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Réussir son semis pour réussir sa culture

De la préparation de sol au réglage du fertiliseur, les choix effectués lors de l’implantation du maïs sont déterminants pour la mise en place de la culture et sa réussite finale.

© Guillaume Rocher

Préparation de sol : obtenir une levée homogène et un bon enracinement

Les passages d’outils viseront à obtenir une terre ameublie en profondeur et rappuyée, et un profil de sol homogène, sans discontinuité entre le lit de semence et l’horizon travaillé. On veillera à créer suffisamment de terre fine dans le lit de semence pour favoriser le contact entre la graine et le sol, en laissant des mottes en surface, notamment dans les sols battants. Le travail en conditions bien ressuyées permet d’éviter tassement et lissage, préjudiciables à un bon enracinement et donc à l’alimentation de la culture.

Profondeur de semis : viser 4-5 cm

Afin de garantir une levée rapide et homogène, la semence doit être positionnée dans la terre fine, au contact de l’humidité et dans des conditions d’aération suffisante. Le semis doit être suffisamment profond (4 à 5 cm) pour limiter les dégâts de gel, d’oiseaux ou de desséchement du sol. À l’inverse, il ne doit pas être trop profond (au-delà de 6-7 cm) pour limiter l’épuisement des réserves de la graine, réduire la durée de levée et l’exposition aux ravageurs du sol. Par un bon réglage de la profondeur et une vitesse de semis raisonnable, on obtiendra un enterrage régulier des graines, propice à une levée synchrone, ce qui est un objectif important.

Vitesse de semis : sans excès

Pour garantir un semis homogène, il est recommandé de ne pas dépasser, en bonnes conditions, 7-8 km/h avec un semoir conventionnel. En conditions plus difficiles, la vitesse sera réduite à 5 km/h. Disponibles depuis quelques années, de nouveaux semoirs permettent de semer plus vite grâce à des dispositifs qui limitent le pianotement des éléments semeurs à l’origine d’irrégularités de répartition et surtout de profondeur de semis. En conditions optimales, ces semoirs autorisent de bonnes performances à des vitesses élevées (jusqu’à 15 km/h). Mais quand les conditions sont difficiles (mottes, cailloux…), mieux vaut ne pas dépasser les 10-11 km/h.

Engrais starter : bien le positionner

En cas d’utilisation d’engrais starter, c’est l’élément phosphore qui, quand il est localisé à proximité de la plante, apporte un supplément de vigueur au départ et un gain de précocité (floraison et récolte). Deux types de produits peuvent être utilisés : l’engrais type 18-46 et le microgranulé. L’engrais starter classique, type 18-46, est distribué par le système de fertiliseur du semoir. On cherche à placer l’engrais suffisamment près de la graine pour que les premières racines y trouvent facilement le phosphore, mais pas trop près pour éviter l’absorption trop importante d’azote sous forme ammoniacale (risque d’intoxication de la plantule). En pratique, on vise 5 cm sur le côté et 5 cm en dessous de la ligne de semis. Le microgranulé starter est réparti par le distributeur de microgranulés insecticide. Dans ce cas, l’engrais est localisé dans la raie de semis, à côté de la semence. Compte-tenu de leur composition et de leur dose d’utilisation, les microgranulés starter apportent une dose faible de phosphore, de l’ordre de 10 unités/ha P2O5. Quand le sol est déjà bien pourvu en phosphore, ce qui est le cas de la majorité des parcelles dans les exploitations de polyculture-élevage, cette faible dose est suffisante pour obtenir un gain de vigueur au départ et un gain de précocité. Dans ces mêmes conditions de sol bien pourvu, un effet starter identique peut être obtenu avec 25 unités de P2O5 apportées sous forme d’engrais 18-46 ou sous forme de super 45. Le coût par hectare est alors proche de 25-27 €/ha, soit moitié moins qu’avec un microgranulé starter. Dans les sols moins bien pourvus en phosphore, une dose de 50 unités de P2O5 peut être nécessaire pour obtenir un réel effet starter.

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