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Comment être employeur de salariés de la génération X-Y

Les Entrepreneurs des territoires (Edt) des Pays de la Loire tenaient leur assemblée générale vendredi à Châteaubriant. Retour sur cette journée avec Marie-Christine Lemaître, présidente de l’union régionale de Edt Pays de la Loire et de Edt Mayenne.

La présidente des Edt de la Mayenne et des Pays de la Loire, Marie-Christine Lemaitre.
La présidente des Edt de la Mayenne et des Pays de la Loire, Marie-Christine Lemaitre.
© VG

Comment s’annonce 2019 dans les Pays de la Loire pour les Edt ?
Marie-Christine Lemaître :
Notre secteur représente environ 5 100 emplois, avec près de 1 000 entreprises, dont 573 employeurs de main-d’œuvre, qui constituent le plus gros de nos adhérents, car ils sont en demande d’informations sociales. Nos 280 entreprises adhérentes recrutent beaucoup. Et les demandes de travaux émises par les collectivités locales et les agriculteurs, surtout, augmentent. Ces derniers font appel à nous en tant que prestataires dans leurs exploitations. Car les agriculteurs doivent se recentrer sur leur production principale. Or un éleveur laitier n’est pas forcément un céréalier ! Sur des exploitations plus grandes avec moins de main-d’œuvre, les besoins d’aides extérieures sont avérés. Pour l’exploitant agricole, c’est plus rentable de nous faire intervenir : cela se traduit par une charge nette dans sa comptabilité plutôt qu’un investissement sur plusieurs années.
Enfin, malgré un turn-over important de nos salariés, nos entreprises de travaux embauchent tous les ans, notamment de jeunes saisonniers, qu’il faut former. Nous devons nous adapter à cette population-là.


Comment s’est déroulée cette assemblée générale du 25 janvier des Entrepreneurs des territoires Pays de la Loire ?
M.-C. L. :
Très bien. Environ 220 de nos 280 adhérents étaient présents lors de cette assemblée, organisée dans le beau cadre du château de la Ferrière, à Châteaubriant, où nous avons été très bien accueillis. Nos professionnels ont apprécié de visiter l’usine Kühn. Ils ont aussi eu le temps de discuter avec les partenaires qui exposaient leurs matériels et leurs engins.


Quelles nouveautés 2019 ont été annoncées à cette occasion ?
M.-C. L. :
Tout d’abord, pour répondre aux demandes de nos adhérents, nous souhaitons mettre en place un Certificat de qualification professionnelle (Cqp) de conducteur d’engins qualifié qui permettra à des jeunes embauchés, sortant du Bac Pro agroéquipement*, de faire un perfectionnement dans différents blocs de compétence. Proposé par notre fédération nationale, et notamment par la branche « Entrepreneurs de travaux agricoles », ce Cqp pourrait débuter à la rentrée, après un appel d’offres lancé au niveau du Fafsea. Nous avons aussi annoncé la tenue du congrès national du 12 au 14 mars 2020 à Cholet, organisé par Edt Pays de la Loire. Il nous faudra valoriser les paysages et la gastronomie de nos départements. Ainsi que l’ensemble de nos activités : travaux ruraux, agricoles, viticoles, forestiers et avicoles (spécifiques à notre région).


Pourquoi avoir choisi pour votre assemblée, le thème « Comprendre la génération X-Y, pour mieux recruter et manager », développé par Daniel Ollivier ?
M.-C. L. :
Parce que cette génération qui arrive a grandi avec Internet et a baigné dans les nouvelles technologies. Nous n’avons pas toujours les décodeurs pour la comprendre. Parce que l’environnement et l’éducation d’une personne, âgée de 40 ans ou de 20 ans, ne sont pas du tout les mêmes. On ne peut pas gérer les salariés de la génération X-Y comme celle des Baby-boomers. Un simple exemple : l’horaire du matin ! Il faut expliquer au jeune l’importance d’arriver à l’heure ! Car s’il y a un travail d’équipe et qu’il doit aller sur un chantier, le départ de l’entreprise, c’est 8 h. S’il arrive à 8 h 15, c’est trop tard !
Nous, entreprises, devons aussi nous remettre en cause. Alors que pour ma génération, il était important d’avoir un Cdi, ce n’est plus cela leur priorité. Ce qu’ils veulent, c’est avoir un travail qui les satisfasse et dans lequel, ils veulent s’épanouir, être écoutés et qu’on préserve leurs droits. Avec les 35 heures, ils revendiquent un équilibre vie privée - vie professionnelle.


Est-ce pour cela que vous envisagez des formations de management vers ce public-là ?
M.-C. L. :
Tout à fait, pour répondre aux demandes de nos adhérents, qui ne comprennent pas toujours leurs jeunes salariés. Notre union régionale va mettre en place des modules de formation pour 2019 et des réunions d’information pour aider nos chefs d’entreprise à mieux comprendre leurs jeunes recrutés. Certains d’entre eux ont, par exemple, un compte Facebook, sur lequel ils publient des tas de choses. Nous leur expliquons que, par rapport à l’entreprise, il y a des choses qu’il faut respecter. Instaurons le dialogue avec nos jeunes salariés, et une forme d’éducation au monde du travail. Lors de sa conférence de vendredi après-midi, Daniel Ollivier nous a expliqué que la génération Y-Z est née dans une société qui connaît Internet, la mondialisation, le terrorisme... Un jeune qui travaille actuellement chez nous a bien conscience que, demain, il sera peut-être ailleurs. Il ne se projette pas dans les cinq prochaines années. Ces modules de formation pourraient être lancés dès cet automne.

* Ceci est lié à la réforme du Bac Pro, qui est passé de quatre à trois ans, limitant en revanche l’expérience de conduite et la maturité des jeunes bacheliers, âgés de 18 ans, le plus souvent.

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