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« S’organiser, parler d’une seule voix et d’apporter des volumes : ça marche ! »

Invité à l’assemblée générale d’Elroc 53 vendredi 25 février 2022, Stéphane Peultier, président de l’Apal (OP de viande bovine région Est) et vice-président de l’AOP Elvea France, s’exprimera sur la contractualisation. 

© Apal

Avec l’Apal, vous êtes l’auteur de la première contractualisation en bœuf avec Lidl, en 2017. Comment cela s’est-il fait ?

S.P. : Simplement lors d’une rencontre. On a convenu d’une gamme, les Limousines, sur le Grand-Est. On a mis 330 éleveurs dans la boucle et aujourd’hui, on est à un peu plus de 1,6 million d’euros de plus-value par rapport à la cotation entre abattoirs. On a commencé à 20 bêtes par semaine, maintenant on tue 45 bêtes par semaine. Cela couvre les trois dépôts et les 180 magasins Lidl du Grand-Est.

 

Sous quelle forme de contrats ?

S.P. : Jusque-là on resigne tous les ans. C’est l’occasion de se voir, de faire le point, d’améliorer les choses.

 

Et avec les autres GMS ?

S.P. : En parallèle on a développé des marques propres avec d’autres GMS. On a développé Les Éleveurs du Grand-Est. C’est une gamme que l’on retrouve dans plus de 200 magasins des enseignes E.Leclerc, Intermarché, Match… C’est du haché Charolais, c’était pour nous une façon de valoriser les vaches charolaises. Autrement, on a une belle pépite, une marque que l’on a créée en 2016 : Le Goût de la proximité. Les animaux sont élevés dans un rayon de 30 km autour du point de vente. Et ce sont les producteurs qui alimentent le magasin.

 

Comment tout cela a-t-il été possible ? Quel est votre secret ? Votre force ?

S.P. : On est issu de la fusion de trois associations et cela fait longtemps que l’on est structuré sur la région administrative, sur les dix départements. On s’est régionalisé. Je pense que c’est un peu notre force aujourd’hui. On a un potentiel de production dans les mains et on peut répondre à toute demande dans la région, pour toutes les enseignes. Avec le recul, je me dis que c’est vraiment une chance.

 

Vos contrats partent-ils des coûts de production ?

S.P. : On essaie au maximum de passer le coût de production dans nos contrats. On a toujours fait des choses qui rémunéraient, avec un différentiel qui dépasse d’environ 200 € par animal par rapport à ce qui se pratique couramment dans la région. On est même parfois monté à une plus-value de plus 300 € par animal.

 

La contractualisation est devenue obligatoire. Comment y aller ? Seul ? En OP ?

S.P. : Clairement, je défends la position des contrats-cadres menés par les OP. Il vaut mieux que les éleveurs aient des contrats à l’intérieur des contrats-cadres. Car s’est planifié, organisé. Il faut quand même servir les abatteurs 52 semaines par an. Tout seul, vous ne pouvez pas le faire sérieusement.

 

Elvéa, dont l’Apal et Elroc 53 sont adhérentes, est reconnue comme AOP. Est-ce utile ?

S.P. : Oui, car je pense que cela va faciliter les choses au niveau national. Le but, c’est cela : amener des volumes et parler d’une seule voix. L’AOP est donc une opportunité pour Elvéa.

 

Un conseil pour les éleveurs que vous rencontrerez vendredi prochain ?

S.P. : Je peux apporter la preuve que le fait de s’organiser, de parler d’une seule voix à des centrales d’achat, à des enseignes, et d’apporter des volumes : ça marche. Si je n’avais pas eu 330 éleveurs de Limousins pour contractualiser avec Lidl, je n’aurais rien pu faire dans la région. C’est comme cela que l’on a réussi à faire quelque chose.

 

 

 

 

 

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