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Maïs et semis précoces : un itinéraire technique à adapter

Les semis précoces de maïs, à partirdu 10 avril peuvent s’avérer intéressants, surtout en récolte grain.

© Arvalis

Les risques agronomiques sont, en moyenne, plus importants sur ces semis. Leur mise en oeuvre devra donc être raisonnée en s’appuyant sur tous les moyens et outils disponibles, sans oublier l’observation et le bon sens.
Le sol doit être suffisamment ressuyé et réchauffé.
La température du sol est l’un des indicateurs utilisables pour décider de la mise en route d’un chantier d’implantation. Il est admis qu’à partir d’une température de 10°C, les conditions deviennent favorables à la germination puis à la croissance du maïs. Il faut cependant être prudent, car la température du sol fluctue au cours de la journée, et la mesure peut être influencée par la profondeur, la couleur du sol, son état de porosité, la présence d’un couvert… D’après les suivis réalisés par Arvalis, une mesure sur sol nu à 5 cm de profondeur entre
9 et 10 heures du matin, ou autour de 20 heures, est assez représentative de la valeur moyenne journalière.
Dans un sol «ouvert» par un outil de travail du sol, l’influence de l’air ambiant est forte, et la température de l’air correspond quasiment à celle du sol nu à 5 cm. Toutefois, la température du sol seule ne suffit pas à décider de la date de semis. Les conditions d’implantation sont au moins aussi importantes que la date, notamment pour les semis d’avril.
Quelle que soit la date de semis, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage de la parcelle avant d’intervenir, afin d’éviter lissage et tassements préjudiciables à l’enracinement. Il faut aussi noter qu’un sol ressuyé se réchauffera mieux.
Par ailleurs, on évitera les préparations de sol trop fines, notamment en sols sensibles à la battance. Cette règle est encore plus importante pour les semis précoces, plus exposés pendant la phase sensible entre le semis et la levée. De même les semis profonds, au-delà de 4-5 cm, sont à proscrire en semis précoce.

Difficile d’anticiper sur les risques post-semis

En semis précoces, les risques de froid et de pluie les jours suivants le semis sont plus importants et peuvent avoir des conséquences sur la levée du maïs, notamment en sol battant. Les prévisions météo (notamment les cumuls de pluie) restent peu précises au-delà de 5 jours. Or, la durée de levée moyenne est de l’ordre de 20 jours en semis précoce. Il faut donc accepter une part de risque pour ce type de semis. Les conditions climatiques pour l’installation de la culture sont souvent moins favorables. Aussi, tout ce qui accélèrera le démarrage de la culture est à privilégier : variété à bonne vigueur au départ, engrais starter localisé dans la raie de semis... En semis précoces, mouches des semis, oscinie et géomyze sont autant à craindre que le taupin, mais tout aussi difficiles à prévoir. Une protection insecticide sous forme de micro-granulés sécurisera le peuplement, dans la limite des solutions actuellement efficaces et autorisées. Enfin, en semis précoce, le recouvrement de l’inter-rang peut être lent et le resalissement des parcelles peut exiger un renforcement du programme herbicide ou un rattrapage mécanique au moyen d’un binage.

Le risque de dégâts de ravageurs est-il plus important en semis précoce ?

Concernant le taupin, l’activité des larves devient importante, en règle générale, quand le sol se réchauffe. On constate alors les premiers dégâts dans les parcelles infestées et non protégées. Le stade du maïs (et donc sa date de semis) serait plutôt un avantage pour limiter les dégâts, les plantes plus développées étant plus difficiles à détruire. Quelle que soit la date de semis, le raisonnement de la protection vis-à-vis du taupin est resté le même. Il faut protéger en priorité les parcelles où des dégâts ont été observés les années précédentes et les précédentes à risque (type prairies).
Concernant les autres ravageurs de début de cycle (mouche des semis, mouche oscinie ou géomyze), les semis précoces peuvent être plus exposés, notamment en raison de la durée plus longue de la levée et plus généralement de la phase d’installation de la culture. Mais on ne peut conclure à un risque systématiquement plus élevé. Pour ces ravageurs, la palette de solutions de protection est moindre que sur taupin, voire inexistante pour les mouches oscinie et géomyze. Les premiers semis seront par ailleurs plus exposés aux dégâts d’oiseaux ou de sangliers, si les parcelles sont isolées dans un secteur donné.

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