Aller au contenu principal

« Remettre en avant les sujets de souveraineté alimentaire » 

Interview de Arnaud Rousseau, premier vice-président de la FNSEA et président du groupe Avril.

Vous avez assisté au CA de la FDSEA 53. Quel est votre bilan ?

Arnaud Rousseau : Nous avons abordé trois sujets, celui de FNSEA 2025 avec les problématiques de relances syndicales et d’organisation du réseau, le sujet de la Pac et puis les questions d’organisation de filières avec le groupe Avril comme exemple. Sur ces sujets actuels, il y a un niveau de recul et de maturité intéressants. On est toujours à la croisée des chemins entre l’organisation structurelle de notre syndicalisme et les préoccupations « normales » de la vie d’une ferme. On recroise la mission de la FNSEA sur le goût d’entreprendre en agriculture avec la place du territoire. J’ai trouvé ça éclairant. Puis, pour moi, c’est toujours important de comprendre les ressentis du terrain.

 

Au sein du groupe Avril, comment vivez-vous la crise céréalière ?

A.R. : Comme tout le monde, avec des contraintes subies qui sont les conséquences du Covid et de la guerre en Ukraine, mais aussi comme une opportunité de pouvoir remettre en avant les sujets de souveraineté alimentaire, les thèmes autour de l’énergie et notamment du remplacement de l’énergie fossile par de l’énergie renouvelable avec les biocarburants. C’est aussi l’occasion de réinterroger les consommateurs qui avaient oublié les sujets de pénurie ou d’alimentation. Conserver une agriculture de production variée sur l’ensemble du territoire, c’est une richesse pour la France. Nombre de nos concitoyens ne voyaient pas où était l’enjeu. Maintenant qu’il y a de la tension, de l’inflation, la problématique alimentaire est centrale.

 

Cela a-t-il bouleversé le fonctionnement de votre entreprise ?

A.R. : Nous ne mettons plus d’huile de tournesol dans les biocarburants. La primauté est de nourrir et consacrer l’essentiel des volumes à l’alimentation pour éviter la pénurie. Le sentiment de pénurie a généré des actes de consommation excessifs qui ont conduit à des ruptures d’alimentation. Nous avons des outils logistiques (usines ou transports) qui ont tourné à plein, mais qui n’étaient pas en capacité d’alimenter la demande alors même que l’on était en possession de l’huile de tournesol. Ces réflexes de panique ont conduit à des défis de logistique et de production énormes alors que le produit était disponible. Autre sujet central : la capacité à répercuter la hausse auprès de la grande distribution. Quand le prix des graines monte, il faut que la grande distribution et le consommateur acceptent d’en payer le prix.

 

Avez-vous peur de perdre votre rôle de leader dans le biocarburant ?   

A.R. : Non, car les biocarburants continuent à répondre à un enjeu qui s’est renforcé, celui de la moindre dépendance aux énergies fossiles. Dans le cadre des mobilités, il convient d’apporter des réponses immédiates avec du renouvelable et c’est ce que l’on fait avec les biocarburants. Quant à perdre notre capacité de leader, il n’y a pas de craintes, seulement des enjeux. C’est à nous de faire en sorte que ça n’arrive pas en étant bon sur le plan opérationnel, en étant suffisamment clairvoyant pour réaliser les bons investissements. Conserver une industrie lourde en France maillant le territoire, dans ces moments de défis de souveraineté alimentaire, ça reste une arme très conséquente pour la France. Peut-être l’avait-on oublié quand on voit que depuis des années on délocalise tout un tas de productions.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

Sylvain Renaud, agriculteur et nouveau maire du Ham, gère une exploitation laitière avec son fils Kévin.
Le Ham. Sylvain Renaud, entre terres et maire

Sylvain Renaud, agriculteur depuis 38 ans dans l'exploitation familiale au Ham, est maire de la commune depuis les dernières…

Carla Martinotti est stagiaire à la Chambre d'agriculture de la Mayenne.
Carla Martinotti sur la piste des choucas des tours

En stage à la Chambre d'agriculture, Carla Martinotti a participé à l'élaboration d'un protocole destiné à estimer la…

Benoît Faucon Philippe Carteron Chambre d'agriculture de la Mayenne
Concours au Cima : « Suivre la ligne de conduite de la prévention des risques »

Philippe Carteron, directeur délégué de la Chambre d'agriculture de la Mayenne, rappelle le programme du Cima, et la…

Fabrice Roth DDT Mayenne
Télédéclarations PAC : « Il y a un léger transfert de la bio vers les MAEC »

Alors que la télédéclaration PAC était ouverte jusqu'au 18 mai, Fabrice Roth, chef du service économie et agriculture durable…

La loi d'urgence agricole adoptée en première lecture
Les députés ont adopté le 2 juin, en première lecture, le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté…
Jean-Luc Ronceray ne peut que constater les dégâts. Dans sa parcelle de 30 hectares, les trois quarts des pieds de maïs sont morts, victimes de la mouche geomyza. Au premier plan, certains des rares pieds viables.
Photo en haut à droite :"La mouche a piqué, le ver a fait son effet, le cœur est mort."
En bas à droite, un pied viable, entouré de pieds attaqués par la mouche du semis.
La mouche du semis sans pitié, ses 30 hectares de maïs ravagés

Comme beaucoup d'agriculteurs du département, Jean-Luc Ronceray, céréalier à La Bigottière, n'a pu que dresser le constat…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 110 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53