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Des outils spécialisés pour limiter l’usure

À Bazouges-Cré-sur-Loir (72), Philippe Alusse a opté pour deux outils spécialisés, une mélangeuse-distributrice et une pailleuse Bélair. En simplifiant sa ration et en gagnant en débit de chantier, il a réduit son temps de soin aux animaux.

© FC

Il y a « du monde » dans la ferme de Philippe Alusse : 120 vaches laitières Prim’Holstein et Montbéliardes pour 900 000 l de droit à produire pour Bel, 50 mères allaitantes et 150 à 200 taurillons sans compter les veaux croisés élevés sous des laitières de réforme, les génisses et les taries. Aujourd’hui en EARL avec 1,5 salarié, l’éleveur dispose de 240 ha dont 80 ha de prairies, une stabulation VL équipée de 2 robots de traite et 3 bâtiments allaitants. Au fil du temps, Philippe Alusse a adapté son système pour réduire le temps alloué à nourrir et pailler, qui est aussi très coûteux. Il a opté dernièrement pour deux outils spécialisés, une mélangeusedistributrice et une pailleuse Bélair, achetées auprès de son concessionnaire Chesneau Agri Ouest. « Bélair est une petite entreprise familiale qui fabrique ses machines en Bretagne », apprécie-t-il.

Une mélangeuse simple

Sa mélangeuse Drakkar à double vis de 23 m3 , achetée en 2015, est équipée d’une double distribution droite-gauche et d’un système de pesée électronique. En renseignant la quantité de ration par animal, la machine calcule la quantité de chaque produit à ajouter au bol (maïs ensilage, correcteur, maïs grain, ensilage d’herbe et foin). L’éleveur apprécie la simplicité de l’outil. « J’ai appris qu’une machine spécialisée est plus résistante à l’usure ; avec ma première mélangeuse-recycleuse-pailleuse j’avais beaucoup de faux contacts, de bourrage, et la qualité du mélange était moyenne. » Les vis sont munies de couteaux et de contre-couteaux, mais Philippe Alusse n’utilise que les fonctions mélange et distribution, préférant assurer la coupe de ses fourrages à la récolte. « Le but est de limiter le risque d’usure prématurée, sans compter l’économie des jeux de couteau sachant qu’un jeu à 2 000 € nous dure 1,5 an; la fonction coupe demande aussi plus de tirage, donc plus de fioul », argumente l’éleveur. La machine qui lui a coûté 40 000 € requiert une puissance minimale de 100 CV. L’exploitation nourrit à raison de 2 mélanges par jour avec 2 rations : l’une pour les VL l’autre pour les taurillons, soit 1h par distribution. « Avant, nous avions des rations différentes pour les génisses et les taries. Aujourd’hui il s’agit de la même ration apportée en proportions différentes. »

Une pailleuse de 21 m3

Pour sa pailleuse, Philippe Alusse a choisi la plus grande capacité avec la Galiote de 21 m3 , « pour réduire le nombre de tours de paillage à 1 par jour, la cuve contenant 5 bottes carrées soit 2 t de paille ». La machine est équipée de 3 démêleurs, fonction qui rend le mélange homogène et « vient à bout même de la paille un peu humide ». L’éleveur a rehaussé la caisse avec des planches pour la protéger des coups de godet et éviter que la paille ne déborde. La machine est munie d’une goulotte rotative pour une bonne répartition de la paille, un détail qui lui facilite aussi l’évitement des poteaux de charpente des bâtiments. Un système de brumisation sur la goulotte permet d’atténuer l’émission de poussières. Philippe l’actionne en cas de problèmes pulmonaires sur ses veaux. La machine, qui demande un tirage de 70 CV, représente un investissement de 32 000 €. Avec cet équipement, Philippe Alusse atteint son objectif de gain de temps. « Nous préférons soigner moins longtemps et davantage observer les animaux; cela nous fait aussi économiser des heures de télescopique et de tracteur. » L’agriculteur compte bientôt agrandir sa capacité en construisant un nouveau bâtiment taurillons de 200 places, qui abritera aussi un espace fermé de stockage de paille et de foin.

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