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Action en GMS
Origine des produits : inspecter chez Lidl, ça vaut le coup

« Lidl, ça vaut le coup », tel est le slogan de l’entreprise de distribution allemande depuis septembre dernier. Pour le réseau syndical FDSEA-JA 53, l’action menée jeudi 29 janvier valait le coup, là aussi. En effet, de nombreux produits étrangers ont été vidés des rayons du magasin de Saint-Berthevin.

Si l’enseigne de grande distribution Lidl se targue de proposer « plus de 140 fruits et légumes en supermarché chaque jour » origine France, comme le laisse présager une affiche en magasin avec une productrice de tomates d’Ille-et-Vilaine, ce n’est visiblement pas le cas pour la viande et les produits laitiers. En action GMS le jeudi 29 janvier dans le Lidl de Saint-Berthevin, une douzaine d’agriculteurs venus de Loiron, Château-Gontier et Ernée sont tombés, au cours de leur visite, sur du jambon d’origine Autriche/ Allemagne/Belgique/ Pays-Bas, de la saucisse de Lyon d’origine Allemagne/ Pays-Bas/Belgique/France/ Pologne/Danemark, des aiguillettes de poulets élevés et abattus en Allemagne, de la « spécialité hachée à base de viande de poulet » d’origine UE, des nuggets de poulet épicés à base de viande issue de l’UE, du Brésil et de la Thaïlande… 

« C'est le dépaysement le plus complet » 

Suite à cette nouvelle opération de contrôle des origines des produits dans les rayons des GMS de la Mayenne, la FDSEA et les JA 53 fustigent les provenances des viandes proposées au Lidl de Saint-Berthevin : « C'est le dépaysement le plus complet ! » Pour Vincent Noël, éleveur de bovins et de porcs à Beaulieu-sur-Oudon et présent à cette mobilisation, le constat est amer : « Chez Lidl France, les rayons sont bien moins aux couleurs bleu-blanc-rouge que par le passé », commente-t-il sur X en rappelant l’importance de « Manger français ». Contacté le lendemain, il nous partage son analyse à froid. Sur la volaille, tout d’abord : « Il n’y a pas de problème d’étiquetage en soi, mais c’est tendancieux. Encore une fois, les GMS jouent sur cette confusion entre les logos. La typologie des étiquettes est quasi identique, mais on retrouve un produit origine France juste à côté d’un produit étranger, dans le même bac. La différence n’est pas claire et peut piéger le client. S’il n’est pas averti, il pense acheter français. Ces étiquetages similaires portent clairement à confusion et la différence est quasiment invisible à l’œil nu ». 

Le porc et les produits laitiers pas en reste 

En inspectant les produits à base de porc, Vincent Noël et ses camarades ont remarqué la même confusion qu’en volaille. « En achetant du Fleury Michon ou du Saint Alby, honnêtement, le client pense acheter français. Mais non. Nous avons constaté beaucoup d’origines UE sur des produits qui sont, pourtant, de marques françaises », complète l’éleveur. Concernant le lait, « les origines sont bonnes », confirme Vincent Noël. Cette fois, ce sont les prix qui posent problème. « On trouve du lait Envia à 0,92 euro et un autre à 0,96 euro le litre. Moins d’un euro, c’est insuffisant pour rémunérer correctement un producteur laitier », considère-t-il. Pour le beurre, les origines, là aussi, sont douteuses. « Le lait vient d’origines différentes : France, Belgique, PaysBas, Allemagne, Irlande, Royaume-Uni, Espagne et Portugal ». Parmi les autres indignations relevées par les agriculteurs mobilisés, on peut noter des crevettes indiennes ou encore des pizzas surgelées dont la provenance pose question. « Il n’y a pas grand-chose de français dans les rayons. Même pour les pâtes à pizza ! » Qualifiés d’« hors-normes », mais pas pour les bonnes raisons, certains produits ont été tout simplement bâchés en rayon par les agriculteurs présents, sans être retirés. « Nous ne voulions pas rompre la chaîne du froid pour éviter le gaspillage », précise Vincent Noël.

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