent également « disponibles pour recevoir toutes informations relatives à ces actes suspectés, déjoués ou malheureusement réalisés ». Des informations qui, conformément à la convention signée avec le ministère de l’Intérieur et la DGGN, « seront immédiatement transmises aux services compétents afin d’optimiser et coordonner les enquêtes de police et de gendarmerie ». Les deux syndicats incitent aussi « les agriculteurs à déposer plainte en cas d’intrusions, vols et/ou dégradations dans leur exploitation ».

Ils réclament également des « sanctions plus sévères », prenant en compte « le préjudice moral et les risques sanitaires encourus ». Ils insistent aussi sur ce qu’est, dans la loi Sapin II de 2 016, un lanceur d’alerte : une personne qui dénonce un acte illégal ou une menace pour l’intérêt général. En outre, « le lanceur d’alerte doit dénoncer les faits à un supérieur hiérarchique ou en l’absence d’effet, à l’autorité judiciaire, administrative ou aux ordres professionnels ». Ce qui est rarement le cas dans les faits d’intrusions dans les exploitations agricoles…

Retrouvez le communiqué complet ci-dessous dans la rubrique Fichier joint

8N7XLNDL_1.pdf (577.67 Ko)
Légende
Intrusions, vols, dégradations... Communiqué de presse Fdsea 53 et JA 53
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