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Tests de diverses cultures de substitution au maïs

Avec le recul de l’élevage et pour valoriser des sols au potentiel limité, deux plateformes ont été développées dans le Sud-Vendée pour comparer les atouts et faiblesses de plusieurs cultures qui pourraient remplacer le maïs.

Le système racinaire du sorgho à gauche et celui du maïs à droite.
Le système racinaire du sorgho à gauche et celui du maïs à droite.
© EB

Dans des terres au potentiel limité, certains agriculteurs cherchent une alternative au maïs et donc une diversification de leur assolement. Jérémy Berthomier, conseiller d’entreprise agricole et agronomie de la Chambre d’agriculture de Vendée, a donc mis en place deux plateformes d’essai de plusieurs cultures afin d’en analyser les avantages et les inconvénients : la première semée en mars avec des protéagineux et des céréales et la seconde le 8 mai.

Le 8 septembre, 2020 c’est sur la deuxième plateforme non-irriguée, à Chantonnay, qu’une visite était organisée avec des agriculteurs et des conseillers d’autres chambres d’agriculture de la région. « Le contexte a été particulier cette année : nous avons eu deux orages avec 60 mm de pluie après les semis. Il a fallu ressemer. Il y a même un drain qui a été bouché sur le haut de la plateforme donc les cultures ont été affectées. »

Dans les sols argileux de Chantonnay et avec cette eau stagnante dans la parcelle suite aux orages, « les racines du maïs se sont arrêtées à un horizon 4-5 cm de profondeur. Cette plante n’a pas la capacité à aller chercher en profondeur de grosses quantités d’eau », précise Jérémy Berthomier. Globalement, les rendements en maïs fourrage tournent autour de 11 t MS/ha, mais « l’élevage est en recul, c’est malheureusement une réalité, donc certains agriculteurs se demandent s’ils font du maïs grain ou s’ils partent sur une autre culture ».

Suite à un couvert végétal de moutarde, trèfle, phacélie, il a donc été semé des cultures de printemps (sorgho, tournesol, soja, mogette, betterave fourragère), mais aussi du pavot, du chia, du quinoa, du sarrasin ou encore du chanvre. « Nous avons déchaumé et passé la herse rotative. Ce résultat est malheureusement dû aux orages. »

Après cette introduction, les conseillers ont présenté les atouts et les faiblesses de chaque culture. Le sorgho fourrage ou grain a une implantation lente, il permet d’étaler les chantiers de semis et de récolte, il valorise les pluies grâce à son système racinaire, mais a besoin de beaucoup d’eau à la levée, il résiste aux températures élevées, n’est pas porteur du piétin échaudage et nécessite peu de produits phytosanitaires.

Le tournesol, lui, casse les rotations et donc le cycle des maladies et des mauvaises herbes, ses racines peuvent aller chercher l’eau en profondeur donc il valorise les terres plus pauvres, mais il est sensible aux maladies de feuillage et est appétant pour les oiseaux. « Il est utilisé pour l’alimentation animale et humaine et il n’y a pas besoin de contrat donc, en termes de marge, il vaut mieux faire 20 q/ha en tournesol que 60 q/ha en maïs. »

Le soja présente un système racinaire intéressant, mais reste sensible au sec malgré tout, il capte l’azote grâce à ses nodosités, il est peu couvrant au début, mais nécessite peu d’intrants et « sans irrigation, c’est un peu compliqué, à moins d’avoir des terres bien profondes ».

À l’issue de ce tour d’horizon et après des échanges avec les agriculteurs présents, le conseiller compte resserrer le champ d’essai et développer des tests sur les itinéraires techniques ou les débouchés de certaines cultures. Peut-être le quinoa, le sarrasin et le pavot qui ont notamment l’intérêt de pouvoir dégager une marge brute intéressante.

Résultats sur céréales et protéagineux

Sur la première plateforme semée en mars, Jérémy Berthomier a profité de ces essais pour tester différentes graminées (orge de printemps, blé tendre, avoine, triticale). « En termes de rentabilité, les orges s’en sortent le mieux », constate-t-il. Pour les protéagineux (lupin, féverole, pois chiche), le rendement du lupin est de 33 q/ha, supérieur à la moyenne, alors que celui du pois chiche est inférieur à la moyenne estimée à 17 q/ha. « Le pois chiche a été compliqué à conduire. Il a eu une moins bonne vigueur au départ et a mis du temps à s’implanter. La déception a surtout été sur le pois de printemps car tout se passait bien jusqu’au moment où l’oïdium a fait son apparition. Nous n’avons quasiment rien avec la féverole de printemps sensible au stresse hydrique. »

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