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« Il est important de bien choisir son système de ventilation »

Avec les pics de chaleurs de plus en plus fréquents, de nombreux éleveurs laitiers équipent leurs bâtiments de systèmes de ventilation. Ceux-ci assurent le bien-être des animaux et participent ainsi à l’amélioration des performances. L’entreprise Animat 53, concessionnaire Delaval à Laval, en installe et entretien. Bastien Rocher, commercial, nous éclaire sur leur fonctionnement.

© Animat53

Pourquoi est-il important d’avoir un système de ventilation en élevage bovin laitier ?

Bastien Rocher : C’est une question de bien-être animal et de performances laitières. Si les vaches sont bien, elles vont faire du lait. L’objectif de Delaval est justement de garantir une bonne production. C’est pour cela que l’entreprise s’est intéressée à l’aménagement des bâtiments et donc entre autres à la ventilation. Les bovins sont beaucoup plus sensibles que nous au stress thermique. Quand nous on commence à être mal à l’aise à partir de 30 ou 32 °C, une vache le sera au-delà de 20 °C. L’objectif est de garder une température idéale dans le bâtiment. Avec les importants pics de chaleurs auxquels on est régulièrement confronté, cela devient de plus en plus nécessaire d’être équipé et bien choisir son système de ventilation.

Quels systèmes de ventilation existent ?

B.R : Il existe deux systèmes : la ventilation dite « statique » et la ventilation dite « dynamique ». Pour la ventilation dite « statique », on joue avec les éléments extérieurs. On peut installer des filets brise-vent sur les côtés du bâtiment. Une station météo peut également y être mise en place pour automatiser leur gestion. En fonction de la température, du vent et de sa direction, les filets s’ouvrent d’un côté ou de l’autre pour laisser entrer l’air. Pour ce qui est du système dit « dynamique », il est possible d’installer des ventilateurs verticaux. Les bâtiments de vaches laitières ne sont pas hermétiquement fermés. Ainsi, on propulse l’air extérieur qui rentre naturellement avec les ventilateurs verticaux à travers l’ensemble de la stabulation. On crée un courant d’air qui diminue la température. Il existe aussi des brasseurs horizontaux. Cependant, ils diffusent davantage l’air ambiant de l’édifice sans le renouveler.

Quel système est le plus répandu à l’heure actuelle ?

B.R : Aujourd’hui, la ventilation dite « dynamique » est plus utilisée en curatif. Les ventilateurs sont souvent mis en place dans des bâtiments existants parce que c’est le plus simple de mise en place. Pour les bâtiments neufs, en revanche, on a tendance à privilégier un système naturel, donc plutôt statique. Forcément, et naturellement on monte moins de bâtiments neufs qu’on aménage des anciens donc pour le moment on utilise davantage des ventilateurs qui se posent facilement et qui sont plus accessibles en termes de budget.

À combien s’élèvent les coûts d’installation de ces différents systèmes ?

B.R : Si on part sur de la ventilation intérieure, il faut compter entre 4 000 et 12 000. Avec les filets brise-vent on peut vite dépasser les 12 000 ou 15 000 €. Mais c’est vraiment du cas par cas, selon les volumes et les longueurs des bâtiments.

Vous vous occupez de l’installation des systèmes de ventilation. À quoi êtes-vous vigilant avant de les mettre en place ?

B.R : Pour les ventilations dites « statiques », on prend en compte l’orientation du vent dominant et les ouvertures bâtiment. Pour les dynamiques, on observe de nombreux indicateurs : la présence d’une entrée et d’une sortie d’air saines, l’existence de traces d’humidité, où se placent les animaux, où se trouve la zone de traite... C’est une étude personnalisée. L’objectif est de déterminer les lieux plus ou moins accueillants et d’égaliser l’ambiance dans le bâtiment. Il est aussi possible de faire des études sur la circulation de l’aire.

Comment faut-il placer les ventilateurs dans le bâtiment pour une efficacité optimale ?

B.R : Dans un bâtiment en logette classique, généralement on installe un ventilateur tous les 15 à 20 m sur la longueur afin que la vitesse de l’air ressentie par les animaux soit adaptée. La vitesse idéale est estimée à 1,5 m/sec. Sur la largeur, cela dépend du matériel choisi. Aujourd’hui, on essaie surtout de canaliser l’air. On ne veut pas ventiler tout le bâtiment, mais d’abord cibler les vaches. On va aussi axer sur certaines zones comme celles de traite. C’est l’endroit où l’on veut que la ventilation soit optimale pour que les animaux viennent.

Quels conseils donneriez-vous à un éleveur qui souhaite installer un système de ventilation ?

B.R : Il faut bien réfléchir à son projet. C’est du cas par cas. Ce n’est pas parce que notre voisin a fait d’une telle manière que cela correspondra à notre élevage. Il faut vraiment prendre contact avec un professionnel pour être bien conseillé. C’est aussi important d’avoir un accompagnement avant, pendant et après l’installation. Nous, c’est ce que nous faisons.

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