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Maïs : réussir la phase d’implantation

Dans le cycle cultural du maïs, la phase d’implantation reste une étape primordiale pour la réussite de la culture, au niveau du semis, mais également dans la maîtrise et le contrôle des adventices et des ravageurs en début de cycle.

Un sol ressuyé et réchauffé, un semis régulier pour favoriser l’implantation du maïs.
© CRAPdL

Une fois le choix variétal opéré et adapté à sa petite région naturelle vient la phase du semis. Celle-ci requiert plusieurs conditions à réunir pour s’assurer des conditions de réussite.

La règle d’or est de semer sur un sol bien ressuyé et suffisamment réchauffé, température moyenne journalière supérieure à 8-10 °C, et ce de façon durable.

Ces conditions peuvent être réunies précocement au printemps, mais attention néanmoins à ne pas trop s’écarter des plages optimales de semis, variables selon les zones pédoclimatiques. Des semis trop précoces peuvent être exposés au risque de gel tardif pour des maïs qui seraient à plus de 5 feuilles ou à des épisodes climatiques froids et pluvieux altérant le démarrage et rendant la culture plus exposée aux dégâts de ravageurs.

C’est un compromis qu’il convient de trouver. Le ressuyage des sols reste le point de départ à toute intervention en sortie d’hiver, car la plante maïs reste très sensible à la compaction des sols et à des structures de sols plus fragiles (faible teneur en matière organique, sols limoneux battants, risque de semelle de labour..). Ceci est vrai pour la préparation des sols, mais également pour les épandages d’effluents organiques ou récolte de dérobées en amont de la culture. Il convient de ne pas sous-estimer l’impact du trafic dans les parcelles sur le risque de compactage.

Les besoins en température pour la levée du maïs sont de l’ordre de 80-90 °C en base 6. La vitesse de levée sera donc très dépendante de la température du sol au moment du semis et dans les jours qui suivent. Celle-ci peut donc varier de moins de 8 jours à plus de trois semaines.

Évaluer le risque des ravageurs dès le semis

Il convient d’appréhender au moment du semis le risque ravageur et tout particulièrement le risque taupin. En parcelle à risque, la protection avec microgranulés appliqués avec diffuseur permet de diminuer le risque d’attaque, mais n’est pas d’une totale efficacité, notamment en cas d’attaque tardive. Contre les corvidés, un semis légèrement plus profond (4-5 cm) et une préparation suffisamment émiettée et rappuyée en surface permettent également de réduire quelque peu le risque de dégâts. Dans tous les cas la meilleure arme reste bel et bien la vitesse de démarrage liée au réchauffement des sols et la vigueur des variétés. Ceci est d’autant plus vrai en situation de limons froids et hydromorphes, sensibles à la battance, situations également qui peuvent être plus favorables à l’utilisation d’un engrais starter dans la ligne de semis de type phosphate d’ammoniaque.

Une maîtrise sans faille des adventices

Le contrôle des adventices reste un élément essentiel de la conduite, et ce même en amont du semis par la réalisation de faux semis quand cela est possible. Un mauvais contrôle de l’enherbement aura plusieurs effets, principalement une nuisibilité directe avec perte de rendement, mais aussi une nuisibilité indirecte avec un impact sur la qualité de la culture et un salissement accru de la parcelle pour les années à venir.

La stratégie mise en œuvre repose avant tout sur la flore attendue. Elle peut être de tout chimique à tout mécanique en intégrant des solutions alternatives dès le semis jusqu’au stade limite passage tracteur. Aujourd’hui, l’offre matérielle (herse étrille, houe rotative, rotoétrille, bineuse), la disponibilité locale et la précision attendue permettent d’intégrer des solutions mécaniques plus aisément, qui ont un effet non seulement sur le contrôle de la flore adventice, mais également un effet agronomique, aération du sol notamment. L’herbisemis (désherbage chimique sur la ligne de semis en pré-levée, suivi d’un binage) reste également une solution intéressante en termes de résultats attendus, notamment la réduction de deux tiers de l’IFT.

Parmi les stratégies, celle de post-semis pré-levée suivie si besoin d’un rattrapage en post-levée trouve toute sa place dans les situations de flores complexes (pression de graminées estivales et/ou dicotylédones difficiles), à ce à plus forte raison pour les semis précoces, et le risque de levées échelonnées.

Néanmoins, l’efficacité des produits de pré-levée reste en grande partie conditionnée par l’humidité du sol au moment du semis et dans les jours qui suivent (idéal 15 mm dans les 8-10 jours après le semis) et le traitement doit être positionné au plus près du semis pour bénéficier de l’humidité résiduelle.

En cas de conditions sèches au moment du semis, il est préférable de décaler l’application en post-levée précoce (maïs à 2 feuilles), en s’assurant du possible positionnement des produits de pré, et avant la levée des graminées. Ce positionnement de post-levée très précoce permet de gagner en persistance sur des levées plus tardives de graminées, mais la plage d’intervention se trouve plus restreinte.

Celle de tout en post s’inscrit dans une logique de double intervention, à l’exception faite des semis tardifs et des flores faibles et simples.

Pour cette stratégie, il est primordial d’intervenir sur des adventices peu développées (graminées inférieures à 2-3 feuilles, de même pour les dicotes à problèmes) sans attendre que tout soit levé, et en privilégiant des conditions d’application optimales (hygrométrie supérieure à 70 %, températures comprises entre 10 et 25 °C).

Ce sont donc un ensemble de conditions qu’il convient de prendre en compte pour non seulement réussir son implantation, mais également par la suite pour exprimer tout le potentiel agronomique de la parcelle.

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