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Crise sanitaire Covid-19 : la Fnsea répond « présent »

Tribune de Christiane Lambert, présidente de la Fnsea.

© Agri53

Se nourrir, se soigner, travailler : les priorités nationales confirmées pour les 15 jours de confinement instaurées par le président de la République. Notre pays vit une situation historique et inédite. Tristement historique, tant la propagation du Covid-19 est sournoise, invisible et imprévisible. Dans ce contexte, priorité à la santé de nos familles, de nos proches, de nos collègues et de tous nos concitoyens. La profession agricole répond « présent » à l'appel à mobilisation nationale, fidèles à ses valeurs d'unité et de solidarité.

Présent au présent !

Car l'urgence est d'assurer la continuité de l'activité économique du pays. Travaillant avec du vivant, l'agriculture doit intégrer les réalités climatiques et biologiques, car la vie ne s'arrête pas ! Nourrir, nettoyer, soigner ses animaux sont des tâches quotidiennes, voire biquotidiennes, pour les éleveurs. Le printemps accélère la croissance de la végétation et le besoin d'intervention dans les champs, vergers, maraîchages, pépinières, pour semer, fertiliser, traiter, tailler et... récolter les produits primeurs tant attendus par les consommateurs : fraises, asperges, radis, salades, navets... Les agriculteurs sont au rendez-vous de l'effort national, et mettent sur la table des Français des produits frais au quotidien, sans risque de rupture. Disons-le : alors que les médias ne parlent que de pâtes - pardon à nos producteurs de blé dur ! - il faut enchanter l'alimentation de nos concitoyens avec les produits de saison. C'est même salutaire pour les agriculteurs qui ont perdu les débouchés vers les restaurants et cantines.

Présent au futur !

Oui, nous voulons conserver en France cette agriculture diversifiée et fiable qui permet une alimentation de qualité, sûre et saine. Mais encore faut-il que les politiques de notre pays créent les conditions favorables. Depuis de nombreuses années, nous alertons sur les concurrences déloyales subies par le secteur agricole en raison de conditions de productions totalement différentes dans d'autres pays et qui inondent nos étals et nos cantines. Depuis de nombreux mois nous répétons « N'importons pas l'alimentation que nous ne voulons pas dans nos assiettes ». De nombreuses associations et Ong ont soutenu ce message lors des débats Ceta et Mercosur. C'est positif ! Dans ce contexte, entendre le président de la République, le 12 mars au soir, affirmer « confier notre alimentation à d'autres (...) serait une folie », qu'il faut « repenser notre souveraineté alimentaire française et européenne nécessitera des décisions de rupture », interpelle positivement. Surtout quand il conclut : « Je l'assumerai. » Nous saurons le rappeler lors des débats sur le budget et les orientations de la future Pac, où l'Europe ne doit pas « débrayer » sur son ambition de production performante et durable. Nous le rappellerons dans tous les débats sur la protection des terres agricoles, les tentations de surtranspositions des règles environnementales, les oppositions aux projets d'irrigation ou de modernisation des élevages. La souveraineté alimentaire est capitale, comme dans les années 1960 quand le général de Gaulle et Edgar Pisani, ministre de l'Agriculture, en ont fait une ambition nationale et européenne. 60 ans plus tard, l'Histoire se répète. Mais avec les conséquences du changement climatique qui s'imposent à nous et la circulation mondialisée des biens et des personnes qui amplifient les risques sanitaires, elle appelle des décisions politiques stratégiques, à la hauteur de l'enjeu. La Fnsea sera présente, en interlocuteur responsable et courageux.

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