Aller au contenu principal

Charte phytos
Participez massivement à la consultation

Suite aux injonctions du Conseil d'État de revoir la charte d'engagement des utilisateurs de produits phytosanitaires, une nouvelle version est actuellement proposée.

Depuis 2020, l’utilisation des produits phytosanitaires est soumise à des règles pour protéger les personnes vivant à proximité des parcelles. Des chartes départementales sont prévues par la réglementation, pour préciser les engagements des utilisateurs et le cadre des dérogations. Une première version parue en 2020 doit être mise à jour à la suite d’évolutions exigées au niveau national. Un nouveau modèle de charte est notamment proposé au préfet de Mayenne qui mène, depuis le 12 juillet et ce jusqu'au 24 août inclus, une consultation publique sur le site de la Préfecture.

Les évolutions

L’arrêté national intègre désormais les « lieux accueillant régulièrement des travailleurs », sans qu’une définition précise soit donnée. Auprès de ces lieux, les distances de traitement à respecter sont les mêmes qu’auprès des zones d’habitations. Les lieux accueillant des groupes de personnes vulnérables (écoles, maisons de retraite, maisons de santé…) sont également concernés. Deuxièmement, pour les produits CMR2 (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques), des ZNT (zones de non traitement) spécifiques à chaque produit seront définies par l’Anses en fonction du profil des molécules, inscrites sur les emballages, et applicables à partir d’octobre. À défaut de distance définie à cette date, par défaut il faudra appliquer une distance de 10 mètres à partir d’octobre 2022. Le cadre national impose d’intégrer aux chartes des modalités d’information préalable au traitement. Le choix a été fait de proposer un système à deux niveaux : une information collective sur les périodes de traitement par un bulletin de la Chambre d’agriculture, et un moyen individuel. La charte précise : « Différents moyens de type visuel ou numérique peuvent être mis en œuvre, seuls ou en association. Il peut s’agir, par exemple, de l’utilisation du gyrophare sur le tracteur. »

Concernant les distances (résumées dans le schéma ci-dessus), la charte prévoit une exception à l’obligation de distances pour les grandes propriétés. « S’il s’agit d’une très grande propriété, et sous réserve de l’accord du ou des riverains, seule la zone d’agrément est à protéger par des distances de sécurité. Les distances de sécurité sont alors incluses dans la partie de la grande propriété non destinée à un usage d'agrément. » Cette obligation d’accord des riverains a été ajoutée par l’administration contre l’avis de la profession, car elle complexifie la mise en œuvre de la mesure. Dans la version précédente de la charte (2020), il existait une possibilité de faire signer au riverain un accord pour traiter jusqu’à la limite de propriété. Cette option n’est plus possible, car pas jugée non conforme juridiquement au cadre national. Enfin, la profession avait proposé un paragraphe concernant les maisons secondaires, qui a été rejeté par l’administration. Il était formulé de cette manière : « En cas de caractère irrégulier ou discontinu de l’occupation d’un bâtiment habité, les traitements peuvent être effectués en limite de propriété, dès lors que le bâtiment n’est pas occupé le jour du traitement. »

Une mobilisation nécessaire

« Il est important que les agriculteurs mayennais participent massivement à cette consultation publique, pour exprimer leur ressenti sur ce nouveau document. Nous n’avons pas été entendus sur tous les points, notamment sur les exceptions aux distances, et nous comptons sur cette mobilisation pour faire bouger les lignes ! », explique Florent Renaudier, président de la FDSEA 53. La charte est en ligne sur le site de la préfecture. Chacun peut présenter en quelques mots son exploitation, sa situation vis-à-vis de ces règles, et indiquer ses remarques. « Les deux points les plus importants sont : demander de réintégrer le paragraphe permettant de traiter en limite de propriété pour les lieux occupés de manière irrégulière et en l’absence des personnes. Et deuxièmement : demander que les distances soient appliquées uniquement sur la zone d’agrément dans le cas des grandes propriétés, conformément au cadre réglementaire, sans qu’un accord soit demandé de manière systématique pour simplifier la mise en œuvre », résume Florent Renaudier. On peut rappeler également la volonté d’éviter les dérives par des moyens techniques, tout en limitant les surfaces non cultivées. Il est important de préciser qu’il serait impossible à grande échelle de prévenir individuellement les riverains et personnes présentes (comme pourtant souhaité par plusieurs associations), et que la solution du gyrophare permet simplicité et flexibilité. Pour l’instant les haies ne sont pas reconnues comme dispositif antidérive, dans l’attente d’une étude en cours sur leur efficacité. On peut rappeler le souhait de la profession de voir aboutir cette étude au plus vite.

Modalités pratiques :

Pour donner son avis, au plus tard le 24 août (inclus), il faut adresser un mail à l'adresse ddt-seb@mayenne.gouv.fr ou un courrier à la DDT de la Mayenne, Service Eau et Biodiversité, Cité administrative - rue Mac Donald – BP 23009 - 53063 LAVAL Cedex 9.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

Quel prix pour le maïs sur pied en 2022 ?
Les prix du maïs sur pied et en silo s’estiment en général selon un prix d’équivalence qui est obtenu par le producteur, par la…
Ensilages : premiers chantiers dès ce vendredi
En Mayenne, les premiers gros ensilages de maïs débutent ce vendredi et la semaine prochaine au sud Mayenne. Les agriculteurs…
Sécheresse : la profession demande de la souplesse et des mesures !
Face à la sécheresse qui frappe actuellement la Mayenne et plus globalement la France, la FDSEA 53 et les JA 53 demandent de la…
Récoltes : premier bilan des moissons
La saison des moissons des cultures implantées cet hiver arrive à son terme pour la majorité des agriculteurs mayennais. L’…
Cima 2022 : tour d'horizon des concours départementaux
En dehors du National Blonde d’Aquitaine, les concours départementaux ont rythmé le week-end du Cima. Concours des races bovines…
Éleveur et pasteur, la drôle de vie de Philippe Duroy
Philippe Duroy a un parcours pour le moins atypique. Ce Mayennais d’origine, né à Laval, est aujourd’hui éleveur de bovins en…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53