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Quel prix pour l’herbe en 2021 ?

Chaque printemps, des éleveurssouhaitent vendre ou acheter de l’herbe sur pied ou récoltée. Les transactions concernent généralement de la prairie naturelle mais peuvent aussiconcerner des prairies temporaires. Connaitre les coûts de production de l’herbe permet de contractualiser sur des bases objectives et cohérentes. 

© VN

Les transactions s’appuient sur la loi de l’offre et de la demande mais aussi sur le coût de production. Le prix de l’herbe sur pied doit être un compromis entre :

- un prix plancher qui doit permettre au vendeur de couvrir les charges engagées sur la prairie et rémunérer son travail,

- un prix plafond, pour l’acheteur, au-delà duquel l’achat n’est pas économiquement intéressant.

L’acheteur peut trouver un autre produit de valeur équivalente à un même prix.

 

Prix plancher : 50 à 65 €/t MS pour l’herbe sur pied

Le prix plancher varie principalement en fonction du niveau de rendement. Il se situe autour de 50 €/t MS pour une prairie naturelle ou temporaire de longue durée. Et autour de 65 € /t MS pour une prairie temporaire de type RGI 18 mois. Ces prix plancher peuvent varier d’une ferme à l’autre en fonction des rendements, des coûts de production et des éléments intégrés dans les calculs.

 

Frais de récolte 2021 : 55 à 85 €/t de MS

Pour ceux qui vendent de l’herbe après récolte, il est nécessaire de rajouter aux coûts précédents, les coûts de récolte pour aboutir à un coût de l’herbe récoltée. L’approche se base sur les tarifs actualisés issus du BCMA et des réseaux Cuma des Pays de la Loire. Ils ont été appliqués aux rendements habituellement observés pour chaque type de récolte pratiqué dans les fermes de la région. 
L’enrubannage est plus cher qu’un foin ou qu’un ensilage d’environ 20-30 €/t MS, sauf pour les petites coupes de 1 à 2 t MS. La baisse des frais de récolte avec l’augmentation des rendements ne doit pas pour autant inciter à récolter tardivement car la valeur alimentaire peut chuter rapidement avec l’avancement du stade de récolte.

 

Prix plafond : 130 à 170 €/t MS selon les fourrages récoltés 

Le prix plafond des différents fourrages peut être estimé en calculant le coût de remplacement de l’herbe (ensilage ou foin ou enrubannage) par un mélange d’aliments simples (paille, blé, tourteau de soja, urée).

La nouvelle ration est calculée avec des valeurs alimentaires (énergie, azote) et d’encombrement équivalents. Le coût de remplacement de l’herbe peut s’établir pour le printemps 2021 avec de la paille à 100 €/t (livrée sur la ferme) + du blé estimé à 200 €/t au port (- 30€ frais approche et +25 €/t de broyage aplatissage) et un prix du tourteau de soja estimé à 400 €/t au port.

On peut en déduire un coût par kg de MS d’herbe « remplacée » ou prix plafond au-dessus duquel il est plus intéressant d’utiliser d’autres matières premières. Un écart de prix de + ou – 30 €/t sur

le soja engendre une variation de prix plafond de + ou – 5 €/t de MS pour les foins de bonne qualité et enrubannages jeunes. Et peu de variation pour les autres fourrages. Ce prix plafond ne tient pas compte des tensions entre l’offre et la demande sur le marché. En dehors du déshydraté, le prix plafond des autres types d’herbe récoltée oscille entre 130 et 170 €/ t MS.

 

Trouver un compromis entre acheteur et vendeur

La synthèse de ces deux approches permet de trouver un compromis cohérent. Dans les cas où les prix plafonds et prix planchers se rapprochent (enrubannage, foin et ensilage de qualité moindre), il est aussi intéressant économiquement d’acheter des concentrés ou d’apporter une ration paille ou foin de qualité moyenne + soja et céréales pour les génisses. 

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