Aller au contenu principal

Usages de l’eau
Étiage : trois bassins déjà en état de crise

La sécheresse se poursuit et contraint la préfecture de la Mayenne à durcir les restrictions des usages de l’eau. 

© Tom53 via Wikipedia

Au regard de la baisse continue des débits des rivières, les restrictions pour les usages de l’eau s’intensifient en Mayenne. Après les mesures de restrictions prises le 7 juillet dernier, puis celles édictées le 12 juillet, le préfet a arrêté mardi 19 juillet de nouvelles mesures visant à réduire voire interdire certains prélèvements et usages. Finie la vigilance donc, le département est désormais en alerte avec trois bassins hydrologiques placés au stade ultime de crise. 

L’Oudon, la Mayenne médiane et aval, et la Mayenne amont Est en crise

La situation hydrologique s'est notablement aggravée la semaine dernière et ce lundi, avec des températures particulièrement hautes (on a dépassé les 40°C !) et l'absence de précipitations relevée. Tandis que le seuil d’alerte renforcée est atteint pour les bassins hydrographiques de la Mayenne amont ouest et de la Sarthe aval, et le seuil d’alerte atteint pour le bassin hydrographique de la Sarthe amont, trois territoires hydrographiques sont désormais placés en crise. Il s’agit de l’Oudon, la Mayenne médiane et aval, et la Mayenne amont est. Sur les 170 communes ainsi concernées, sont dès lors interdits depuis mercredi sauf exceptions prévues l’irrigation des grandes cultures (lire encadré), l’arrosage des massifs floraux, des terrains de sports et de loisirs, des espaces verts, des pelouses et des terrains de golf, le lavage des véhicules, des voiries et des façades, le remplissage ou la mise à niveau des plans d’eau, le remplissage des piscines privées d’une contenance supérieure à 1 m³ et les mouvements de vannes sur les cours d’eau. L’irrigation raisonnée des plantes au goutte-à-goutte, par micro-aspersion ou sous serres est également interdite. L’arrosage des potagers reste toutefois possible, de 20h à 8h, et limité au strict nécessaire. Les usages de l’eau non strictement nécessaires aux process de production ou à une activité professionnelle doivent être réduits autant que possible.

Des maïs au stade critique de la floraison

Jamais dans son histoire, le département de la Mayenne n’avait dû faire face à de telles mesures de restrictions d’eau si tôt dans la saison. Et malheureusement, ce ne sont pas les quelques mm d’eau tombés dans la nuit de mardi à mercredi sur le département qui viendront inverser les courbes des débits servant de références à l’administration... Comme ils ne viendront pas définitivement sauver les maïs, actuellement en floraison. À partir du stade 8 feuilles et jusqu’au stade mi-montaison, les besoins en eau augmentent très rapidement. Les maïs sont d’ailleurs au maximum des besoins en eau du stade mi-montaison au stade limite d’avortement des grains. La période pré- et post-floraison constitue donc un stade particulièrement sensible au stress hydrique. Sans eau durablement, le nombre de grains par épi pourrait se voir impacté, tout comme in fine le rendement de la production et la valeur alimentaire du fourrage en cas d’ensilage.  

Dernière minute : des dérogations obtenues pour les irrigants 

À la demande de la profession agricole, le préfet de la Mayenne a consenti des mesures exceptionnelles permettant l'irrigation des cultures (aspersion et goutte-à-goutte) sur les trois bassins versants mayennais en crise. Cette dérogation est en outre encadrée par des dates et des heures d’autorisation. 

À savoir : 

Pour les grandes cultures, cultures annuelles, vergers en aspersions hors catégories cultures sensibles et irriguées par des techniques économes :

- irrigation uniquement de 20h à 8h,

- 4 nuits/semaine, soit les nuits suivantes : jeudi 21/07 à vendredi 22/07, lundi 25/07 à mardi 26/07, mardi 26/07 à mercredi 27/07 et mercredi 27/07 à jeudi 28/07.

Pour les cultures sensibles, irriguées au goutte-à-goutte : maintien d'une irrigation quotidienne limitée au strict besoin des productions sur la plage horaire 18h-14h.

Les communes des trois bassins placés en crise

Territoire de la Mayenne amont Est : Ambrières-les-Vallées, Chantrigné, Charchigné, Chevaigné-du-Maine, Couptrain, Crennes-sur-Fraubée, Javron-les-Chapelles, La Pallu, Lassay-les-Châteaux, Le Ham, Le Horps, Le Housseau-Brétignolles, Le Ribay, Lignières-Orgères, Madré, Neuilly-le-Vendin, Pré-en-Pail-Saint-Samson, Rennes-en-Grenouilles, St-Aignan-de-Couptrain, St-Calais-du-Désert, St-Cyr-en-Pail, St-Julien-du-Terroux, Ste-Marie-du-Bois, Thuboeuf, Villepail.

Territoire de la Mayenne médiane et aval : Ahuillé, Alexain, Andouillé, Argentré, Aron, Astillé, Bais, Bazougers, Belgeard, Bierné-les-Villages, Bonchamp-lès-Laval, Bourgon, Brée, Carelles, Chailland, Châlons-du-Maine, Champéon, Champgenéteux, Changé, Château-Gontier-sur-Mayenne, Châtelain, Chemazé, Commer, Contest, Coudray, Daon, Entrammes, Ernée, Évron, Forcé, Fromentières, Gennes-Longuefyue, Gesnes, Grazay, Hambers, Hardanges, Houssay, Jublains, Juvigné, L’Huisserie, La Baconnière, La Bazoge-Montpinçon, La Bazouge-des-Alleux, La Bigottière, La Brûlatte, La Chapelle-Anthenaise, La Chapelle au Riboul, La Chapelle-Rainsouin, La Croixille, La Gravelle, La Haie-Traversaine, La Pellerine, La Roche-Neuville, Larchamp, Launay-Villiers, Laval, Le Bourgneuf-la-Forêt, Le Genest-Saint-Isle, Lévaré, Livet, Loupfougères, Louverné, Louvigné, Maisoncelles-du-Maine, Marcillé-la-Ville, Martigné-sur-Mayenne, Mayenne, Ménil, Mézangers, Montenay, Montflours, Montigné-le-Brillant, Montreuil-Poulay, Montsûrs-St-Cénéré, Moulay, Neau, Nuillé-sur-Vicoin, Olivet, Origné, Parigné-sur-Braye, Parné-sur-Roc, Placé, Port-Brillet, Quelaines-St-Gault, Ruillé-Froids-Fonds, Sacé, St-Baudelle, St-Berthevin, St-Denis-de-Gastines, St-Fraimbault-de-Prières, St-Georges-Buttavent, St-Germain-d’Anxure, St-Germain-le-Fouilloux, St-Germain-le-Guillaume, St-Hilaire-du-Maine, St-Jean-sur-Mayenne, St-Loup-du-Gast, St-Ouen-des-Toits, St-Pierre-des-Landes, St-Pierre-la-Cour, Sainte-Gemmes-le-Robert, Soulgé-sur-Ouette, Vautorte, Villiers-Charlemagne.

Territoire Oudon : Athée, Ballots, Beaulieu-sur-Oudon, Bouchamps-les-Craon, Brains-sur-les-Marches, Chérancé, Congrier, Cosmes, Cossé-le-Vivien, Courbeveille, Craon, Cuillé, Denazé, Fontaine-Couverte, Gastines, La Boissière, La Chapelle-Craonnaise, La Roë, La Rouaudière, La Selle-Craonnaise, Laubrières, Livré-la-Touche, Loiron-Ruillé, Marigné-Peuton, Mée, Méral, Montjean, Niafles, Peuton, Pommerieux, Prée d’Anjou, Renazé, St-Aignan-sur-Roë, St Cyr-le-Gravelais, St-Erblon, St-Martin-du-Limet, St-Michel-la-Roë, St-Poix, St-Quentin-les-Anges, St-Saturnin-du-Limet, Senonnes, Simplé.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

Sylvain Renaud, agriculteur et nouveau maire du Ham, gère une exploitation laitière avec son fils Kévin.
Le Ham. Sylvain Renaud, entre terres et maire

Sylvain Renaud, agriculteur depuis 38 ans dans l'exploitation familiale au Ham, est maire de la commune depuis les dernières…

Carla Martinotti est stagiaire à la Chambre d'agriculture de la Mayenne.
Carla Martinotti sur la piste des choucas des tours

En stage à la Chambre d'agriculture, Carla Martinotti a participé à l'élaboration d'un protocole destiné à estimer la…

Florent Renaudier
« Présenter le travail de l'expérimentation aux agriculteurs »

La Chambre d'agriculture organise une rencontre technique, jeudi 21 mai, sur la plateforme expérimentale de Saint-Fort,…

Benoît Faucon Philippe Carteron Chambre d'agriculture de la Mayenne
Concours au Cima : « Suivre la ligne de conduite de la prévention des risques »

Philippe Carteron, directeur délégué de la Chambre d'agriculture de la Mayenne, rappelle le programme du Cima, et la…

Fabrice Roth DDT Mayenne
Télédéclarations PAC : « Il y a un léger transfert de la bio vers les MAEC »

Alors que la télédéclaration PAC était ouverte jusqu'au 18 mai, Fabrice Roth, chef du service économie et agriculture durable…

Jean-Luc Ronceray ne peut que constater les dégâts. Dans sa parcelle de 30 hectares, les trois quarts des pieds de maïs sont morts, victimes de la mouche geomyza. Au premier plan, certains des rares pieds viables.
Photo en haut à droite :"La mouche a piqué, le ver a fait son effet, le cœur est mort."
En bas à droite, un pied viable, entouré de pieds attaqués par la mouche du semis.
La mouche du semis sans pitié, ses 30 hectares de maïs ravagés

Comme beaucoup d'agriculteurs du département, Jean-Luc Ronceray, céréalier à La Bigottière, n'a pu que dresser le constat…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 110 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53