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Terrena teste le Compact feeding

Mardi 19 novembre 2019, Terrena proposait une journée consacrée aux fourrages et plus particulièrement au Compact feeding, une nouvelle technique d’alimentation venue du Danemark et que le Gaec Huard, à Saint-Pierre-des-Landes, teste juin dernier.

Des vaches qui trient moins et qui ne se jettent plus sur la ration : c’est un des atouts observés après quelques mois de mise en place de Compact feeding ay Gaec Hard de Saint-Pierre-des-Landes.
Des vaches qui trient moins et qui ne se jettent plus sur la ration : c’est un des atouts observés après quelques mois de mise en place de Compact feeding ay Gaec Hard de Saint-Pierre-des-Landes.
© VG

L’aspect est à la fois serré, ferme et léger, tout en étant humide. Au cornadis, les vaches ne trient plus. Elles mangent en commençant par le haut, et non en fouillant et repoussant les aliments moins appréciés… Elles ne se poussent plus non plus pour venir manger dès l’arrivée de la ration. Ces changements d’attitude sont liés à une méthode que, depuis juin dernier, le Gaec Huard, à Saint-Pierre-des-Landes, applique pour nourrir son troupeau de 90 vaches laitières. C’est le Compact feeding. Entendez par là de la nourriture compacte et réhumidifiée (si besoin) au passage à la mélangeuse pour rester (et c’est l’optimum recherché) à 38 % de MS. « On fait une bouillie pour coller le correcteur au fourrage », résume l’un des techniciens de Terrena. La coopérative accompagne les éleveurs dans ce process. Mais il ne s’agit pas seulement d’apporter de l’eau dans la ration — « jusqu’à 3 litres par ration de VL » — dans la mélangeuse ou dans le bol de la désileuse, la préparation d’une bonne ration compactée débute dès la récolte. Parmi les conseils diffusés par Terrena figurent la taille de coupe : « 1 cm pour l’herbe, 0,5 cm pour les maïs », même si, ici, « le maïs est coupé à 9 mm à l’ensilage ». Fini donc les longs brins pour apporter de la fibre. « La fibre est présente, quelle que soit la longueur des fibres. » Ce qui compte avec cette méthode, c’est l’homogénéité du mélange afin d’avoir un aliment compact, comme son nom l’indique, mélange composé d’éléments de même taille.

Betteraves et méteils

Sur cette exploitation, les éleveurs ont diversifié les composants de l’aliment bovin qu’ils distribuent, recherchant un maximum d’autonomie fourragère. En octobre 2018, la ration des laitières change et se décompose ainsi : 11,0 kg de MS de maïs, 3,6 kg de RGI et trèfles enrubannés, 2 kg de MS de betteraves, 0,5 kg de soja à l’auge (plus du soja au Dac) et 450 g de minéral et tampon. Les 101 laitières d’alors produisaient chacune et en moyenne, 20,6 kg de lait par 24 h, avec un TP de 33,4, un TB de 43,6, 8 222 kg de lait brut à 7 % et une marge à la vache de 4,75. Six mois plus tard, les résultats annoncés par Terrena sont les suivants : le Gaec atteint les 24,6 litres de lait/VL, soit une hausse de 19 % de lait lors des 100 premiers jours de lactation, les TP et TB sont respectivement à 35 et 43 (avec les betteraves) et les éleveurs constatent une « amélioration de l’état corporel des animaux ». Les effets bénéfiques de la betterave ne sont pas pour rien dans ces résultats. Fourrage appétant, c’est aussi un concentré énergétique pour le rumen. L’équipe de Terrena a d’ailleurs mis l’accent sur la culture et la récolte des betteraves dans l’un des ateliers proposés. Étaient passés au peigne fin : les variétés principales (avec résistances aux maladies), optimum de semis (entre le 15 mars et le 15 avril sur sol ressuyé et une T ° de 7 à 8 °C, le zéro de germination étant à 3,5 °C), éclatement au bol ou à la mélangeuse, et techniques de conservation en silo (« pas de tas trop hauts » et des cheminées d’aération, car « c’est un fourrage qui a besoin de respirer »).

Autre atelier fourrager, celui consacré aux méteils. Le Gaec Huard sème 25 ha de Primamix, un mélange proposé par Terrena composé de tritciale (34 %) de blé (14 %), de pois fourrager (12 %), de vesce commune (6 %), de vesce Narbonne (30 %) et de trèfles vésiculeux (4 %). La vesce Narbonne est préférée aux féveroles. « Ses graines sont plus petites et de mélangent mieux avec celles des autres espèces du Primamix », explique-t-on chez Terrena. Encore une question d’homogénéité… Côté culture, ces méteils peuvent être semés dès le 15 octobre. Ils se récolent vers le 10 ou 15 mai, « ce qui permet de faire un maïs derrière. Mais on peut aller jusqu’au stade laiteux et moissonner ». Une fois récolté, ce mélange se conservera sans problème en enrubannage (il faut tout de même compter 11 € la boule avec le double film préconiser par Terrena). En silo, il est conseillé d’ajouter un conservateur « en raison de la teneur en sucre ».

Pour Terrena, la méthode du Compact feeding, tel qu’elle est appliquée désormais au Gaec Huard, semble LA solution pour améliorer, non pas le revenu aux 1 000 litres de lait, mais la marge par vache laitière. « Si je veux que ma VL produise du lait, il n’y a qu’un point à faire évoluer : la densité d’énergie », soit l’Ufl/kg de MS dans la ration. C’est le message que Terrena a voulu faire diffuser, et il passe, pour la coopérative, par une amélioration de la ration via la méthode du Compact feeding.

Le Gaec Huard, c’est :

• 2 UTH avec 3 personnes
• 90 vaches laitières : 90 % race montbéliarde, 10 % de Prim’Holsteins
• Référence laitière pour 2020 : 700 000 litres
• Démarche sans Ogm avec Lactalis
• 105 ha de SAU : 45 ha de maïs, 25 ha de méteil (mélange Primamix de Terrena), 7 ha de betteraves, 16 ha de céréales, 21 ha de prairies, 8 ha de ray-grass hybride et trèfle violet
• 1 poulailler Duc de Mayenne
• 1 atelier de 30 taurillons

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