Aller au contenu principal

« Un prix de base moyen du lait qui se scinde en deux groupes »

Frédéric Vincent, président de la fédération départementale laitière du Maine-et-Loire, commente les annonces de prix du lait faites par les entreprises collectant dans son département pour 2019.

© Anjou Agricole

Le prix du lait est en constante amélioration depuis le début d’année 2019, les EGA peuvent-ils s’en attribuer le mérite ?

Frédéric Vincent : Les hausses constatées sur le prix de base du lait sont à mon sens autant en lien avec la conjoncture qu’avec les EGA. Les marchés se portent bien, les productions mondiales, européennes et françaises sont plutôt stables, les échanges sont plutôt dynamiques et il n’y a plus de stocks de poudre de lait… tous ces éléments agissent de façon positive sur le prix du lait. Il est normal que les éleveurs laitiers en voient les effets. Pour ce qui est des EGA, nous n’avons pas obtenu la transparence espérée de la part des transformateurs. Les mécaniques de construction du prix du lait sont parfois encore floues chez certaines entreprises privées comme coopératives, et les hausses obtenues auprès de la distribution ne sont pas connues avec exactitude. Il reste encore beaucoup de travail à faire avec l’ouverture des négociations commerciales 2019/2 020, ce n’est pas maintenant qu’il faut s’arrêter.

Mais alors aucune laiterie ne sera qualifiée de bon élève cette année ?

F. V. : Si, nous pouvons tout de même noter que certaines laiteries avec leur OP ont tiré le prix vers le haut. Savencia par exemple, en plus d’être parmi les mieux-disants sur 2019, a payé le lait plus cher d’environ 20 €/1 000 L en moyenne cette année par rapport à 2018, ce qui est l’une des plus fortes progressions de prix enregistrées. C’est un bel exemple de négociation réalisée par l’OP Sunlait, qui on l’espère perdurera et en entraînera d’autres derrière lui. À noter, une forte progression du prix chez Terra Lacta, mais qui a aujourd’hui un prix du lait intimement lié à Savencia. LSDH et Bel restent parmi les bons élèves en termes de niveau de prix. En dernier lieu, nous pouvons citer les coopératives Sodiaal, Agrial et Laïta qui, même si elles ont fait progresser le prix entre 2018 et 2019, restent en queue de peloton sur le prix payé aux producteurs. Quant à Lactalis, malgré sa position de leader, l’entreprise continue à jouer en bas de tableau. Je tiens à féliciter l’ensemble des OP pour tout le travail réalisé et à les encourager à ne rien lâcher, même si le résultat obtenu n’est pas toujours à la hauteur de leurs espérances.

Quelles sont les premières conclusions de cette année 2019 ?

F. V. : Nous allons aboutir pour l’année 2019 à un prix de base moyen qui se scinde en deux groupes. Un groupe d’entreprises qui se situera entre 330 et 335 €/1 000 L et un groupe entre 345 et 350 €/1 000 litres. Globalement, les prix sont en progression par rapport à l’année dernière, mais il reste beaucoup à faire pour que les éleveurs bénéficient d’un partage équitable de la valeur des produits laitiers. On salue les entreprises qui ont affiché un niveau de prix au-dessus de la moyenne et on encourage les autres à se mouiller un peu plus. Surtout que ce ne sont pas les plus petites entreprises qui sont en bas de classement. Tout l’arsenal législatif de la loi Egalim est désormais actif, pour les négociations commerciales qui débutent, il n’y a plus d’excuses audibles. À chacun de prendre ses responsabilités.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

Chiffres records pour Bel, mais prix à la baisse pour les éleveurs
L’assemblée générale de l’organisation de producteurs APBO, livrant chez Bel, s’est tenue la semaine dernière. La baisse du prix…
De l’importance du suivi de chantier
Fabien Jegu s’est installé en Gaec, à Cuillé, en mars 2015. Avec son associé, Marcel Pannetier, ils ont dû adapter leur nouveau…
La filière allaitante inquiète pour son avenir
Alors que le ministère de l’Agriculture a dévoilé de premières réflexions sur l’architecture de la future réforme de la Pac, qui…
De nouveaux modes de logement en bâtiment pour vaches laitières
Le bien-être des animaux nécessite de respecter une alimentation adaptée, un logement confortable, des conditions d’élevage…
Une première démonstration de force
Jeudi 25 mars, devant la préfecture de la Mayenne, à Laval, près de 200 agriculteurs sont venus montrer leur détermination…
Un gain de 4 kg par VL et par jour
En mars, le Gaec de la Leudrie figurait parmi les étapes du Robot day’s de Seenovia. L’exploitation, à cheval entre la Mayenne et…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 89€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53