Aller au contenu principal

Mélaine Langelier : « Je suis fière de mon produit »

Mélaine Langelier s’est installée en Limousine le 1er mai à Saint-Ellier-du-Maine. La jeune agricultrice de 24 ans, est passionnée par son métier et ça se voit. Dans son système, elle a décidé de valoriser le local en commercialisant notamment ses produits en ventes directes.

Mélaine Langelier est installée en race Limousine depuis le 1er mai.
Mélaine Langelier est installée en race Limousine depuis le 1er mai.
© L.G.

Saint-Ellier-du-Maine compte une nouvelle éleveuse de Limousines : Mélaine Langelier. La jeune femme de 24 ans est installée sur la commune depuis le 1er mai. Cette fille d’agriculteurs originaires de la Sarthe a posé ses valises en Mayenne il y a environ 4 ans. Dans un petit coin de sa tête, elle avait déjà la volonté de s’installer. «Au départ, je ne voulais pas le faire seule en partie en raison de la conjoncture. Quand je suis arrivée dans le département j’ai commencé par travailler 9 mois à la Fdsea de la Mayenne puis 1 an à Terrena.» Finalement alors qu’elle attend un heureux évènement une opportunité se présente. « J’ai d’abord appris qu’un éleveur laitier cherchait à céder son exploitation à deux kilomètres de chez moi. Un peu après, mon mari, lui aussi agriculteur, m’a informé qu’il connaissait quelqu’un qui souhaitait se séparer de son cheptel de Limousine.» La jeune femme a sauté sur l’occasion. «C’est vrai qu’au départ je ne voulais pas m’installer seule, mais je peux compter sur ma belle-famille et mes parents pour m’aider. Finalement je suis seule financièrement, mais j’ai des soutiens derrière.» Aujourd’hui, Mélaine Langelier est installée en vaches allaitantes en système naisseur sur 44 ha dont 5 ha en maïs et 5 ha en blé. Actuellement, son cheptel compte une quarantaine de mères. La jeune agricultrice a également fait le choix de commercialiser ses animaux en ventes directes.

L’amour des Limousines

Son affection pour les limousines, ce sont ses parents qui la lui ont donnée. « J’ai essayé d’autres élevages, le lait notamment, mais ça ne m’a pas botté. Moi j’aime les animaux avec de belles formes », affirme Mélaine en riant. Elle apprécie également la qualité bouchère de cette race plusieurs fois recomposée. Quand l’agricultrice parle de ses vaches, il est facile de sentir la passion qui l’anime. Son regard s’illumine, son sourire s’élargit et sa voix devient plus enjouée. «Une des choses que je préfère, c’est de les voir évoluer, de les regarder jouer, d’observer leur comportement et les liens sociaux qui se créent entre elles. C’est vraiment trop marrant.» L’éleveuse apprécie tout particulièrement son système dans lequel les mères peuvent s’occuper de leur veau jusqu’au sevrage. « Je crois que ça me touche encore plus depuis que je suis moi-même maman.» Et quand ses animaux doivent partir, elle avoue ressentir un petit pincement. «Après je suis quand même heureuse à l’idée de pouvoir fournir un produit de qualité à mes clients.» Sa seule difficulté : commencer avec un troupeau qu’elle ne connaît pas. « Je m’habitue peu à peu à leur caractère, mais c’est vrai que ce n’est pas évident. Il y a certains qui ne sont pas très gentilles. Je vais devoir faire du tri pour garder un cheptel qui me correspond mieux.»

L’importance du local

Pour commercialiser ses animaux, la jeune agricultrice a fait le choix de favoriser le circuit court. Une fois par mois, elle organise une vente à la ferme. «Mes vaches partent debout et je récupère leur carcasse. Je suis équipé d’un laboratoire de découpe et je fais appel à un artisan-boucher. Ensuite, je fais des colis d’environ 15 kg que je vends autour de 11,50 €/kg.» Au total, à l’année, Mélaine Langelier commercialisera 12 vaches et 4 veaux. Le « consommer local » est une valeur importante pour la jeune femme qui a toujours voulu s’installer en circuit court. « Je suis très sensible au sujet de la traçabilité. Je trouve écœurant que l’on vende encore des produits avec des étiquettes où l’on n’arrive pas à voir l’origine. Moi, je propose des bêtes bien élevées dont je m’occupe de A à Z et qui ne font 10000 km pour aller je ne sais où.Je suis fière de mon produit.» Cette importance accordée au local se retrouve jusque dans l’alimentation de ses animaux. Ses vaches sont engraissées avec du blé et du maïs humide directement produit sur son exploitation. «Cela me permet de fortement réduire mes coûts, mais surtout je ne veux pas donner à mes bêtes une nourriture sans savoir exactement d’où elle vient. Quand on a les choses à côté de chez nous je trouve que cela ne sert à rien d’aller les chercher à 80 km.»

Informations utiles : Retrouvez Mélaine sur Facebook : Fermelaine. Contactez-la par téléphone au 06 30 82 28 95 ou par mail melaine.langelier@yahoo.com

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri53.

Les plus lus

De l’eau en quantité et de qualité
À 32 ans, Damien Bellanger vient de s’installer en Eurl à Saint-Charles-la-Forêt. Il intervient dans les domaines du pompage, du…
Limiter la pénibilité du travail par la robotisation
Au Gaec des Baronnières à Nuillé-sur-Vicoin, les exploitants ont fait le choix d’investir dans la robotisation pour l’atelier…
Chiffres records pour Bel, mais prix à la baisse pour les éleveurs
L’assemblée générale de l’organisation de producteurs APBO, livrant chez Bel, s’est tenue la semaine dernière. La baisse du prix…
De l’importance du suivi de chantier
Fabien Jegu s’est installé en Gaec, à Cuillé, en mars 2015. Avec son associé, Marcel Pannetier, ils ont dû adapter leur nouveau…
La filière allaitante inquiète pour son avenir
Alors que le ministère de l’Agriculture a dévoilé de premières réflexions sur l’architecture de la future réforme de la Pac, qui…
Une première démonstration de force
Jeudi 25 mars, devant la préfecture de la Mayenne, à Laval, près de 200 agriculteurs sont venus montrer leur détermination…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 89€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Agri53
Consultez le journal Agri53 au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal Agri53