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Pâturer plus avec un stock d’herbe sur pied pour l’été

Avec les étés plus ou moins secs que nous connaissons, la période d’affouragement d’été est souvent de plus en plus longue. Récolter du foin et  le redistribuer deux semaines plus tard pose  une vraie question. Faire des stocks d’herbe sur pied pour prolonger le pâturage en été permet des économies. Le choix des parcelles s’anticipe et c’est un levier pour baisser le coût alimentaire.

© CAPDL

Le principe, il s’agit de laisser s’accumuler de l’herbe pendant que la croissance est supérieure aux besoins des animaux, de mai à juin (voire en juillet cf. contexte 2021), pour la consommer plus tard lorsque la pousse de l'herbe redeviendra inférieure à la consommation des animaux.

Adapté principalement aux élevages avec au moins 35-40 ares d’herbe/UGB

La réalisation de stocks sur pied est possible en élevages allaitants et laitiers ayant au minimum 35-40 ares d’herbe par UGB. Il est adapté à des animaux à besoins plutôt modérés, pour lesquels le fourrage pâturé sera a minima aussi bon que le foin qui aurait pu en être fait : génisses, vaches ou brebis gestantes, bœufs... Il est aussi possible avec des vaches ou chèvres laitières en adaptant la complémentation au niveau de production. Un fourrage de haute valeur (colza ou TV) peut aussi se faire consommer sur pied uniquement si l’on peut ajuster à la journée sa consommation.

Choisir des parcelles profondes riches en légumineuses

Choisir des parcelles avec une réserve en eau qui permette un prolongement de la croissance en début d’été. Dans les parcelles superficielles de moins de 20 cm de profondeur, sableuses ou très caillouteuses, l’herbe risque de dessécher rapidement les jours de forte chaleur.
En décalant le pâturage, le stade des graminées avance et elles perdent en valeur alimentaire. Pour limiter cette baisse de valeur, privilégier les prairies riches en légumineuses (40 à 50%), qui contribuent fortement à la biomasse en été. les légumineuses pérennes conservent leur valeur alimentaire plus longtemps que d’autres : même au stade floraison le trèfle blanc est proche d’1 UFL. On préfèrera des mélanges multi-espèces à base de graminées non remontantes telles que le dactyle, la fétuque élevée, la fléole. Attention à la remontaison de certaines variétés de ray gras anglais.
Éviter les parcelles à rumex ou chardons, car le temps de repousse important limitera la facilité de leur gestion.

Dans la conjoncture actuelle, la maitrise du coût alimentaire est essentielle. L’herbe pâturée est et restera un axe fort de réduction de charges tout en apportant de la protéine. Allonger la saison de pâturage reste toujours bénéfique aux animaux et à la maîtrise des charges.

 

 

En pratique :
  • Avoir coupé une majorité des épis par la fauche ou le pâturage. Les stocks sur pied sont idéalement constitués après un pâturage ou une fauche précoce en mai.
  • Avoir accumulé suffisamment d’herbe sur les parcelles en remontant tranquillement la hauteur de pâturage ou en allant dans une parcelles plus haute pour laisser le reste monter : début juillet, disposer d’au moins 30 jours d’avance au pâturage, voire 40 jours en zone plus séchante.
  • Utiliser un fil avant pour éviter le gaspillage d’herbe du fait des hauteurs d’herbe importantes, souvent supérieures à 15 cm.
  • Utiliser aussi un fil arrière si les animaux y passent plus d’une semaine ! Laisser piétiner les animaux pendant 3 semaines pour revenir boire en entrée de parcelle va fatiguer la parcelle en été, c’est la saison la plus éprouvante pour les prairies et donc un facteur majeur de dégradation des prairies. Cela implique de déplacer l’abreuvoir ou de créer un couloir temporaire sur les grandes parcelles.
  • Eviter de dépasser 60 jours de temps de repousse (50 jours en RGA-trèfle blanc).
  • S’adapter à la proportion de trèfle : c’est lui qui maintient la valeur de la prairie. Si le taux est faible (moins de 40 %), exploiter la parcelle plus tôt ou la réserver aux animaux à besoins modérés.
  • Garder la hauteur de sortie habituelle pour faciliter la repousse si par opportunité il y a.
  • Ajuster les horaires de pâturage avec la météo.

 

 

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