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Transhumance : « On le fait bien en montagne, alors pourquoi pas chez nous? »

Le 27 juin, Matthieu Virfolet, éleveur laitier bio à Mayenne, a organisé une transhumance afin de transférer ses vaches d’une parcelle pâturable à une autre. Un mois après, il est bien installé dans ses prairies.

Matthieu Virfolet, éleveur laitier à Mayenne, a organisé une transhumance urbaine pour changer ses vaches de parcelles.
Matthieu Virfolet, éleveur laitier à Mayenne, a organisé une transhumance urbaine pour changer ses vaches de parcelles.
© LG

Il y a un mois, le 27 juin, Matthieu Virfolet a fait du bruit dans le département. Éleveur laitier bio à Mayenne, il a fait traverser la ville à ses 50 vaches afin de les conduire dans une autre parcelle pâturable à 4 km de son site principal. Une première dans le secteur.

Simplifier le travail

Matthieu Virfolet s’est converti au bio en 2018. Depuis, ses vaches sont exclusivement nourries à l’herbe et au foin. « J’ai toujours été passionné par la gestion de l’herbe et l’élevage en bio. Ça m’intéresse bien plus que de cultiver du maïs. C’était donc assez logique pour moi d’adopter ce système. » Seulement, l’agriculteur était confronté à une difficulté : ses prairies sont éloignées les unes des autres. « Les années précédentes, j’allais chercher l’herbe à l’aide d’une autochargeuse et je la ramenais sur mon site principal. C’est quelque chose d’assez chronophage. Je faisais le job des vaches. Je perdais du temps et du carburant. Et puis il n’y a rien de mieux que le pâturage pour valoriser l’herbe. »

Rapidement, l’idée d’organiser une transhumance a germé dans l’esprit de l’agriculteur. « On le fait bien en montagne, alors pourquoi pas chez nous ? » Cette année, il a sauté le pas. Ce choix, même s’il a demandé beaucoup de préparations, a simplifié le travail de Matthieu Virfolet. « Je n’ai plus à aller chercher de l’herbe. La gestion de mon lisier est facilitée, car avant les 2/3 étaient à la ferme et je devais le répartir ensuite moimême. Là, en changeant mes vaches de parcelles, cela se fait tout seul. » L’agriculteur se sent également plus épanoui. « Entre ça ou faire du tracteur il n’y a pas photo. »

Si la marche matinale a quelque peu fatigué les vaches, elles ont rapidement retrouvé leurs habitudes. « L’après-midi, elles étaient couchées dans l’herbe, paisibles. » Elles disposent désormais de 21 ha de prairies, et ce jusqu’à octobre « si tout va bien ». « J’ai quand même été un peu pris de court par la sécheresse. Je ne pensais pas devoir les transférer si rapidement. Normalement, je commençais à leur donner l’herbe de ces prairies à partir du 10 ou 15 juillet », avoue l’éleveur.

Traite mobile

Et pour la traite ? Pas question de parcourir la ville tous les jours. Matthieu Virfolet a construit une salle de traite mobile. « J’ai récupéré un plateau de camion, une salle d’occasion que j’ai démontée et le tour était joué. » De chaque côté, des pentes ont été installées pour permettre aux laitières de s’avancer. Si l’une d’elles ne suit pas, Matthieu Virfolet peut compter sur sa fidèle acolyte : Roxanne, une jeune chienne pleine d’énergie.

En monotraite, l’agriculteur se déplace une fois par jour, le matin. « J’ai fait le choix de la monotraite pour que mes vaches ne maigrissent pas trop vite vu que je ne leur donne pas de maïs. » En adoptant ce système, il a certes perdu en production, cependant, il affirme s’y retrouver économiquement. « Je ne fais plus que 150 000 l de lait, mais le produire ne me coûte presque rien. Je n’ai aucune charge. En plus, mes taux sont meilleurs. » Au départ, il a fallu un temps d’adaptation aux vaches pour se faire à cette nouvelle salle. « Elles montaient bien dans le camion, mais elles avaient du mal à se mettre perpendiculairement. Il a fallu 15 jours pour qu’elles prennent le coup. Aujourd’hui, c’est OK. C’est juste parfois la première qui a des difficultés. Mais bon, je savais bien que ça n’allait pas être carré. La vie elle-même ne l’est pas », affirme en riant Matthieu Virfolet. L’éleveur confie tout de même que les premiers jours, le lait comportait davantage de cellules. « J’ai vu qu’avec la marche ça pouvait arriver, mais c’est vite revenu à la normale. »

Pour l’agriculteur, cette expérience est également l’occasion d’opérer un retour à la nature. « Là, c’est ça mon cadre de travail. Mes murs sont des haies et j’ai vu sur des champs. Je peux observer plein d’animaux : des buses, des lièvres, des chevreuils... C’est un vrai confort supplémentaire. »

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