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Dégâts aux cultures
Sangliers : « on veut juste que la chasse soit faite ! »

Pas de répit dans les parcelles : les sangliers, toujours bien présents, détruisent les cultures. C’est le constat fait dans bon nombre de secteurs en Mayenne, comme à Chemazé au Gaec Buchot.

« Nous nous sommes rendu compte que les sangliers avaient saccagé la parcelle de maïs le 2 août. Une battue administrative a été organisée le 8 août à notre demande. Aucun sanglier n’a été abattu. Et le 15 août, ils étaient revenus. » Avec son frère Benoit, Sébastien Buchot est en Gaec, à Chemazé. Une de leurs parcelles de maïs, contigüe à un bois, est devenue le garde-manger préféré des sangliers. « On estime qu’un hectare sur les 8,8 ha de cette parcelle est détruit », continue Sébastien Buchot, tout en poursuivant la visite de cette parcelle, littéralement clairsemée par endroits (tiges cassées et épis grignotés). Pour lui, comme pour son frère, il n’y a qu’une solution : « que les sangliers soient correctement chassés en forêt. On veut juste que la chasse soit faite, c’est tout ». Hier jeudi (à l’heure où nous mettions ce journal sous presse), un expert devait passer pour estimer les dégâts causés par les sangliers. Il y a une perte sèche sur la récolte, que Sébastien Buchot calcule aux alentours de 1 600 €, plus le travail de nettoyage de la parcelle pour éviter que les tiges et les grains restent au sol et soient ensuite enfouis dans le sol lors de la préparation pour la prochaine culture. « Si on laisse les grains, soit les sangliers vont revenir fouiller le sol, soit les mulots vont s’en occuper… » Quant à l’ensilage de cette parcelle, du moins de ce qui n’a pas été attaqué par les sangliers, il doit se faire ce vendredi. Un ensilage de précision, car « on n’a pas le droit, pour des raisons sanitaires, d’ensiler le maïs qui a été abîmé par les sangliers ».

Soutien de la FDSEA

Alertée par les deux agriculteurs, la FDSEA organisait sur place, mercredi, une conférence de presse pour alerter sur l’importante croissance de la population de sangliers en Mayenne. « Jusqu’en 2019, on en chassait environ 2 500 par an. L’an dernier, on est passé à 4 000 », indique Claude Charon, référent chasse pour la FDSEA. « Les hivers doux favorisent l’augmentation du nombre de sangliers. Les laies, qui faisaient une portée par an avec six marcassins, sont désormais à trois portées tous les deux ans et avec huit marcassins », explique-t-il. Claude Charon met aussi en cause le nourrissage des sangliers dans les forêts privées. « Normalement, on fait de l’agrainage, mais avec pas plus de 50 kg pour 100 ha par semaine. Une règle que certains dépassent largement… » Tout cela favorise la croissance de la population de sangliers. « Ce qui n’est pas sans poser des problèmes de société comme les accidents de la route ou encore leur présence dans certaines villes. » Pour le représentant syndical, la solution est d’appliquer au plus vite l’accord national signé en février dernier, accord toujours pas applicable en Mayenne. « Sur les 14 mesures de cet accord, nous avons un peu de divergences avec la Fédération des chasseurs de la Mayenne, mais nos relations sont bonnes. » Autrement dit, il n’y a aucune raison pour que l’accord ne soit pas signé. Au vu de la demande des agriculteurs sur le terrain, il y a urgence : des dégâts ont aussi été signalés dans le Nord-Est du département à Boulay-les-Ifs, par exemple, ou bien dans le Sud-Est à Saint-Denis-d’Anjou. Pour rappel, 80 hectares étaient déclarés en dégâts des cultures par les sangliers en 2019. Depuis, la surface a quasiment doublé.

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