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Interview
« Les industriels laitiers doivent prendre leur responsabilité »

L'interview de Samuel Gouel, secrétaire général de la FRSEAO et président de la section lait FDSEA53.

L'interview de Samuel Gouel, secrétaire général de la FRSEAO et président de la section lait FDSEA53.
© PCG

Après une bonne année 2025 pour les producteurs de lait, nous nous retrouvons de nouveau dans une situation tendue sur les marchés laitiers. À quoi cela est dû ?

Samuel Gouel : Depuis l’été 2025 nous connaissons une très forte progression de la collecte mondiale (+4,5%). La tendance est la même en Europe et en France. Cela a eu un très fort impact sur les cotations des produits industriels notamment le beurre qui a perdu 3000€/T depuis le mois d’août dernier. Cependant, en France, on constate une augmentation de nos importations en équivalent lait de plus 20 % sur 10 ans pour atteindre plus de 7 milliards de litres importés sur un an soit près de 30% de la collecte française. Avec ces volumes, difficile d’imaginer qu’il y aurait trop de lait en France.

Doit-on craindre une forte baisse du prix du lait dans les prochains mois ?

SG : Ce serait incompréhensible pour les producteurs de lait français. Sur les 12 derniers mois les prix du lait allemand étaient supérieurs de 42€/1000L aux prix français. Par ailleurs, durant cette période, les éleveurs français n’ont jamais bénéficié réellement de la bonne valorisation de la matière grasse. Pourtant, dès la baisse des cotations des produits industriels, les transformateurs français se sont empressés d’enclencher une baisse du prix. La loi EGAlim doit à tout prix montrer son efficacité sur l’année 2026. Les coûts de production des éleveurs n’ont pas baissé, ils ont même augmenté de 15% depuis 2022. Les prix des produits laitiers en GMS doivent intégrer cette hausse. Les industriels laitiers doivent prendre leur responsabilité, à eux de transformer notre lait et d’en retirer toute la valeur qu’il mérite. Les coûts engendrés par de mauvaises stratégies commerciales et d’investissements ne doivent pas être supportés systématiquement par les éleveurs.

La FNPL a appelé son réseau à se mobiliser dès à présent. Quelles vont être les actions dans les départements ligériens ?

SG : C’est effectivement dès maintenant que nous devons nous mobiliser pour défendre notre revenu. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous ne pouvons pas être encore la variable d’ajustement des transformateurs. Nous allons interpeller les industriels, les distributeurs et la restauration hors foyer (écoles, hôpitaux…) pour obtenir des engagements concrets : transparence sur les prix, approvisionnements français, respect des producteurs. Nos politiques aussi doivent s’engager pour l’origine France. Aujourd’hui les exploitations laitières de l’Ouest sont en danger. Avec des niveaux de prix tels qu’ils sont annoncés pour ces prochains mois il est impossible d’assurer à la fois une juste rémunération du travail de l’éleveur ainsi que les investissements nécessaires sur les exploitations. Notre message est très clair  : nous ne laisserons pas revenir les années noires où produire du lait faisait perdre de l’argent !

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