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AG de Groupama
Quelle gestion des risques en Mayenne ?

Groupama Centre Manche a tenu son assemblée générale départementale mercredi 28 janvier, à l’Ateliers des arts vivants à Changé. L’occasion de faire le point sur l’année écoulée, et d’aborder le sujet de la gestion des risques sur le territoire.

L’assemblée générale départementale de Groupama Centre Manche, mercredi 28 janvier à l’Atelier des arts vivants à Changé, a évidemment permis de revenir sur les épisodes climatiques de l’année passée, et notamment les épisodes de grêle. Thierry Blanchard, président de Groupama Mayenne, n’a d’ailleurs pas manqué, en introduction, de rappeler entre autres « l’exemplarité » des élus en réponse à ces événements. Lors de cette AG, une table ronde autour de la gestion des risques par les territoires a été organisée. « Nous avons la responsabilité de bâtir des territoires plus résilients et solidaires », s’est exprimé Thierry Blanchard.

Le colonel Xavier Dumolard de Bonviller, commandant du Groupement de Gendarmerie de la Mayenne ; le lieutenant Jean-Paul Lechevallier, officier de soutien territorial au Sdis (Service départemental d’incendie et de secours), et Pauline Bocquet, directrice de cabinet de la préfète, ont pris place devant l’auditoire afin de répondre aux questions de Johann Koullepis, journaliste chroniqueur et animateur de la table ronde. Pauline Bocquet a rappelé le rôle de coordination des services de l’État « avec l’ensemble des forces de sécurité », et l’intérêt de « travailler sur les crises traversées pour mieux préparer celles à venir ».

Une hausse de la délinquance

Le colonel Mollard de Bonviller, numéro 1 des 400 gendarmes que compte le département, a donné quelques chiffres : « Nous sommes sur une hausse de 5 % de la délinquance générale, avec environ 8 300 délits en 2025. La Mayenne est une zone de prédation pour des auteurs de délits qui viennent parfois de loin. » Et de noter l’exemple des nombreux vols commis dans les véhicules d’artisans : « Le préjudice, rien qu’avec l’outillage, peut atteindre jusqu’à 50 000 euros. Ce sont des bandes qui agissent, souvent avec des mineurs. » L’an dernier, les cambriolages chez les particuliers ont connu une forte hausse, tout comme les violences sexuelles (+ 40 %), et 17 personnes ont perdu la vie sur les routes du département.

Les pompiers, quant à eux, ont enregistré près de 22 000 interventions en 2025, dont 80 % pour des secours à personnes, 1 400 accidents de la circulation, ou encore près de 1 100 interventions diverses, incluant celles liées aux aléas climatiques. Au quotidien, le Sdis s’appuie sur « le Schéma départemental d'analyse et de couverture des risques, un document qui permet d’analyser les risques du territoire, indique le lieutenant Lechevallier. Il permet d’apporter la réponse opérationnelle la plus adaptée selon le type de sinistre. »

Se préparer à la cybercriminalité

Et l’un des principaux risques, en Mayenne, est celui de l’inondation, comme l’indique la directrice de cabinet de la préfète. Elle est complétée par le sapeur-pompier : « En Mayenne, nous réalisons de la planification : quelles zones pourront être impactées dans les prochaines années ? Comment construire nos villes demain ? Comment dévier l’eau ou l’absorber grâce à des zones tampons ? » Ensuite, on retrouve « les risques industriels et sanitaires (humains et animaux) », poursuit Pauline Bocquet. Sans oublier celui de la cybercriminalité, auquel « les entreprises doivent se préparer », prévient le colonel de Gendarmerie, qui ajoute que ses services peuvent aider à cela.

Enfin, concernant la sécurité routière, la Gendarmerie regrette que certains messages de prévention ne passent pas : « Tout le monde sait qu’il ne faut pas boire d’alcool avant de conduire. Pourtant, on ne constate aucune baisse des infractions. De plus, nous n’avons jamais autant verbalisé pour l’utilisation du téléphone au volant. » Du côté des pompiers, comme l’indique le lieutenant Lechevallier, « face à l’évolution des véhicules, et notamment ceux du milieu agricole qui ont pris un peu d’embonpoint au fil des ans, nous devons continuellement évoluer de notre côté. Aujourd’hui, quand on arrive sur une intervention, on sort la tablette pour savoir où agir afin de limiter les risques et définir la meilleure stratégie d’extraction. »

Penser à la ceinture de sécurité

Les risques émergents ont été abordés en fin de table ronde. Comme les batteries d’ordinateur, de téléphone ou d’outillage, qui peuvent prendre feu. Ou encore les vols dans les exploitations agricoles. « Les malfaiteurs vont au bon endroit au bon moment, il y a toujours du repérage en amont. D’autant qu’il est complexe de sécuriser une exploitation », précise le colonel de Bonviller, qui ajoute : « Je rappelle aux agriculteurs l’importance du port de la ceinture de sécurité, un fondamental qui n’est malheureusement pas intuitif. » Comme l’a indiqué Pauline Bocquet pour conclure, « évoquer les risques, ce n’est pas forcément être anxiogène, c’est se préparer à leur éventualité ».

Une hausse du nombre de sociétaires

Après une année marquée par les aléas climatiques, Pascal Loiseau, directeur général Groupama Centre Manche, a tenu à remercier les estimateurs : « Votre mobilisation et votre professionnalisme sont exemplaires. Dès lors qu’il y a un désordre de cette ampleur, nous sommes tout de suite auprès de nos clients pour leur offrir une possible réparation. » Il poursuit : « Même si les équilibres restent fragiles, Groupama Centre Manche se porte bien. Il faut maintenir notre capacité à anticiper, dialoguer et défendre nos positions pour préserver notre compétitivité. » Groupama Centre Manche a gagné 1 546 sociétaires l’an passé, soit deux fois plus qu’en 2024. Le chiffre d’affaires, à 633 millions d’euros, est en hausse de 4,6 %. Les aléas climatiques pèsent dans les comptes : plus de 100 millions d’euros en 2025. « En temps normal, on devrait être de l’ordre de 50 à 60 millions d’euros », précise Pascal Loiseau. Enfin, Groupama Centre Manche réaffirme sa place de leader sur le marché agricole : les agriculteurs actifs assurés sont plus nombreux en 2025 qu’en 2024.

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