Sanitaire
FCO : une forte vigilance collective
Deuxième épisode de notre série sur les maladies animales avec la DDETSPP.
La fièvre catarrhale ovine est hélas bien connue de la quasi-totalité des éleveurs ovins, caprins et bovins mayennais. Son impact sur les filières dans le département mérite de faire un retour sur la saison passée, et d'en tirer quelques leçons pour l'avenir.
De quoi parle-t-on ?
La fièvre catarrhale ovine est une maladie vectorielle, c'est-à-dire causée par un virus transmis via un insecte piqueur nommé le culicoïde. Le virus infecte le culicoïde, qui le multiplie puis le transmet en piquant les ruminants. Il existe 27 sérotypes de fièvre catarrhale ovine reconnus comme pathogènes. Ce pouvoir infectant varie beaucoup selon le type de virus, ainsi que selon l'espèce cible. Les symptômes sont parfois bénins, mais le virus peut également entraîner une baisse très forte de la lactation, des troubles de la reproduction (baisse de fertilité, avortements), la production de produits non viables, voire une mortalité surtout pour les petits ruminants.
La transmission par les culicoïdes, insectes légers portés par le vent, est difficilement contrôlable sans la vaccination de toutes les espèces sensibles, et des mesures de lutte raisonnée contre le vecteur.
Bilan de la saison 2025
La FCO est une maladie réglementée par l'Union européenne, et doit obligatoirement être déclarée par les pays qui la détectent, mais elle n'est pas à éradication obligatoire.
Au cours de l'année 2025, le virus a circulé activement en Mayenne : 4e département le plus touché par la FCO3 avec 683 foyers déclarés, parmi lesquels certains élevages ont été durement frappés avec la perte de plusieurs dizaines d'animaux ; une circulation moindre de la FCO8 avec 12 foyers ; augmentation de 183 % d'avortements déclarés en août 2025 par rapport aux moyennes, et selon les bilans du GDS, plus de 10 000 bovins en moins pour le cheptel mayennais.
Des vaccins ont été mis à disposition des éleveurs, pour partie financés par l'État, pour partie via le marché privé. Même si l'efficacité des vaccins utilisés a pu être parfois remise en cause, au niveau national les conclusions des études réalisées par les groupements techniques vétérinaires démontrent un effet significatif de la vaccination, notamment sur les enjeux de la fertilité.
Des précautions pour la nouvelle saison
L'organisation des rassemblements de bovins et d'ovins en 2025 a été complexifiée par l'absence de consensus sur un protocole de vaccination exigible dans un contexte de très forte circulation virale. Aussi pour 2026, la préfecture, en accord avec les professionnels et vétérinaires, a défini des règles claires : la vaccination contre les maladies virales circulant activement sur le territoire mayennais sera systématiquement demandée pour la participation aux rassemblements.
En prévision de la circulation virale pour 2026, seuls 30 % d'animaux sont estimés vaccinés en Mayenne. Il faut y ajouter la proportion d'animaux des troupeaux exposés aux virus en 2025 et donc protégés par leur immunité naturelle. Cette dernière est très difficile à évaluer précisément.
La prévention passe également par la mise en œuvre de mesures raisonnées limitant la progression du culicoïde : une bonne gestion de l'environnement en maintenant les animaux éloignés des zones humides et des tas de fumiers ; une bonne ventilation dynamique des bâtiments d'élevage ; la désinsectisation, en complément d'autres mesures, notamment pour les déplacements et les concours, bien qu'elle ne remplace pas la vaccination.
La saison vectorielle débute en ce mois de juin avec une forte vigilance collective. Une circulation virale, notamment de la FCO8, ne peut pas être exclue pour la saison 2026-2027.